Pour les nouveaux rendez-vous habituels post-confinement, les dossiers de plusieurs patients introuvables

Certaines sources à la Santé évoquent une mauvaise conception du projet dès le départ

L’informatisation des services de santé publique a toujours du mal à démarrer, qu’il s’agisse des dossiers des patients, de diagnostics, de traitements, de prescriptions de médicaments ou de l’administration. Et ce, malgré des millions de roupies investies.

L’informatisation des services de santé publique est un d’un projet d’envergure de plus de Rs 100 M qui date de 2006. Toutefois, seule une partie de cette somme aurait été dépensée. Après un démarrage à l’hôpital Jawaharlall Nehru à Rose-Belle dans l’Admission Records Department, ce projet ne s’est pas concrétisé dans les autres établissements hospitaliers qui utilisent toujours le système manuel.

L’absence d’un système informatique se fait de plus en plus sentir avec tous les retards de rendez-vous que les établissements ont accumulés durant la période de confinement.
L’informatisation des hôpitaux figure depuis 2006 dans l’Integrated Hospital Management and Patient Care System, un programme qui tend vers la modernisation des établissements afin de les rendre plus efficaces. Le projet e-Health Services, qui a nécessité un investissement d’environ Rs 100 millions, a débuté vers fin 2006. Il devait être complété depuis plusieurs années. Or, plus de 14 après, si certains établissements ont essayé de se brancher, l’e-Health, soit l’informatisation de la base de données des patients, tarde à voir le jour dans d’autres établissements hospitaliers. Ce manque se fait davantage sentir ces jours-ci car les hôpitaux se trouvent avec une accumulation de dossiers des patients dont les rendez-vous ont été renvoyés durant la période de confinement. Une gestion électronique de ces dossiers et des données aurait facilité le travail des auxiliaires de santé qui peinent à les retrouver. Plus d’une centaine de dossiers sont ainsi introuvables.

Ce système devrait depuis des années contribuer positivement à l’amélioration du service de santé à Maurice. En effet, les différents outils et services de la plateforme eHealth visent à augmenter la qualité des soins et leur continuité, tout en permettant une circulation des données de santé plus aisée et rapide entre les différents intervenants et échelons du système de santé. Chaque citoyen aurait dû avoir sa carte de santé électronique lors de chaque consultation à l’hôpital. L’on constate toutefois que le projet traîne toujours alors que la somme allouée a déjà été dépensée. Seuls certains départements de l’hôpital de Rose-Belle ont été dotés de ce système alors que l’hôpital de Candos, celui de Jeetoo et du Nord procèdent toujours au système manuel.

Si plusieurs modules informatiques ont été installés, différentes tâches se poursuivent manuellement. Uniquement, les services de Patients Records et de Pharmacy Dispensing de l’hôpital de Rose-Belle sont actuellement opérationnels. L’hôpital Victoria à Candos, qui dispose depuis quelques années d’un Casualty aménagé dans le nouveau bâtiment, utilise toujours le système manuel. D’où les longues files d’attente et les dossiers de certains patients qui sont difficiles à retracer. Au nouvel hôpital Jeetoo, une partie fonctionne déjà. Avec les infrastructures modernes, l’on s’attendait à des services pointus, mais le système manuel perdure.

Pour expliquer les causes de ce retard, certaines sources à la Santé évoquent une mauvaise conception du projet dès le départ. Il y aurait eu « une absence de planification et une politique “piece meal” ». D’autres expliquent que l’année butoir de 2008 n’a pu être respectée à cause d’une mauvaise coordination du projet. Le projet d’informatisation consistait, entre autres, à introduire la carte électronique pour les patients afin de faciliter des rendez-vous, qui alors auraient pu être pris à travers le système SMS ou Internet. Le système SMS a été introduit pour régulariser le nombre de patients qui viennent attendre pour leur rendez-vous dans les hôpitaux mais l’efficacité laisse à désirer.

Cependant certains se demandent comment un système SMS peut fonctionner quand tous les dossiers des patients sont traités manuellement. Ce projet concerne aussi l’introduction du “Discharge Ticket” pour permettre à un patient admis de suivre son dossier.
Avec les nouveaux défis qui guettent nos établissements hospitaliers dans un contexte de pandémie, l’on estime que l’informatisation de notre système de santé est devenue primordiale.