La clinique pas déclarée zone interdite comme cela a été le cas pour Muller à Curepipe

Le « Protective Equipment » du personnel de C-Care facturé aux patients

Quelques jours après l’accouchement d’une patiente testée positive à la COVID-19, les détails sur ce cas particulier sont dévoilés. Cette patiente avait été admise à la clinique Wellkin suite à des signes indiquant que l’accouchement était proche. Ce n’est que dans la soirée que le personnel a pris connaissance du résultat du test PCR. Elle a été transférée à l’ENT Hospital en début de soirée le lendemain. Or, contrairement à ce qui s’est passé à la clinique Muller, l’établissement n’a pas été sécurisé. Quatre membres du personnel sont actuellement en quarantaine. Par ailleurs, des patients des cliniques de C-Care déplorent le fait qu’ils doivent encourir les frais pour le « Protective Equipment » du personnel.

Cette affaire a été très médiatisée et les autorités se sont félicitées de cet accouchement hors du commun à l’hôpital ENT au cours de la semaine écoulée. Ce qu’on n’a pas dit, c’est que la patiente positive à la COVID-19, en question, avait été transférée de la clinique Wellkin. Selon des recoupements d’informations, la jeune maman s’est rendue à la clinique le mercredi 24 mars, suite à des indications que le travail avait commencé. Selon le protocole en cours, en cette période de crise sanitaire, tous les patients doivent d’abord subir de tests PCR avant d’être admis. Mais vu l’urgence de la situation, le médecin a demandé que la patiente soit transférée en salle en attendant le résultat de son test PCR. Une source sûre indique : « La dame est arrivée vers midi et ce n’est que dans la soirée qu’on a appris que son test était positif. »

À partir de ce moment, c’était le branle-bas de combat à la maternité. Les quatre membres du personnel, soit deux Health Care Assistants, une infirmière et le gynécologue, un expatrié, qui avaient été en contact avec elle, ont été priés de ne pas rentrer chez eux. Ce sont eux qui se sont occupés de la patiente et qui ont dû gérer cette délicate opération, avant qu’elle ne soit transférée à l’hôpital ENT en début de soirée, jeudi, où elle a accouché.

Du coup, les quatre membres du personnel concernés ont été placés en isolement à la clinique. Les chambres 611 à 617, au 6e étage du bâtiment, étaient mises à leur disposition. Par la suite, ils ont été transférés dans un hôtel pour la quarantaine. Leurs premiers tests PCR se sont révélés négatifs.

Ce qui intrigue dans cette affaire – tenue secrète jusqu’ici – c’est que la clinique a continué à opérer normalement par la suite. « Pourquoi ne l’a-t-on pas déclarée zone interdite, comme cela a été le cas pour la clinique Muller ? », se demande un patient qui a lui aussi reçu des soins à cette clinique et qui a appris la nouvelle après coup. De plus, on se demande si les quatre membres du personnel concernés n’ont pas interagi avec d’autres collègues. « Est-ce que toutes ces personnes ont été testées ? » En revanche, le couloir du 6e étage où les quatre membres du personnel étaient en isolement a été sécurisé.
Par ailleurs, ceux qui ont fréquenté les cliniques de C-Care récemment, ne cachent pas leur mécontentement, après avoir appris qu’ils doivent prévoir des sommes supplémentaires, liées à la COVID-19. « D’abord, il fallait faire un test PCR avant d’être admis. Ce test doit être fait sur place et non pas dans un autre laboratoire. Par la suite, on a changé pour le test antigénique car le résultat est plus rapide. Celui-ci coûte Rs 3 500 et n’est pas remboursable par l’assurance. »

Ce qui révolte le plus les patients, c’est qu’ils ont aussi été facturés pour les équipements de protection du personnel. « On m’a Charged Rs 200 par jour pour le Protective Equipment. N’est-ce pas à la clinique de prévoir les équipements nécessaires pour son personnel ? De plus, nous devons aussi payer pour le masque et les gants. Est-ce qu’un infirmier change de masque à chaque fois qu’il visite un patient ? »

Les patients se posent également des questions quant à l’utilisation du thermomètre en cette crise sanitaire. « Auparavant, pour chaque admission, un patient recevait un thermomètre. Tel n’est plus le cas. C’est le même thermomètre qui est utilisé pour différents patients. On m’a assuré que l’appareil est désinfecté, mais peut-on dire que c’est Safe pour autant ? Qu’est-ce que cela aurait coûté de donner un thermomètre à chaque patient en cette période de crise sanitaire ? », se demande un patient.