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Covid-19 – Dr Gujadhur : “Le GM souhaite-t-il résoudre cette crise sanitaire alarmante ?”

“Jagutpal annonçait le 29 octobre, 17 décès, et le 5 novembre, 42 morts dus au Covid,soit une augmentation de 140 % en une semaine : comment est-ce normal ?”

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L’ancien directeur des Services de la Santé, le Dr Vasantrao Gujadhur, est dubitatif face à la contagiosité du Covid-19 sur le terrain. “Je me demande, face à la situation extrêmement alarmante du Covid-19 dans le pays, avec l’augmentation brutale du nombre de décès, si ce gouvernement souhaite réellement résoudre la situation.”

Il ajoute que “les autorités savaient, depuis août, soit un mois après la réouverture partielle et avec conditions de l’espace aérien, que la crise sanitaire se dégradait. On le sait parce que les chiffres traduisaient une hausse régulière de nouveaux cas positifs dans la communauté. Quelles mesures ont été prises, dans ces circonstances ? Pire, en septembre, le ministre de la Santé est venu publiquement admettre que des exercices de séquençage attestaient de la présence du variant Delta dans le pays ! À ce jour, pratiquement chaque Mauricien sait que cette souche est highly transmissible et surtout, mortelle. Encore une fois : qu’est-ce qui a été fait par le ministère de la Santé et par le High Level Committee pour parer à la dégradation de la situation ?”

Il poursuit “quand le Premier ministre vient soutenir que c’est le comportement irresponsable de certains Mauriciens durant la semaine du 1er au 5 novembre, où il y avait trois jours fériés, qui a provoqué l’actuelle crise, je ne suis pas d’accord ! Oui, bon nombre de Mauriciens ont agi de manière irréfléchie. Mais les torts sont partagés : il y a des manquements des deux côtés, tant de la part des Mauriciens que de nos dirigeants.”

« Face à la montée exponentielle du nombre de décès, avec une Positivity Rate qui est au-dessus de la moyenne et qui classe Maurice parmi les pays à haut risque, ce gouvernement doit impérativement imposer un Lockdown. Je sais que l’économie va très, très mal. Après deux confinements, la situation est évidemment dans le rouge. Mais je pose la question : qui va faire rouler l’économie quand il y a autant de personnes qui sont testées positives et, pire, qui meurent ? On le sait : depuis quelques semaines, beaucoup de jeunes, des salariés, des Frontliners, surtout dans le secteur de la Santé, sont affectés. Je vais encore plus loin : dans une telle situation, avec autant de détresse humaine que l’on constate au quotidien, où des parents pleurent leurs enfants qui meurent, malgré que ceux-ci étaient Fully Vaccinated, et aussi ces enfants qui sont affligés par la mort de leurs seniors et parents dans des circonstances atroces, n’est-ce pas plus important de mettre en place un système pour endiguer l’épidémie et renforcer un système de santé qui a déjà inévitablement Crashed, plutôt que de s’entêter dans une autre direction ?” s’insurge-t-il.

L’ancien Directeur des Services de la Santé se dit en faveur d’une approche multisectorielle pour décanter la situation. La proposition faite, par exemple, de convertir le centre sportif de Côte-d’Or et d’y aménager des lits, parce que nos hôpitaux sont débordés et le staff dépassé, se révèle intéressante. Il évoque également une plus étroite collaboration entre le privé et le public pour lutter contre la pandémie.

Revenant sur la montée des contaminations et du nombre de décès de ces dernières semaines, le Dr Gujadhur exprime son incompréhension : “le 29 octobre dernier, le ministre Jagutpal annonçait 17 décès dus au Covid. Une semaine plus tard, le 5 novembre, ce chiffre grimpait à 42. Soit accusant une augmentation de 142 % en seulement sept jours. Et ce même Dr Jagutpal vient aussi dire que c’est normal. Je ne comprends pas en quoi c’est normal !”

Il conclut : “les indications étaient claires et nettes : les cas de contamination dans la communauté étaient en hausse exponentielle et rien n’a été mis en place pour briser la chaîne de transmission du virus. Et on vient nous dire que c’est normal ? Ou quelqu’un d’autre vient insinuer qu’il y a un prix à payer. Qu’est-ce que c’est que cette attitude ?”

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