Le Bail Hearing concernant Mamy Ravatomanga a repris, hier, devant la Bail & Remand Court (BRC). Son avocat, Me Kushal Lobine, a poursuivi avec le contre-interrogatoire du représentant de la FCC, Hans Aleear. L’homme de loi a mis en avant certaines faiblesses du dossier de cette instance.
Me Kushal Lobine, l’avocat de Mamy Ravatomanga, a poursuivi son contre-interrogatoire de Hans Aleear, Acting Director of Investigations de la Financial Crimes Commission (FCC), hier. Ravatomanga comparaissait par voie de visioconférence depuis la prison de haute sécurité de Melrose, où il est détenu.
Me Lobine a axé son contre-interrogatoire sur les « predicate offences » qui ont donné lieu aux charges provisoires de blanchiment d’argent contre son client, c’est-à-dire les délits qui ont généré de l’argent, distincts par rapport au processus de blanchiment d’argent lui-même.
L’homme de loi a ainsi abordé les secteurs sur lesquels la FCC était en train d’enquêter, notamment l’exportation de litchis de Madagascar vers des pays européens, l’importation du blé vers Madagascar et la construction d’une autoroute dans la Grande île. Selon Me Lobine, concernant tous ces secteurs, il n’y avait aucune « predicate offence », et la version de Ravatomanga ne lui a pas été demandée par la FCC.
Concernant le processus de blanchiment d’argent, Me Lobine a abordé certaines transactions où Ravatomanga était impliqué, et a maintenu qu’il s’agissait de transactions commerciales ou bancaires normales, entre des entités qui opéraient légitimement à Maurice. L’avocat a aussi fait ressortir qu’il n’y a aucune preuve, tel qu’un document signé, qui prouve que Ravatomanga était impliqué dans la gestion des 24 sociétés dont il est le « ultimate beneficial owner ».
Le directeur intérimaire Aleear a fait ressortir qu’il s’agissait de blanchiment d’argent, impliquant des situations complexes, et que l’enquête de la FCC continuait. Les preuves sont en train d’être recueillies et seront confrontées au prévenu en temps et lieu.
Selon lui, la FCC avait des raisons de croire que Ravatomanga était même impliqué dans ce qu’il a appelé une « State Capture » à Madagascar, ce qui a amené Me Lobine à soulever le point si la notion de « State Capture » était un délit inscrit dans les lois mauriciennes.
L’avocat a fait ressortir que Ravatomanga est en détention provisoire depuis plus de 9 mois, et qu’il est grand temps que la FCC prenne sa version. Selon lui, l’enquête de la FCC, dans sa totalité, était basée sur des informations fournies par des autorités malgaches sous la Mutual Legal Assistance.
Il a accusé la FCC de changer l’emplacement des buts à chaque fois concernant le timeframe prévu pour la complétion de cette enquête, et a remis en question l’affirmation de Hans Aleear que cette enquête serait complétée entre 6 mois et un an.
Concernant tout risque de fuite de Ravatomanga, Me Lobine a mis en avant que son jet était sous surveillance policière à l’aéroport SSR. Sept autres avions appartenant à ses sociétés font l’objet de séquestre à Madagascar. Par ailleurs, Ravatomanga ne détient pas de brevet de pilote.
Cette affaire reprend aujourd’hui, toujours avec le contre-interrogatoire du directeur intérimaire Aleear, l’audition des témoins de la défense et une déclaration par visioconférence de Ravatomanga lui-même.
Mamy Ravatomanga était arrivé à Maurice le 12 octobre dernier, dans le sillage du changement de régime à Madagascar, à bord d’un jet privé, avec ses proches et l’ancien Premier ministre malgache. À Maurice, le Malgache répond de deux charges provisoires de blanchiment d’argent et d’une charge d’entente délictueuse par rapport au délit de trafic d’influence, qui ont été logées contre lui par la FCC.

