– Des officiers : « La décision du judiciaire de maintenir ses services va éviter le souci de “overpopulation” que nous avons eu l’an dernier »

L’annonce du nouveau confinement, mardi dernier, n’a pas pris de court “l’establishment” du service pénitentiaire national. Grâce à « un système de communications interne », soutenu par le fait que « depuis l’an dernier, avec la première vague, nous avions déjà mis en place des structures à cet effet », l’univers pénitentiaire s’est adapté à la situation.

« Nous avons été, évidemment, avertis par voie de circulaire interne, avec des communications émanant des diverses instances, comme le ministère de la Santé, celui du Service civil, le National Covid Committee (NCC), entre autres, pour activer le processus en vue d’un nouveau lockdown, » fait-on comprendre dans les milieux des Prison Officers.

Lors du précédent confinement, nous avions mis sur pied un comité qui suit, au quotidien, l’évolution de la maladie dans le pays, que l’on soit en situation de confinement, ou pas ». Comme cela était la pratique l’an dernier, « tous les détenus sont orientés, par la police, à la Prison Centrale de Beau-Bassin ». Les principaux points d’entrée sont « la New Wing, la prison des femmes et le CYC. « De ce fait, dès cette étape, un screening complet est effectué sur chaque personne qui est envoyée par la police », ajoute-t-on.

Ces nouveaux détenus ne sont pas immédiatement dirigés vers la section “remand” en raison de la situation de la COVID-19 dans le pays. « Nous avions, depuis l’an dernier, dédié un espace spécial pour accueillir et aménager les nouveaux entrants. Ils restent dans cette structure d’accueil le temps que sont effectués des tests réguliers sur eux, comme dans une quarantaine. Cela afin de s’assurer, bien évidemment, qu’aucun d’entre eux n’est porteur du virus ».

« Cette année, l’annonce, du judiciaire à l’effet que les cours de justice allaient maintenir leurs services, même pendant le confinement, avec des auditions devant la BRC, par exemple via visioconférence, va énormément faciliter les choses  ». Ils ajoutent « qu’à un certain moment, le nombre de détenus en “remand” était plus fort que ceux qui sont condamnés ! À partir de là surviennent des complications et des situations complexes à gérer…»

D’autant, rappellent ces officiers, que « les détenus qui sont déjà incarcérés sont, en quelque sorte, dans une forme de “confinement”. Donc, ils n’ont pas couru de risques d’être contaminés. Sachant que des nouveaux détenus arrivent, cela provoque une certaine frayeur chez eux…» Raison pour laquelle, renchérissent ces employés du service pénitentiaire, « nous avons maintenu ces structures de quarantaine, avant de diriger les nouveaux arrivants vers les prisons où ils sont censés passer leur sentence ».

Pour ce qui est des officiers, « comme lors du premier confinement, les horaires de travail ont été modifiés afin d’éviter que les officiers On Guard’ courent le moins de risque possible, n’ayant pas à quitter fréquemment la prison, aller chez eux et retourner. De ce fait, les Shifts ont été allongés. Au lieu de travailler de 7h à 13h et de midi à 18h, ces deux Shifts ont été Merged en un seul. Donc, les officiers sont de service de 7h à 18h, et le lendemain, ils bénéficient d’un jour ‘Off’. Cette formule fait bon nombre d’heureux et les officiers sont satisfaits de cet arrangement. »

Un autre « arrangement » que l’administration de la prison a pris, afin de « fluidifier » le travail durant ce confinement,  « c’est que seulement les lundis que l’on procèdera au transfèrement des détenus vers les autres prisons, qu’il s’agisse des nouveaux venus ou d’autres ». Cela, concluent ces officiers, « aidera dans le sens où la gestion sera plus constante et l’on évitera des pagailles causées par la COVID-19 ».