La décision en catastrophe des autorités sanitaires de réserver le cimetière de Bois-Marchand aux besoins de la pandémie de Covid-19 soulève des protestations des habitants de cette agglomération du nord de la capitale. Depuis, ils vivent dans la peur. D’autant plus qu’aucune autorité sanitaire n’a daigné faire le déplacement pour aller expliquer aux habitants la situation.

« Nou terorize ! Pena ler korbiyar pase ek lapolis ek so la siren ki fer ou gagn per. Depuis lundi, nous avons compté plus d’une dizaine d’entrées dans le cimetière. Nou pe viv dan lafrayer ! » font-ils comprendre au Mauricien. Ce qui inquiète cependant davantage ces habitants de la région, c’est le manque de sécurité. « Pena personn ki anpess dimounn rantre sorti dan simitier-la ! Ena dimounn pe rantre, al fer laprier kot kavo zot fami… Peut-être que ces personnes ne savent pas que ce cimetière abrite des personnes décédées du Covid-19 », s’indignent-ils.

Ceux vivant près de la passerelle évoquent un autre problème : « Nos enfants ont l’habitude de jouer sur les terrains avoisinants. Depuis lundi, nous sommes obligés de les garder à l’intérieur et de les empêcher de sortir jouer dehors. Pa kone enn kout ki kapav arive ! »

Ils font remarquer que plusieurs dizaines de familles vivent dans l’endroit. « Certains depuis six ou sept ans, d’autres depuis bien plus longtemps. Le cimetière de Bois-Marchand est notoire pour ses profanations de tombes. De fwa gayn bann roder lavi ki vinn fouy bann tonb-la. Zot rod bizou ou bann zafer ki ena valer, tousala pou revann. Be ki pou arive si zot fouy enn kot inn mett enn kadav Covid ? » ajoutent-ils.

Très durs envers les élus de l’endroit, ces habitants des régions avoisinant le cimetière de Bois-Marchand poursuivent : « Quand ils ont besoin de nos votes, ils savent venir frapper à nos portes. Là, dans une situation comme ça, avec toute la peur et les inquiétudes qu’on a à cause de ce virus, personne n’est venu nous voir. Nous nous attendions à ce qu’au moins on envoie des préposés de la Santé ou de la municipalité pour nous informer que désormais, le cimetière de Bois-Marchand allait accueillir les décès causés par le Covid-19. Mais non ! »

Deux pères de famille, qui travaillent dans la capitale, expliquent : « Nous n’étions même pas au courant de cette nouvelle donne ! Fode merkredi bann kamarad inn lev sa koze-la, lerla nounn pran kont ! » D’autres habitants déplorent « l’imprudence et la négligence de ceux qui viennent faire les enterrements ». Ils poursuivent : « Dans la semaine, on a retrouvé des sacs en plastique, similaires à ceux qu’ils utilisent pour disposer les corps, qui traînaient dans nos rues. On prie pour que ce ne soient pas des plastiques qui ont contenu des cadavres ! »