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– Absence non rémunérée si l’accès est interdit aux membres du personnel des écoles non-vaccinés

La teneur de la circulaire No 26 ayant trait aux Covid-19 (Restriction of access to specified institutions) Regulations soulève un tollé général chez les fonctionnaires. C’est plus particulièrement une circulaire émise par le bureau du Senior Chief Executive du ministère de l’Éducation qui fait bondir. Il est indiqué que si l’accès à une institution est refusé à un fonctionnaire, son absence sera comptabilisée comme une absence non-rémunérée.

« This is to inform you that, in case any public sector employee of any of the Specified institutions’ mentioned in the Covid-19 (Restriction of access to Specified Institutions) Regulations 2021, is denied access to his place of work for the reason specified in the said Regulations, such absences will be without pay », souligne cette correspondence du bureau du Senior Chief Executive du  ministère de l’Éducation. En effet, pour accéder aux institutions scolaires, il faut nécessairement que le personnel éducatif soit vacciné. Et ce, à partir du début de cette semaine.

Si tel n’est pas le cas à compter de ce mardi, l’accès leur sera refusé. Le même principe s’appliquera également à la personne qui accompagne un enfant à l’école. Réagissant à la publication de ladite circulaire, le président de la State and Other Employees Federation (SEOF), Radhakrishna Sadien, a déclaré que cette décision n’est pas normale et c’est pourquoi la fédération adressera une lettre dès ce lundi au bureau du Secretary of Public Service.

« Cette décision est en violation avec notre contrat de travail et il est inacceptable. On va renvoyer les fonctionnaires au travail et en sus de cela on va couper leur salaire. Je me demande si cette décision n’est pas anticonstitutionnelle. En tout cas, nous allons prendre des actions syndicales si on va jusqu’à couper le salaire des fonctionnaires », a-t-il déclaré. Il devait affirmer qu’il y a toujours un débat autour de la nécessité de se faire vacciner. Il y a malheureusement des gens qui ne peuvent pas se faire vacciner pour des raisons de santé.

De son côté, le président de la Federation of Civil Service and Other Unions (FCSOU), Narendranath Gopee, devait qualifier la décision du ministère de l’Éducation d’illégale car le ministère de la Fonction publique ne peut pas décider en tant qu’employeur si un employé doit prendre un leave without pay. Cette décision revient à l’employé qui fait une demande de leave without pay.

D’ailleurs, la Cour suprême a déjà statué dans un jugement antérieur sur la question. « La fédération va attendre à ce que le ministère de l’Éducation applique cette décision, et qu’elle saisisse la Cour suprême à propos du contenu de ladite circulaire », a déclaré Narendranath Gopee.

Le président du Mauritius Labour Congress (MLC), Haniff Peerun, qualifie d’aberrante cette décision du ministère de l’Éducation, qui entre en vigueur à compter de ce lundi. L’État n’a pas le droit de forcer un fonctionnaire de prendre un leave without pay.

« Que va-t-il se passer si au fil des mois, un personnel éducatif ne fait pas le vaccin? Est-ce qu’on va continuer à couper son salaire ? Est-ce que cela ne va pas remettre en question ses perspectives de promotion ? Toutes ces questions restent posées, c’est pourquoi le ministère de l’Éducation aurait dû rencontrer les syndicats des enseignants et les représentants de la Parent-Teachers Association pour expliquer », laisse entendre le syndicaliste. Il fallait expliquer aux personnels éducatifs que si le vaccin ou un test PCR n’est pas appliqué, ils seront renvoyés et leurs salaires seront coupés en conséquence. « Pour moi, cette décision va à l’encontre des droits du travail et des dispositions de la Constitution du pays », a fait ressortir le président du MLC. Il est à noter que les étudiants en dessous de 18 ans pourront avoir accès à leurs institutions scolaires sans le besoin de se faire vacciner.