Les autorités maintiennent qu’il était négatif à la COVID-19, mais refusent de rendre la dépouille pour les funérailles

Pagaille au New Souillac Hospital, où les patients n’avaient rien reçu à manger à 13h hier

La colère et l’incompréhension s’ajoutent à la douleur des proches de Dhanraj Surwon, 64 ans, décédé hier matin. Ce patient dialysé du New Souillac Hospital se portait en effet bien avant de partir en isolement vendredi soir. Aussi, les siens ne comprennent pas pourquoi sa dépouille est directement partie au crématoire de Bigara, alors que les autorités maintiennent qu’il était négatif à la COVID-19. Par ailleurs, à l’hôpital de Souillac, les patients dialysés se plaignaient hier de n’avoir même pas eu de petit-déjeuner. À 13h, ils attendaient encore le déjeuner, préparé à… Rose-Belle.

Rien ne laissait présager que Dhanraj Surwon allait partir aussi subitement. « Je l’ai vu lorsqu’on est venu le chercher pour la quarantaine vendredi soir. Il marchait et portait lui-même son sac », affirme un témoin, qui n’arrive pas à comprendre ce qui s’est passé entre vendredi et lundi matin. Selon des sources, le patient serait décédé après sa séance de dialyse. D’autre part, les patients sous traitement de dialyse, qui étaient à l’hôpital ENT, sont retournés à Souillac depuis dimanche soir.

À ce sujet, beaucoup se sont plaints qu’à samedi, midi, ils n’avaient pas encore fait leurs tests PCR. Les proches du défunt sont d’autant plus tristes qu’ils n’ont pu organiser les funérailles de Dhanraj Surwon. On leur a fait valoir que la dépouille allait se rendre au crématoire de Bigara. « On a dit qu’il était négatif et, pourtant, on a refusé de rendre la dépouille », s’indignent-ils.

Pendant ce temps, les patients dialysés, transférés de l’hôpital ENT au New Souillac Hospital, dimanche, mouraient littéralement de faim pendant la journée d’hier. Une habitante du Sud, dont le père se trouvait sur place, ne cache pas sa colère : « Enn tigit dite li pann gagne depi gramatin », s’insurge-t-elle, rappelant que les patients dialysés sont faibles après leurs séances et qu’ils ont besoin de reprendre des forces.
Cette dernière se dit impuissante, étant donné qu’elle est elle-même en quarantaine, son père de 67 ans ayant été testé positif à la COVID-19. « Ki gran-gran koze minis pe koze toulezour ? Zot pena inpe pitye pou bann dimounn malad ? Inn ariv trezer pann gagn breakfast, pankor gagn dezene. Zot pe dir bizin atann manze sorti Rose-Belle. Kifer inn tir zot ENT pou vinn pass mizer isi ? » laisse-t-elle entendre.

Selon des témoignages recueillis sur place, le New Souillac Hospital travaille avec un personnel très réduit pour s’occuper uniquement des patients dialysés. « Il n’y a que quelques infirmiers et pas de cuisinier. Si celui de l’hôpital de Souillac est en quarantaine, pourquoi n’a-t-on pas fait venir un autre ici, au lieu d’attendre les repas de Rose-Belle ? » On ne manque pas de faire remarquer qu’avec les hôtels qui tournent au ralenti, on n’aurait pas eu de difficultés à trouver un cuisiner dans la région pour faire à manger pour ces patients.

Avec ce décès enregistré, la crainte s’est intensifiée parmi les proches des patients dialysés. Ils souhaitent que les autorités jouent la carte de la transparence. Entre-temps, les tests de dépistage se sont poursuivis dans les villages du Sud pendant la journée d’hier, alors que la crainte que la circonscription de Rivière-des-Anguiles/Souillac (No 13) ne soit placée en zone rouge devient de plus en plus pesante.