En raison de la hausse continue du coût de la vie et des prévisions économiques sur le plan mondial pour l’année prochaine, la Confédération des secteurs public et privé (CTSP) demande au gouvernement d’étendre l’allocation de Rs 1 000 aux salariés touchant moins de Rs 50 000 jusqu’à l’année prochaine, plutôt qu’en décembre 2022.
Intervenant hier au cours d’une conférence de presse au siège de la CTSP, à Rose-Hill, Reaz Chuttoo, président de la CTSP, souligne que les membres de la CTSP se pencheront sur le quantum qui devrait être accordé aux travailleurs l’année prochaine. En attendant, dit-il, la CTSP est préoccupée sur plusieurs questions, notamment la situation des Carers, des travailleurs d’Airmate et des éboueurs.
Pour sa part, la secrétaire générale de la CTSP, Jane Ragoo, ne cache pas sa préoccupation devant la situation des Care Workers travaillant dans les écoles spécialisées pour handicapés, les maisons d’accueil pour personnes âgées, voire dans des couvents et des cliniques.
« Ce sont en particulier des femmes qui font ce travail. Et elles sont très mal payées. La loi du travail indique que celles-ci doivent toucher un salaire de base de Rs 11 075, même si elle dispose de 11 ou 20 ans de service. Et pourtant, on a reconnu l’importance de ces travailleurs durant la période du Covid-19. Me kan pou donn zot zot du personn pa interese », dit encore Jane Ragoo.
La secrétaire générale de la CTSP a ensuite annoncé l’organisation d’une manifestation le 29 octobre dans les rues de Rose-Hill. La marche démarrera au siège de la CTSP à 14h, dit-elle, pour prendre fin devant le monument des travailleurs, à côté du bureau de poste de Rose-Hill.
« Nous voulons sensibiliser l’opinion publique sur ce type de travailleurs. Il faut savoir que le gouvernement est en train de recruter des gens pour Rs 15 000 pour des travaux de nettoyage. Donc, quelque part, le gouvernement est en train de reconnaître que ce type de travail mérite un salaire de Rs 15 000 », a-t-elle souligné.
Les Carers méritent aussi un salaire décent, selon elle, « car certains, dans ce pays, perçoivent Rs 150 000 à Rs 1 million par mois ». Jane Ragoo ajoute: « alors qu’elles font d’énormes profits, certaines entreprises accordent aux travailleurs de Rs 8 500 à Rs 9 000. Et le gouvernement doit leur accorder des Income Support. »
Reaz Chuttoo explique que lors de la manifestation du 29 prochain, la CTSP viendra avec des slogans ayant train à la surveillance électronique sur les lieux de travail. « Ces Care Workers sont la proie de ce type de surveillance. Une centaine de travailleurs ont perdu leur travail en raison d’enregistrements, et ce n’est pas normal. La CTSP portera plainte auprès de l’Organisation internationale du travail », dit le président de la confédération syndicale.
Cela fait plus de 15 ans, selon lui, que « la CTSP se bat pour que le travail des éboueurs soit régi par une loi-cadre ». Et « il semblerait qu’une loi dans ce sens soit déjà prête, mais qu’elle dorme toujours dans un tiroir ».
« Le projet de loi stipule qu’un éboueur n’a pas le droit de voyager dans des détritus, mais personne n’applique la loi », dit-il. « Il y a aussi des milliers de travailleurs domestiques qui sont laissés à eux-mêmes. Pour l’heure, aucun inspecteur n’a pas le droit d’aller visiter le lieu de travail d’un travailleur domestique dans une résidence quelconque », regrette encore Reaz Chuttoo.
Évoquant le cas des travailleurs d’Airmate, il devait souligner que l’administrateur a décidé ne pas toucher à l’accord salarial concernant les employés, « car ils sont très bas ».
« Après qu’Airmate et Air Mauritius soient sortis d’administration, c’est un Management fantôme qui a décidé d’abroger les conditions dans l’accord collectif d’Airmate. Deux increments pour 2020 et 2021 n’ont pas été payés.
Leur allocation de nourriture a changé et les travailleurs de Rodrigues n’ont pas eu droit au paiement des arrérages », ajoute-t-il.
Il dit par ailleurs craindre qu’à l’avenir, les travailleurs d’Airmate soient transférés dans une des Holdings d’Air Mauritius. « Comment se fait-il qu’une poignée de travailleurs d’Air Mauritius aient obtenu une augmentation salariale de 8% ? La réalité, c’est qu’il existe un trio à la manière d’Adidas chez Air Mauritius. D’où sortent toutes ces récentes promotions. Ou pa kapav pran marsan poudinn pou fer minn », a-t-il conclu.

