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Bien que moins nombreux que d’habitude. Mais les baigneurs étaient au rendez-vous, hier, sur les plages publiques du Nord et de l’Ouest, dont Flic-en-Flac. Entre amis et proches, les Mauriciens ont voulu faire trempette, voire nager, et se relaxer à l’ombre des filaos et cocotiers. Ce déplacement, malgré que timide, a fait le bonheur des marchands de fruits, des vendeurs de “mines frites”, de plain et de glace.

Pour Raj, marchand de fruits confits dans le Nord, « mon business était à l’arrêt pendant plusieurs semaines. Mais je dois dire qu’il y a peu de gens qui se sont déplacés ce dimanche, sans doute parce que pique-niquer n’est pas autorisé sur les plages publiques ». Les habitants de la localité et d’autres régions étaient peu nombreux à La Cuvette.

« Je suis venu aujourd’hui pour une trempette et faire plaisir à mes enfants car c’est la rentrée des classes cette semaine.  Je vais porter mon masque dès que je sors de la plage avec mes enfants », affirmait Sunil, père de famille. « J’ai pris quelques affaires avec moi, de quoi manger et boire, car on ne peut pas pique-niquer”, ajoute-t-il.

À  Flic en Flac, Jeremy, 12 ans et Tevon, 11 ans, sont heureux de retrouver la plage publique. « Mes deux petits enfants ont été privés de ce plaisir de nager depuis trop longtemps », a indiqué Marie-Anne, une habitante de Stanley, rencontrée hier après-midi à Flic-en-Flac.

« C’est samedi soir  que nous avons décidé de venir ici. Nous avons fait comprendre aux enfants que  ce n’est plus le cas comme avant et qu’ils ne pourront plus rester dans l’eau très longtemps à cause de restrictions imposées par les autorités sanitaires », souligne-t-elle. La grand-mère a fait remarquer, par ailleurs, que les gens venus en famille, dont des jeunes, respectent à la lettre la distanciation sociale. Cela, dit-elle, vu que plane en permanence le spectre de la zone rouge…
Gregory Brossier, jeune étudiant, est venu s’installer depuis samedi sur la plage avec ses amis et voisins de Résidence Mangalkhan, Curepipe. « Pa  kapav reziste tro lontan, nou ti atann avek inpasians ki lotorite redonn Morisien akse lamer. Il dit avoir bien insisté auprès de ses amis pour que chacun porte le masque et se munisse de sanitizers en vue d’éviter une résurgence d’une troisième vague… à la plage. « Chacun doit assumer ses responsabilités », dit-il. Et de rappeler que les nouveaux cas positifs ne cessent de donner du fil à retordre aux autorités.

Pour sa part, Damien Antonio, voisin de Gregory, s’est dit surpris du peu de gens ayant fait le déplacement. « Je m’attendais à ce qu’il y ait plus de monde. Cela est dû peut-être à la peur. »

Kistnen Vellin s’apprêtait à rentrer dans l’eau. Il n’a guère caché sa joie quant à sa présence à la plage. « Cela fait quatre mois que je n’y suis pas venu. Vinn lamer se enn vre plezir. Enn plas kot ou kapav zoinn ou bann kamarad antie Moris », dit-il en présence de Yogen Renghen, qui était accompagné de ses deux enfants, Yoanna et Oozilise, pour faire une virée avant la rentrée.

Pour sa part, Stefan Schmiereder, d’origine autrichienne mais établi à Maurice depuis de nombreuses années, estime qu’il était grand temps de laisser les Mauriciens accéder à la plage. « Se enn bon desizion ki finn pran. Ti pe komans fatige », a-t-il confié en kreol, qu’il a appris à maîtriser.

Le Mauricien a aussi rencontré Manon, venant de Curepipe, qui profitait du bon temps avec son épouse et ses deux enfants. Cependant, elle a déploré l’absence des officiers de la NCG. « Je suis sur la plage depuis ce matin. Je n’ai pas vu un seul bateau des gardes-côtes dans les parages. Konfinnman pa konfinnman, narien pa sanze », ironise-t-il.

À Pereybère, les aires de stationnement grouillaient de véhicules. Plusieurs automobilistes ont dû garer les leurs véhicules le long de la route principale de la localité pour aller se détendre à la plage, voire pour déguster des menus dans les restaurants du coin. Beaucoup s’étaient déplacés avec des chaises pliables et des “nattes” pour s’installer face à la mer ou sur les bancs publics. La journée à Pereybère a aussi été marquée par un rallye de motocyclettes de Bain-Boeuf, Grand-Baie.

Par ailleurs, à Mont-Choisy, le grand déplacement était plus que visible. Si certains ont passé la journée à jouer à la pétanque ou à s’adonner à une partie de foot, d’autres ont profité de l’occasion pour une sortie en bateau ou encore retrouver les sensations de l’eau de la mer sur le corps et l’esprit. Comme une forme de thérapie après tant de privations…