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L’Association pour la protection des consommateurs de l’île Maurice (ACIM) dénonce la mauvaise stratégie vaccinale mise en œuvre par le gouvernement. Selon son secrétaire général, Jayen Chellum, les consignes du Strategic Advisory Group of Experts (SAGE) de l’Organisation mondiale n’ont pas été respectées. Celles-ci recommandent la vaccination des personnes vulnérables en priorité. Or, déplore-t-il, à Maurice, l’économie a eu priorité sur la santé.

« Après le panic buying, on assiste à la panic vaccination. On aurait dû plutôt appliquer la priority vaccination comme recommandé par le SAGE de l’OMS.» Jayen Chellum ne passe pas par quatre chemins pour fustiger le gouvernement au sujet de la stratégie vaccinale. Selon lui, si on avait appliqué les recommandations de ce comité de faire vacciner les personnes vulnérables avec des comorbidités en priorité, des drames comme celle des patients dialysés auraient pu être évités. « Malheureusement, on a privilégié l’économie au détriment de la santé. Il y a eu des pressions pour que les business continuent à fonctionner. L’accent a ainsi été mis sur la vaccination pour cela et il y a eu une réduction au niveau de certains services dans les hôpitaux. »

Le secrétaire de l’ACIM est également critique envers le représentant de l’OMS, le Dr Laurent Musango, et des experts consultants comme le Dr Catherine Gaud. « Ils auraient dû conseiller le gouvernement à ce sujet au lieu d’adhérer aux décisions du gouvernement. Il y a des groupes ciblés par l’OMS pour la vaccination prioritaire, par exemple les personnes avec des comorbidités, celles qui habitent les régions éloignées où il n’y a pas de soins et ainsi de suite. Le but étant de réduire les risques de mortalité. »

L’ACIM compte ainsi s’organiser afin que les personnes se trouvant dans les catégories identifiées par l’OMS puissent se regrouper et faire pression pour être vaccinés en priorité. « Nous demandons aux personnes souffrant de diabète, de cancer ou autre, de prendre contact avec nous. Nous allons faire pression pour qu’ils aient priorité pour la vaccination, comme le recommande l’OMS. A ce jour, tout est bousculé, il n’y a aucune priorité. »

Jayen Chellum déplore également le sentiment de frayeur qui s’est installé dans le pays, en raison du COVID-19. « Aujourd’hui les personnes ont accès à toutes les informations, grâce à Internet. Il y a des craintes par rapport aux complications liées aux vaccins. Dans certains pays, la vaccination n’est pas obligatoire pour les 18 à 44 ans. Or, ici, on est en train d’appliquer l’emergency use pour toute la population. » Il dénonce également le consent form du gouvernement et soutient que s’il y a des familles qui ont des doutes sur le décès d’un proche suivant la vaccination, elles peuvent toujours engager des poursuites, après une autopsie. « C’est faux de croire qu’on ne peut poursuivre le gouvernement. »

Ce dernier est aussi d’avis qu’il y a beaucoup de pressions commerciales des compagnies pharmaceutiques derrière les vaccins. « Pour la première fois, on a eu une épidémie qui a mis l’économie mondiale à genoux et pour la relancer, il faut maintenant vendre des vaccins. » Même si le président américain Joe Biden s’est prononcé en faveur de la levée des brevets sur les vaccins, Jayen Chellum fait ressortir : « Aux États-Unis ce n’est pas le gouvernement qui décide. » Il souhaite également que la société civile soit représentée sur les plateformes où les décisions sont prises au lieu de les imposer à la population.