Avec la fermeture des hôtels et les frontières, ce sont les entreprises spécialisées dans la transformation de fruits qui sont durement affectées par la COVID-19. Le Verger de La Labourdonnais n’échappe pas à cette situation vu que 80% de sa production vont normalement aux établissements hôteliers, aux avions et boutiques “duty free”.

Les opérateurs dans ce secteur disent constater qu’il y a une baisse également dans la consommation dans les supermarchés. En sus de cela, les gens qui prenaient des bungalows ne sont plus là. Ils disent aussi que la Sugar Tax imposée par le gouvernement est venue rendre ce secteur moins compétitif. Le pire, ajoutent-ils, est qu’il n’y a pas de Sugar Tax sur les produits importés.

« Ce qui est encore incompréhensible, c’est qu’on est venu taxer le fructose et le glucose qui sont naturellement présents dans un fruit. Donc, même si un produit n’a pas de sucre, vous allez payer toujours le sucre. C’est aberrant. Cela n’existe pas d’autres pays. Nous avons comme l’impression que c’est juste pour taxer les gens et je ne crois pas du tout que cela est fait pour baisser le taux de diabète à Maurice. Il faut faire plutôt miser sur l’éducation pour baisser le taux de diabète à Maurice pour encourager les gens à ne pas consommer beaucoup de sucre. On ne peut pas empêcher des gens à ne pas manger de fruits », explique un opérateur.

Au bout du compte, on va taxer les confitures. » Pour expliquer les implications de la Sugar Tax, la Mauritius Chamber of Commerce and Industry a prévu d’organiser une rencontre prochainement avec les entreprises spécialisées dans la transformation de fruits.

« Cela va s’appliquer également pour la purée de fruits pour confectionner des gâteaux. Cela va être taxé. La confiture pour les touristes sera également taxée. Les pâtes de fruit et le sorbet à base de fruits seront également taxés. On va taxer tout ce qui est sucre. Mais on ne va pas taxer la cigarette et l’alcool. Cela fait rire », souligne un autre opérateur. Pour survivre en cette période, on demande à ces travailleurs en situation de précarité de devenir un peu polyvalents.

« On fait tourner les machines un peu mais on ne peut rien faire. On doit garder quand même notre personnel qui est avec nous depuis plusieurs années. Ils ont été avec nous depuis le début et c’est pourquoi il faut garder notre personnel. Nous sommes une entreprise très responsable car s’ils perdent leur emploi ce sont des enfants qui ne vont pas aller à l’école, etc.. Il y a beaucoup de misère dans les villages et nous donnons de l’emploi à ces pauvres gens. On ne peut pas oublier where we started and where we are know », explique un opérateur.

« Aujourd’hui, c’est un véritable mal de tête de faire tourner l’entreprise car il n’y a pas de vente », dit-il. Et d’expliquer aussi qu’il a comme l’impression qu’il n’y a pas de vision pour le secteur touristique. « Il y a des pays qui font face à la COVID-19, mais ils ont trouvé d’autres solutions. Tous ces “high spenders” vont aux Maldives. Ils prennent des villas. Ils ont donné la directive que le break-fast va venir dans un chariot et vous touchez à rien. On accorde des heures appropriées pour les touristes qui savent quand sortir de leurs villas pour les désinfecter. Ils ont mis des protocoles stricts. C’est pourquoi maintenant les touristes de luxe partent aux Seychelles et aux Maldives. Ici, à Maurice, on n’ écoute pas les hôteliers », explique cet opérateur.

Maintenant, dit-il, il y aura des “backpackers” qui vont venir rester dans les hôtels pour 1 000 euros environ. « Ces touristes viennent tout simplement pour la mer alors que le gratin prend une villa pendant au moins un mois ailleurs. Après 14 jours, ils peuvent aller faire un tour aux supermarchés. Cela va faire tourner l’économie à travers des visites. Mais ces backpacker ne vont rester au-delà de 14 jours. Maintenant on va mettre la taxe sur le sucre à partir de 1er novembre. On va imposer cette taxe et on ne nous consulte pas », déplore-il.

« Maintenant ce qui va passer est comme suit. Je donne un seul exemple. Pour fabriquer un gallon de jus de fruit de litchi, on fait un profit de seulement Rs 17 et le gouvernement prend Rs 26,40 de taxe tout simplement parce que le litchi est un “high natural sugar content fruit”. Où va-t-on avec une telle situation ? Comment continuer donc à fabriquer un “high quality product” ?», fait-il remarquer.

Le pire est que le fruit de saveur naturelle est produit pour que toute l’île Maurice puisse en consommer tout au long de l’année au lieu d’attendre les saisons pour y goûter. Et les conditions de stockage du jus de fruit de haute qualité coûtent cher car il faut des installations appropriées. Il faut des chambres froides qui tournent à plein régime. L’opérateur constate également qu’il y a une floraison cette année mais qu’avec la vague de froid qui persiste encore sur l’île, il ne sait pas « si les fleurs et les petits vont tenir le coup ».