L’établissement scolaire contraint de poursuivre les cours en dépit de cette situation

Aucun exercice de dépistage de la Santé auprès des étudiants

Situation chaotique au Cosmopolitan College, à Plaine-des-Papayes, qui se retrouve privé de 30 de ses 47 enseignants, actuellement en isolement. Cette situation fait suite à la détection de quatre cas positifs au Covid-19 parmi les étudiants. Sauf que la direction du collège a été avisée par les autorités que l’établissement devra rester ouvert et que les cours doivent se poursuivre. C’est l’incompréhension totale et les requêtes pour un Mass Testing dans cette institution sont restées vaines.

Les autorités sont-elles dépassées par la situation ou y a-t-il un relâchement au niveau du protocole sanitaire ? C’est la question qui se pose en considérant le cas du Cosmopolitan College. La direction du collège a en effet appris samedi dernier qu’un de ses élèves avait été contaminé au Covid-19, après avoir été en contact avec un proche positif. Tout de suite, le protocole sanitaire a été enclenché et les autorités ont été averties de la situation. Suivant les directives de la Private Secondary Education Authority (PSEA), le collège a fermé ses portes pendant deux jours, le temps de permettre la désinfection des locaux.

Sauf qu’à la reprise, mercredi, la direction apprend que quatre autres élèves ont été infectés. Le protocole sanitaire est une nouvelle fois enclenché. Mais, surprise, les autorités demandent cette fois, que le collège reste ouvert, que les cours soient maintenus et… que les enseignants en contact avec les étudiants en question restent en isolement. Mootoosamy Veerappapillay, le recteur, confie : « ’ecst un véritable casse-tête pour pouvoir gérer cette situation. Nous sommes dans un collège avec 500 à 600 étudiants, et 30 de nos 47 enseignants sont en isolement. C’est vraiment stressant pour tout le monde. »

Avec les quatre nouveaux cas enregistrés, beaucoup de parents ont préféré ne pas envoyer leurs enfants à l’école en fin de semaine. Ce qui a permis d’avoir un meilleur contrôle de la situation. Mais que va-t-il se passer les prochains jours ? Mootoosamy Veerappapillay avance que les enseignants en isolement assurent des cours en ligne pour les étudiants des Grades 10 à 13. « Toutefois, ces enseignants travaillent aussi avec d’autres classes. On ne sait pas encore comment on va procéder pour les plus jeunes, surtout que tout le monde n’a pas de connexion Internet. »

Mais ce qui préoccupe le recteur du Cosmopolitan College, est qu’il n’y a eu aucun exercice de dépistage au collège pour s’assurer que d’autres personnes n’étaient pas également infectées. « Les garçons qui sont positifs sont partis faire leur test par eux-mêmes. Nous avons demandé qu’on vienne faire un dépistage au collège, pour être rassurés, mais nous n’avons eu aucune réponse concrète. Nous sommes dans le flou et contraints de poursuivre avec les activités du collège. Je lance un appel pour que les autorités comprennent notre situation et prennent les mesures appropriées », dit-il.

Selon lui, on aurait dû fermer les écoles pendant un certain temps afin de laisser la situation se stabiliser. « Il faut penser à protéger les enfants avant tout. » Ce point de vue est partagé par Bhojeparsad Jugdambi, président de l’Union of Private Secondary Education Employees (UPSEE). Ce dernier plaide ainsi pour la mise sur pied d’un High Level Committee de l’éducation, avec la participation de différentes autorités, des syndicats ainsi que de représentants des parents, pour gérer cette situation inédite. « Pour l’heure, la vice-Première ministre et ministre de l’Éducation semble être la seule à prendre les décisions. Parfois, il y a des communiqués contradictoires, d’une autorité à une autre. Si tout le monde se mettait autour d’une table, on aurait pu avoir une meilleure idée de la situation dans les écoles et, surtout, une meilleure communication », ajoute-t-il.

Avec l’approche adoptée actuellement, les risques sont omniprésents. « Quand il y a un cas dans une école ou un collège, on demande à ceux qui étaient en contact direct avec la personne infectée de rester en isolement. Mais rien ne dit que d’autres personnes dans l’établissement n’ont pas été infectées. » Il lance ainsi un appel aux autorités pour être cohérentes dans leurs prises de décision afin de protéger les enfants.