Curepipe – Centenaire de la clinique Ferrière de Bon-Secours — Pradeep Roopun : « Les cliniques sont complémentaires au service public »

La clinique Ferrière de Bon-Secours, à Curepipe, a célébré comme il se doit le centenaire de sa fondation par le Dr Joseph Anthony Ferrière et ses collègues médecins en 1923. Cet événement a été marqué par une messe concélébrée par l’évêque de Port-Louis, Mgr Jean Michaël Durhône, et les pères Alain Romaine et Gérard Mongelard en présence du président de la pépublique, Pradeep Roopun, du Premier ministre adjoint, Steven Obeegadoo, des membres de la famille du Dr Ferrière et l’ensemble du personnel de la clinique.

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La messe a été l’occasion pour l’évêque de Port-Louis de souligner l’importance de la solidarité qui transcende les religions et les communautés. « C’est surtout lorsqu’on est malade et vulnérable qu’on se rend compte de l’importance de cette solidarité », a-t-il insisté dans son homélie prononcée à cette occasion.

La messe a été animée par une chorale composée essentiellement des employés de la clinique et a pris fin par un émouvant témoignage rendu à la Vierge Marie. À cette occasion, chaque membre du personnel est venu déposer une lumière devant une icône de la Sainte Vierge.

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Après la cérémonie religieuse, le président de la République, Pradeep Roopun, a salué l’importance de cette clinique. « Cette institution a traversé les époques, a été le témoin des évolutions majeures dans les différentes étapes du domaine médical… Elle a su s’adapter et demeurer à la pointe pour offrir les meilleurs soins possibles à la nation. La clinique Ferrière de Bon-Secours possède une riche histoire et s’est forgé au cours de ces longues et dernières décennies une solide réputation. »

Le président de la République s’est également appesanti sur la volonté du gouvernement de faire de Maurice un hub médical régional et un centre de référence en matière de tourisme médical, faisant ainsi du pays un choix privilégié pour des soins de qualité. Il a aussi fait mention du développement d’un nouveau pilier économique avec le secteur pharmaceutique et la biotechnologie.

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« Cependant, le gouvernement n’est qu’un facilitateur dans cette démarche. La réalisation de cette vision nécessite la participation active de tous les acteurs, privés et publics. Les cliniques privées sont d’ailleurs complémentaires au service public. Il est impératif que ces deux acteurs travaillent en tandem, partageant leurs expertises, leurs ressources et collaborant de manière transparente pour atteindre les objectifs fixés », a dit le président Roopun. Il a ajouté que les membres de la diaspora mauricienne, qui brillent dans différents domaines, « peuvent jouer un rôle majeur dans le développement des services de santé à Maurice ».

Le Premier ministre adjoint, Steven Obeegadoo, a parlé aussi de l’importance et du rôle joué par la clinique Ferrière à Curepipe. De son côté, la représentante du ministère de la Santé, Catherine Gaud, a fait mention des différentes initiatives du ministère de la Santé « visant à collaborer avec les cliniques privées à travers la signature de protocoles d’entente ».

Finalement, une plaque commémorative a été dévoilée par le président de la République, Prithvirajsing Roopun, et l’évêque de Port-Louis, Mgr Jean Michaël Durhône.

 

Jocelyne Ferrière (petite nièce du Dr Anthony Ferrière) :

« Les soins ne doivent pas toujours être monnayés au tarif le plus fort »

Le centenaire de la clinique Ferrière a été célébré en présence de la petite-nièce et du petit-neveu du défunt Dr Ferrière, Jocelyne Ferrière-Rougié et Christian Ferrière respectivement, hier, à Curepipe. Invitée à prendre la parole lors d’une réception qui a suivi la cérémonie protocolaire, Jocelyne Ferrière s’est longuement appesantie sur « la fierté » que ressentirait le Dr Anthony Ferrière s’il avait été là. Et d’affirmer : « Mes grands-oncles (ndlr : en référence au Dr Maurice Curé également) vous seraient certainement infiniment reconnaissants de considérer que les soins ne doivent pas être toujours monnayés au tarif le plus fort, mais rester accessibles à tous, à la mesure de ses moyens. »

