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Un médecin est affecté en permanence dans chaque dispensaire et centre de santé des endroits touchés pour assurer un suivi médical des habitants. De plus, un ingénieur de la Santé a été dépêché sur les lieux pour surveiller la concentration de l’odeur du mazout. Ce sont les principales mesures prises par le ministère de la Santé pour assurer que le déversement de l’huile lourde n’affecte pas la santé des gens à proximité. « À ce jour, nous n’avons recensé aucun cas où la santé d’un habitant est menacée en raison du déversement de l’huile lourde dans les eaux du sud. La situation est toujours sous contrôle », a affirmé le Dr Fazil Khodabaccus, du ministère de la Santé. Ce dernier avance qu’une rencontre a été organisée avec tous les officiers du ministère samedi par rapport aux mesures prises dans une telle situation.

Le médecin indique que tous les dispensaires des endroits concernés restent ouverts et qu’un médecin y est affecté en permanence. Il ajoute : « Nous avons assuré qu’il y ait tous les médicaments nécessaires pour traiter un éventuel patient avec un problème respiratoire ou dermatologique. Un suivi est assuré au quotidien. » Par ailleurs, il explique qu’un ingénieur de la Santé a été dépêché sur les lieux pour surveiller le niveau d’odeur qui émane du mazout. « Jusqu’ici, toute la situation est sous contrôle. D’ailleurs, nous demandons aux habitants de rester loin des zones interdites et faisons appel aux volontaires qui se rendent sur les sites affectés pour prendre les précautions nécessaires et porter les équipements nécessaires pour se protéger », précise notre interlocuteur.

Dans un communiqué émis le samedi 8 août, concernant les dangers liés à une exposition prolongée à l’huile lourde, le ministère de la Santé explique que « le risque sanitaire immédiat pour l’homme intervient souvent suite à une ingestion accidentelle ou à une exposition prolongée (surtout dans le cas de ceux qui vont nettoyer les zones polluées sans protection adéquate) à l’huile lourde ». Le ministère conseille au public, surtout aux habitants de la région, de ne pas consommer les produits, qu’ils soient pêchés ou récoltés, des zones touchées par la fuite de l’huile lourde.

Selon le ministère de la Santé, les troubles de santé liés au déversement de l’huile lourde se caractérisent par des irritations de la peau et des muqueuses, y compris les muqueuses respiratoires, des troubles digestifs avec vomissements et diarrhées, entre autres. Le public est avisé de se rendre dans un centre de santé le plus proche à la manifestation des symptômes.

Par ailleurs, le PTr réclame, dès cette semaine, un “formal médical assessment” pour les personnes habitant à proximité des zones affectées. Le Dr Farad Aumeer, responsable du comité de la Santé au PTr, déplore l’absence des mesures nécessaires dans les zones affectées. « J’ai fait la tournée des endroits affectés, à savoir Mahébourg, Blue-Bay, Rivière-des-Créoles et Bois-des-Amourettes, entre autres, dimanche pour un constat de la situation et j’ai été choqué de voir qu’il y a beaucoup de centres communautaires qui sont fermés. Le gouvernement n’a fait provision d’aucun “health check post” pour les habitants et les volontaires qui se rendent dans ces endroits. À ce stade, il est important d’assurer un suivi avec la santé des habitants et toutes les personnes qui sont présentes sur les sites affectés », dit-il.

Le Dr Farad Aumeer avance que l’odeur émanant du mazout est toujours aussi forte dans les endroits affectés. « Je déplore aussi l’absence des officiers du ministère de la Santé qui ne sont pas présents sur les lieux pour évaluer la concentration de cette odeur. L’huile lourde dégage de l’Hydrogen Sulfide qui peut affecter la faculté de sentir et par la suite affecter également le système respiratoire. Par conséquent, il est important de prendre les mesures nécessaires au plus vite », précise-t-il.