La France, à travers l’Agence française de développement (AFD), a signé ce lundi la convention de financement d’un prêt de contingence au bénéfice de l’Etat mauricien pour un montant de 300 millions d’euros (soit Rs 13,5 milliards). La convention a été paraphée par le ministre des Finances, Renganaden Padayachy, et le directeur de l’AFD, André Pouilles Duplaix, en présence de l’ambassadeur de France, Emmanuel Cohet. Ce prêt de politiques publiques intervient dans le cadre de la réponse à la crise sanitaire mondiale pour aider à construire sur le long terme une relance économique durable, bas carbone et résiliente aux effets négatifs du changement climatique, aux catastrophes naturelles et aux éventuelles futures crises sanitaires, souligne un communiqué de l’AFD.

L’AFD observe que la venue de la crise de la COVID-19 a été aussi soudaine que brutale. « Face à cette situation sans précédent, la France, à travers l’AFD, a souhaité y répondre à Maurice de façon exceptionnelle grâce à des procédures accélérées (fast-track), un montant inédit et des conditions financières particulièrement concessionnelles. Sous l’égide du ministère des Finances, de la Planification économique et du Développement, cette opération a construit les ponts du dialogue de politiques publiques avec les ministères de la Santé, de l’Agro-industrie, de la Sécurité Sociale, de l’Environnement et des Collectivités locales », souligne l’AFD.

Pour le directeur de l’AFD, André Pouilles Duplaix, l’action de la France à Maurice via l’AFD s’est depuis longtemps ancrée dans l’accord de Paris sur le climat et, plus généralement, au nom des Biens publics mondiaux à travers : les lignes de crédit SUNREF avec la MCB et la SBM; les énergies renouvelables avec les principaux acteurs, dont le Central Electricity Board; la Facilité Adapt’Action sur les sujets inondations et gestion du risque de catastrophes; la mise en place avec la Commission de l’océan Indien d’un réseau de surveillance épidémiologique et de gestion des alertes. « Cette nouvelle contribution permettra de renforcer la collaboration entre la France et Maurice sur une stratégie long terme de résilience au bénéfice tout autant des acteurs économiques que des populations les plus vulnérables », insiste-t-on.

Ce prêt de contingence, accompagné de subventions liées au prêt (1,5 million d’euros, notamment via Expertise France, filiale du groupe AFD) et de subventions additionnelles (2,5 millions d’euros), soit un total de Rs 185 millions, a pour ambition d’appuyer les quatre secteurs, soit la santé, la protection sociale, le domaine économique et la formulation et la révision de la stratégie nationale d’adaptation. Ainsi, en matière de santé, on note : le renforcement du système de santé publique et la mise aux normes de l’OMS (règlement sanitaire international), le renforcement du système de surveillance des maladies et le renforcement de l’approche One-Health, qui aideront Maurice à se doter des meilleurs mécanismes de gestion des alertes et de riposte en cas de maladies émergentes ou ré-émergentes.

Sur la protection sociale, cet appui accompagnera la mise en place d’une stratégie progressive de sortie de crise pour garantir un soutien continu à ceux qui en ont besoin. Il vise aussi à l’amélioration de la couverture des dispositifs de protection et d’aide sociale, et les capacités de ces systèmes à répondre aux crises, qui seront également renforcées. De plus, un dialogue approfondi sera engagé sur les inégalités de genres et leur impact sur l’économie mauricienne, en ciblant des secteurs d’emploi hautement féminisés.

Dans le domaine économique : grâce à l’appui à la création du Bureau de recherche et de planification économique, le ministère des Finances, de la Planification économique et du Développement se dotera d’une capacité d’analyse pour la formulation des politiques publiques et la planification des investissements, sensibles au changement climatique et aux risques de catastrophes. Enfin, ce soutien de la France via l’AFD auprès de Maurice permettra d’appuyer la formulation et la révision de la stratégie nationale d’adaptation, l’évolution du dispositif d’évaluation environnementale pour y inclure les dimensions de vulnérabilités au changement climatique et l’opérationnalisation du Climate Change Bill sur le plan institutionnel, mais également l’intégration du changement climatique dans des secteurs clés. Des travaux de modélisation des trajectoires de décarbonation et d’adaptation à long terme de Maurice sont également envisagés.

« L’action du groupe AFD illustre l’engagement fort de la France auprès des Mauriciens pour relever ensemble les défis d’aujourd’hui et de demain afin d’accompagner la République de Maurice dans la construction d’un développement plus durable et résilient », conclut l’AFD.