Photo illustration

Les employés de la Mauritius Revenue Authority (MRA) ont été sommés de retourner au bureau par la direction il y a deux semaines environ. Ces derniers protestent maintenant contre cette décision en raison de la présence de nombreux cas de COVID-19 répertoriés dans le pays ces derniers temps. Ces derniers qui travaillaient à domicile depuis le deuxième confinement sanitaire ont été sommés de retourner aussi tous les équipements informatiques de la MRA.

Dans une lettre adressée au Premier ministre, Pravind Jugnauth, ils déclarent que ce retour « est contraire à la politique déclarée par le gouvernement » visant à maintenir le “work from home” dans la mesure du possible afin d’empêcher la propagation de la COVID-19. Selon eux, pas moins de 800 employés peuvent continuer à travailler domicile. Ils affirment qu’avec le travail à domicile, ils démarrent « le travail à 8h au lieu de 9h et que cela fait avancer beaucoup de dossiers en une journée ».

Selon le président de la MRA Staff Association, Jean-Claude Joncker, après la levée du confinement sanitaire, la direction de la MRA a pris la décision d’abandonner le principe de “work from home” et de demander le retour des équipements informatiques. Il affirme qui « travay la ti pe bien fer lakaz alor ki sertin direkter pe fer la tet dir ». Ces derniers, dit-il, veulent que tous les employés de la MRA retournent au bureau.

« Le syndicat n’est pas d’accord avec cette décision et nous devons tous conjuguer nos efforts pour contrôler ce virus. Une des solutions pour maîtriser ce virus est le “work from home”. Nous insistons sur le fait que tous ceux qui peuvent travailler à domicile doivent continuer à le faire pour combattre ce virus. Ce qui est plus drôle, c’est que ces directeurs ne voyagent pas dans les autobus et ils viennent dans leurs voitures. Ils s’assoient dans leurs bureaux et ferment les portes alors que les employés doivent s’exposer au virus », a souligné le président de la MRA Staff Association. Le syndicaliste demande ainsi au Premier ministre d’intervenir car il s’agit là d’une « policy decision » du gouvernement.

Pour le président la Federation of Civil and Other Unions (FCSOU), Narendranath Gopee, certains managers de la MRA « se sentent pousser des ailes » en raison de l’absence du bureau du directeur général de MRA, Sudhamo Lal. « Au lieu de prendre des décisions pour empêcher la propagation du virus, ils sont en train de prendre des décisions contraires. La COVID-19 est une situation exceptionnelle qui demande des décisions exceptionnelles. C’est pourquoi le gouvernement est venu avec l’idée de poursuivre le “work from home programme” là où c’est possible », a déclaré le président de la FCSOU.

Et de poursuivre : « Maintenant, j’apprends que parmi certains directeurs de la MRA, il existe des têtes brûlées. Ils ne sont pas en train de vivre avec la réalité du terrain et ils s’attendent à ce que le chef du gouvernement intervienne pour prendre des décisions. » Narendranath Gopee demande aux directeurs de la MRA de se ressaisir « car ils seront tenus responsables » si le coronavirus fait son entrée au quartier général de la MRA à Port-Louis.

« Si une telle situation se produit, le quartier général de la MRA sera fermé pendant plusieurs semaines, voire plusieurs mois », a-t-il dit. Quant aux directeurs de la MRA, ils sont libres de venir travailler au bureau, selon le syndicaliste. « Ou kapav pran ou lili vinn dan biro ou dormi laba mem. Mais il ne faut pas prendre une décision qui n’est pas préconisée par le gouvernement. On ne peut pas forcer un travailleur à venir au bureau s’il ne se sent pas en sécurité », a insisté le président de la FCSOU.