Le président de la Shop Owners Association (SOA), Santosh Ramnauth, constate un « rush » dans l’achat de pommes de terre et d’oignons chez les détaillants en fin de semaine. C’est l’appréhension d’un éventuel reconfinement qui en est la cause. Bien que le gouvernement ait fait savoir que tel ne sera pas le cas, certains prennent quand même leurs précautions, souligne Santosh Ramnauth de la SOA.

Concernant les produits de première nécessité, il a dit constater qu’il n’y a pas de “rush” pour le moment. « Je ne vois pas les gens venir acheter du riz et de la farine en grande quantité. La situation est normale car les gens savent qu’il n’y aura pas un éventuel “lockdown”. D’après moi, il y a beaucoup de rumeurs qui circulent. Ce genre de rumeurs date depuis belle lurette. Cela fait un moment que les gens en parlent. Le gouvernement a fait savoir qu’il n’y aura pas de“lockdown”, mais il sera plus sévère sur le port du masque », a déclaré le président de la SOA.

Kreepalloo Sunghoon, porte-parole de l’Association des planteurs de l’île Maurice, avance qu’il est possible qu’une rumeur soit la cause de ce “rush” pour l’achat d’oignons et de pommes de terre. « Moi, à mon niveau, je n’ai pas encore eu vent de ce rush. Il est probable qu’il y ait des cas isolés. Je vais en tout cas m’enquérir auprès des grossistes pour connaître la situation », a-t-il déclaré.

Le secrétaire général de l’Association des consommateurs de l’île Maurice (ACIM), Jayen Chellum, demande de son côté à la population de ne pas sombrer dans le “panic buying”. « Il faut savoir qu’actuellement beaucoup de gens ont perdu leur emploi ou que leur salaire a été réduit. Ceux qui ont les moyens vont faire main basse sur toutes sortes de produits pour avoir un stock. Il ne faut pas que cela arrive. Il faut penser à ceux qui n’ont pas les moyens pour un stock de nourriture », a-t-il déclaré. Le secrétaire général de l’ACIM a souligné également qu’il faut dès maintenant que le ministère du Commerce vienne avec une loi très sévère sur les prix exorbitants.

« Je conseille aux consommateurs de ne pas se laisser emporter par un vent de panique qui termine très souvent par des achats inutiles », a-t-il dit. Il devait aussi faire ressortir que la peur existe à Maurice comme à l’étranger. « Le spectre d’un éventuel “lockdown” est bien ancré dans la tête des gens. J’ai été dans un supermarché pas plus tard qu’hier, j’ai vu des étagères vides. Je me demande si c’est en raison des festivités ou de problèmes financiers ou c’est à cause de ce spectre. La question reste posée », a-t-il dit. Il invite le gouvernement à mettre en place un mécanisme pour gérer des éventuels abus sur les prix des produits.

Pour Suttyhudeo Tengur, président de l’Association pour la Protection de l’Environnement et de Consommateurs (APEC), le “mood” de la population a commencé à changer depuis que Maurice n’est plus classée dans la catégorie “COVID-Safe”.

« Les gens avaient développé la confiance dans le système avec la fermeture des frontières. Ce nouveau cas dans la communauté a été accueilli comme un choc. Beaucoup de gens sont effrayés. Je ne crois pas pour le moment il y aura un “panic buying”. D’après moi, si dans 15 jours un autre cas est détecté, il y aura définitivement un “rush” dans les supermarchés car les gens ont peur d’un éventuel “lockdown”. Si un autre cas est détecté, les gens vont perdre confiance dans le système et feront du “panic buying” », a déclaré le président de l’APEC.