Fière d’être présente à cette célébration de la clinique Ferrière, Jocelyne Ferrière a souligné que le Dr Anthony Ferrière était un « chirurgien et un modèle à suivre dans la famille ». À Maurice depuis deux ans après avoir passé une quarantaine d’années en France, elle a dit constater que la clinique a connu des changements au fil du temps et est aujourd’hui « résolument tournée vers l’avenir ». Elle pense que son grand-oncle aurait été émerveillé de voir ce qu’est devenue la clinique avec ses « locaux rénovés, si chaleureux et accueillants » et de « nouveaux outils disponibles : imagerie médicale, analyses biologiques, l’informatique et la pluridisciplinarité des soins ».

Poursuivant, Jocelyne Ferrière a souligné que les médecins en 1923, soit au sortir de la guerre 1914-1918, avaient coutume de dire : « Les maladies bénignes se guérissent de toute façon toutes seules, et pour celles qui sont graves, cela dépendra essentiellement de la constitution du patient. » Ainsi, a-t-elle poursuivi, « la seule spécialité de l’époque qui soigne, (…) c’est la chirurgie ». Et encore, a-t-elle ajouté, il convenait d’avoir « une sacrée maîtrise du geste et un énorme dévouement aux patients », pour opérer avec « les outils et les moyens anesthésiques de l’époque ».

En outre, elle est d’avis que grand-oncle aurait également été « infiniment reconnaissant à la direction et l’équipe soignante d’avoir su cultiver cet esprit de toujours mettre le patient et l’humain au centre des soins ». Elle a affirmé que le Dr Anthony Ferrière adorait également la littérature et « il aimait l’humain ». Selon elle, l’excellence des soins vient dans sa pratique mais aussi et surtout, « de la qualité de l’écoute du patient, de l’empathie qu’on peut éprouver en tant que soignant, du respect de la personne et de la compréhension que le passage de la vie vers la mort doit être accompagné dans les cas où les patients ne peuvent être guéris, ou sont âgés, donc en fin de vie ». Elle a ajouté : « La dignité de la personne, quel que soit le stade de la maladie, et a fortiori en fin de vie, est dans cette clinique toujours au centre des soins. C’est la force de son équipe médicale. ». Elle dira que les soignants de la clinique poursuivent le travail de son grand-oncle.

Dans ce même ordre d’idées, Jocelyne Ferrière a observé que les directeurs de la clinique qui se sont succédé ont su « cultiver et entretenir au sein de l’équipe médicale cet esprit d’entraide entre collègues (…) pour ressentir ce bonheur de contribuer à soigner au mieux ceux qui sont fragilisés par la maladie ou sont à l’approche de la mort ». Selon elle « c’est difficile de soigner, cela demande non seulement du savoir et du savoir-faire, mais aussi et surtout une sérénité qui permet la prise de décision optimisée ou la sûreté du geste soin à accomplir ».

Jocelyne Ferrière-Rougié a aussi eu un mot spécial pour le Dr Maurice Curé, fondateur du Parti travailliste aux côtés d’Emmanuel Anquetil et du pandit Sahadeo, en 1936. « Dans notre famille, les médecins réservaient à l’époque une ou deux journées par semaine pour les consultations gratuites, de façon à soigner et à sauver un maximum de personnes à faible revenu. J’ai des souvenirs de mon grand-oncle, le Dr Maurice Curé, que la famille ne devait déranger sous aucun prétexte les mardis et les jeudis, jours de ses consultations gratuites, tant sa salle d’attente était pleine à craquer. »

Prenant la parole hier soir, le directeur de la clinique, Donald Ha Yeung, qui y a passé plus de dix ans, a eu un mot spécial pour les employés en leur témoignant sa confiance pour le travail qu’ils font déjà avec passion. « Je suis sûr que la clinique est entre de bonnes mains avec l’équipe et que le personnel se dévoue. » Il a aussi mis l’accent sur l’esprit de famille qui y règne.

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