La State and Other Employees Federation (SEF) a attiré l’attention du ministère de la Santé hier sur une situation qui pourrait se révéler « un manquement » dans le protocole. Le personnel affecté aux ambulances, qui doit transporter les personnes testées positives à la COVID-19, doit reprendre son travail tout juste après. Il n’y a pas d’auto-isolement prévu, selon le protocole en place. Ce qui pourrait constituer « un danger » pour d’autres patients ou leurs familles.

Avec le nombre croissant de cas de COVID-19 détectés auprès des passagers rentrant de l’étranger, le personnel de santé, en contact direct avec ces derniers, ne cache pas son inquiétude. Selon le protocole mis en place par le ministère de la Santé, aussitôt qu’un passager est testé positif, il faut le conduire à l’hôpital ENT dans une ambulance. Aujourd’hui, le personnel affecté à ce service monte au créneau pour dénoncer l’absence de mesures préventives à leur égard car, s’ils portent bien une combinaison, un masque et toutes les précautions qui vont avec, ils ne sont pas obligés de se tenir en auto-isolement, comme tel est le cas pour le personnel navigant, qui rentre de voyage, ou le personnel traitant.

À une question de Karen Foo Kune, sur la politique d’auto-isolement du personnel navigant d’Air Mauritius, à l’Assemblée la semaine dernière, le ministre de la Santé, Kailesh Jagutpal, avait laissé entendre, qu’avec la combinaison, le risque de contamination était « très minime ». Toujours est-il que ceux-ci sont tenus de rester en auto-isolement. Le ministre précisant même que ceux, qui ne peuvent observer la distanciation physique au sein de leur famille, pourront être placés dans des hôtels pour la quarantaine.

Ce qui veut dire, selon les ambulanciers, que le risque est toujours présent. La SEF demande ainsi au ministère de la Santé de « respecter le protocole » qui prévoit une équipe spécialement dédiée au transfert des patients testés positifs à la COVID-19. Ce qui éviterait que les ambulanciers reprennent le travail de routine et être en contact avec d’autres patients tout de suite. De même, la fédération estime que cette situation est « en train d’affecter » le service dans ce département.

« Les ambulanciers doivent également répondre aux urgences du SAMU, transporter des patients vers d’autres hôpitaux pour des traitements ou examens. » Elle regrette aussi que les “ambulance attendants” ne soient pas autorisés à accompagner les chauffeurs, ce qui est prévu dans le protocole et qu’il y a trop de patients à la fois dans les ambulances. La SEF demande ainsi au ministère de la Santé de prendre les dispositions nécessaires pour remédier à la situation.