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Pétition électorale au No 8 de Suren Dayal contre le PM : l’heure de vérité ce vendredi

Les juges Chan et Gunesh-Balaghee prononceront le jugement dans la contestation de l'élection de Pravind Jugnauth et de ses deux colistiers lors du scrutin du 7 novembre 2019.

Ce vendredi 12 août se présente sous le signe d’un quitte ou double sur l’échiquier politique. Le jugement dans la pétition réclamant l’invalidation de l’élection du Premier ministre et leader du MSM, Pravind Jugnauth, et de ses deux colistiers, la vice-Première ministre et ministre de l’Éducation, Leela Devi Dookun-Luchoomun et l’ancien ministre du Commerce, Yogida Sawmynaden, à Quartier-Militaire/Moka (No 8), sera prononcé ce vendredi en Cour suprême par les juges David Chan Kan Cheong et Karuna Gunesh-Balaghee.

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Ce développement interviendra ainsi 11 mois et demi après la fin des Submissions des parties engagées dans cette pétition électorale logée par le candidat battu du parti Travailliste, Suren Dayal, après les législatives du 7 novembre 2019.

Peu importe la direction de ce jugement dans la pétition électorale, les conséquences sur l’échiquier politique se feront ressentir à l’approche du mi-mandat de la présente législature. Ce même jour, le leader du MSM a rendez-vous à Triolet, jusqu’aux élections de décembre 2014, circonscription connue pour être le fief du leader du parti Travailliste, Navin Ramgoolam, avec ses partisans de la région Nord pour un premier congrès post-Covid-19 en marge du 40e anniversaire du parti.

Sans aucun doute, le Premier ministre et leader du MSM, et les membres de l’état-major du parti, retiennent leur souffle après que les parties assignées à la pétition électorale de Suren Dayal pour le compte de la circonscription No 8 ont été informées hier que le jugement des juges David Chan Kan Cheong et Karuna Gunesh-Balaghee sera prononcé demain matin. C’est également le cas au sein du parti Travailliste, qui en a fait des pétitions contestant les résultats des dernières élections générales un cheval de bataille sur le plan politique ces dernières années.

Cette contestation électorale repose essentiellement sur des arguments relevant des pratiques de bribe électoral, reprochées à l’Alliance Morisien, menée par Pravind Jugnauth. Le pétitionnaire, qui avait terminé à la cinquième place, avait, depuis le 28 novembre 2019, demandé à la Cour suprême d’invalider les élections des élus MSM en évoquant une corruption électorale. Suren Dayal avait obtenu 12 290 voix, alors que Pravind Jugnauth en avait recueilli 21 327, Leela Devi Dookun-Luchoomun 17 898 et Yogida Sawmynaden 15 054.

Le candidat battu avait entre autres mis en perspective la promesse de la révision à la hausse de manière substantielle de la pension de retraite, qui devait passer à Rs 9 000 en janvier 2020, contrairement à la hausse de Rs 500 annoncée dans le discours du budget 2019-2020.

Suren Dayal s’était aussi appuyé sur la « mise en œuvre accélérée du rapport du Pay Research Bureau (PRB) en faveur des employés du secteur public dès janvier 2020, indiquant ainsi qu’il s’agissait alors d’une « manœuvre visant à induire de manière corrompue les électeurs du secteur public ».

La promesse de payer plus de Rs 3 milliards aux détenteurs du plan Super Cash Back Gold et ceux de la Bramer Asset Management Ltd avait aussi pour objet d’inciter les électeurs à voter en faveur de l’Alliance Morisien.

L’autre exemple et cas d’Electoral Bribery avancé par candidat battu du Ptr au No 8 est l’annonce du paiement d’une prime de performance aux policiers, aux pompiers et aux gardiens de prison. Il avait aussi allégué l’usage abusif de l’appareil d’État, plus particulièrement de la Mauritius Broadcasting Corporation (MBC), a aussi contribué à influencer indûment les électeurs en général, y compris dans la circonscription de Quartier-Militaire/Moka (No 8).

À la barre des témoins en juillet de l’année dernière, Suren Dayal avait parlé d’un deal entre le PM et l’électorat « avec l’argent comme facteur principal ». Il avait fait allusion à une fonction officielle organisée le 1er octobre 2019 au Swami Vivekananda International Convention Centre (SVICC), à Pailles, à l’occasion de la Journée internationale pour les personnes âgées, et qui avait été diffusée en direct à la télévision et reprise dans les bulletins d’information de la station nationale, et où Pravind Jugnauth avait annoncé que la pension de vieillesse passerait de Rs 6 210 à Rs 13 500. « Sa finn travay dan latet bann trwaziem az. Savedir si ou vot mwa ou pou gayn kas », s’était-il appesanti.

Suren Dayal avait toutefois concédé lors de son contre-interrogatoire par Me Ravind Chetty, Senior Counsel, avocat des élus de Quartier-Militaire/Moka, qu’il n’avait pas rapporté ces cas de corruption électorale alléguée à l’Electoral Supervisory Commission (ESC), mais avait maintenu que le PM et leader du MSM avait mis à exécution un « well engineered plan » pour remporter les élections de 2019, soit à travers un « trading of votes ». Les hommes de loi du pétitionnaire, Me Robin Ramburn, Senior Counsel, et Me Hiren Jankee, avoué, ont soutenu dans leur plaidoirie que « les promesses pécuniaires faites par le Premier ministre, Pravind Jugnauh, constituent un bribe électoral ».

Ainsi, après 11 mois et demi d’attente, les deux juges se prononceront demain sur cette pétition. Ce jugement est très attendu par la classe politique, qui se demandait d’ailleurs pourquoi la Cour suprême prenait tout ce temps pour statuer sur cette pétition électorale. Avec cette fin de semaine très politisée du PM, qui sera en congrès cet après-midi à Triolet, ce jugement sera sans doute à l’ordre des discours politiques.

Affaire à suivre…

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