CULTURE — Lenteur et blocage administratifs : Le Kolektif Artis Mizikal appelle à l’action

Le Kolektif Artis Mizikal (KAM) a fait le point sur la situation dans le secteur culturel. Presque un an et demi après le changement de gouvernement, les choses peinent à évoluer dans ce secteur. C’est ce qu’affirment des artistes. Ils réclament plus d’action, des amendements à la Status of Artist Act, ainsi qu’un quota de musique locale sur les radios.
« Nous avons voté pour le changement parce que nous voulions le changement. Cependant, rien ne bouge », a fait ressortir Bruno Raya, membre de l’exécutif de KAM. Il est d’abord revenu sur la revendication des artistes concernant l’utilisation de leurs œuvres dans les concours de disques de l’année organisés par les radios. En décembre dernier, le collectif avait déploré le fait que ce concours récompensait les auditeurs, mais que les artistes, eux, n’avaient rien. De plus, on ne leur demande même pas leur permission avant d’utiliser leurs chansons.
Évoquant l’évolution depuis, il a indiqué qu’il y a eu des retours positifs d’une part. Certaines radios ont commencé des discussions en vue de chercher une solution. De même, certains ont récompensé les artistes à leur manière. En revanche, a-t-il déploré, pour d’autres, cela a été du Business as Usual. Le collectif est toujours en attente d’une réunion pour clarifier la situation.
Toutefois, a promis Bruno Raya : « à partir de cette année, le concours du disque de l’année ne sera pas pareil. Il y aura des changements. » Il a dévoilé que des pourparlers sont en cours avec la Gambling Regulatory Authority et qu’une équipe légale soutient KAM dans sa démarche.
Bruno Raya est également revenu sur les risques que la MASA soit exclue de la Confédération internationale des sociétés d’auteurs et compositeurs (CISAC) si elle ne se met pas en conformité avec les règlements. « Si cela arrive, ce sera grave pour les artistes », prévient-il.
Stephan Rezanah fait ressortir que la Status of Artist Act doit être amendée pour mieux répondre aux réalités du secteur. « Depuis 15 mois, nous avons déposé un projet au ministère, mais on nous a fait comprendre qu’il n’y avait pas d’argent. Par contre, on n’a pas besoin d’argent pour autre chose, comme l’amendement à la Status of Artists Act. Et cela doit se faire en concertation avec les personnes du milieu », indique-t-il.
Le collectif déplore la lenteur administrative au ministère des Arts et de la Culture, en dépit de la bonne volonté affichée par le ministre Mahend Goondea et la ministre déléguée Véronique Leu-Govind. « Nous avons eu des sessions de travail, mais maintenant, il faut que les choses bougent. » Il a cité en exemple le One-Stop-Shop pour l’organisation des événements, ou encore le stade musical, toujours en attente. « Il y a eu un assouplissement des procédures par rapport à la situation sous l’ancien gouvernement, mais cela n’a été qu’un effet de Panadol, car dans le fond, les choses n’ont pas changé », s’indigne-t-il.
Kunal Heereelall, qui représente la chanson bhojpuri au sein du collectif, a déploré le fait que ce type de musique n’était presque pas programmé sur les radios. « Comment les artistes seront-ils encouragés à produire d’autres chansons si celles-ci ne sont pas diffusées ? » s’est-il demandé.
Bruno Raya a insisté sur la nécessité d’un quota pour la musique locale, comme cela existe ailleurs. « Quand nous disons locale, cela ne concerne pas uniquement les chansons en kreol, mais toutes les musiques créées et chantées par les artistes mauriciens. Que ce soit en bhojpuri, tamoul, mandarin et autres. » Il fait ressortir que les tranches de musiques orientales réservées sur les radios concernent principalement la musique Made in Bollywood.
JSB Morning Game, président de KAM, a parlé d’une réunion avec le directeur et la présidente de la MASA, Gérard Louise et Joëlle Coret, respectivement. « On nous a fait comprendre que la MASA ne peut intervenir concernant le concours du disque de l’année, car la loi ne la lui permet pas. Il faudra donc amender la loi. Le ministère des Arts et de la Culture devra assumer ses responsabilités », avance-t-il.
Il a également confirmé que la MASA travaille sur un contrat de droit d’exploitation que les artistes membres seront appelés à signer. Ce qui lui permettra de mieux protéger leurs droits. Une autre réunion est prévue pour bientôt, et ce nouveau contrat sera discuté.
Bruno Raya a affirmé avoir pris bonne note de la déclaration du directeur régional Afrique de la CISAC, Samuel Sangwa, qui a déclaré que l’État ne devrait avoir qu’un droit de regard sur une société de droits d’auteur. Il a ainsi émis le souhait que la MASA devienne plus autonome. Il s’est dit en faveur d’une restructuration de la MASA dans l’intérêt des artistes.

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