photo d'illustration

Le Halley Movement, dont l’objectif est d’œuvrer pour la sécurité des enfants et de la famille en Afrique et dans l’océan Indien, demande le soutien du ministre des Affaires étrangères, Alan Ganoo, et de la ministre de l’Égalité des Genres, Kalpana Koonjoo-Shah. le but est de mettre un terme à la pratique de mariages précoces et forcés des enfants.
Mahen Busgopaul, secrétaire de Halley Movement, demande aux ministres Ganoo et Koonjoo-Shah de « soutenir l’élimination du mariage d’enfant, précoce et forcé, à l’échelle internationale » en sponsorisant l’ébauche zéro de la résolution du Child, Early and Forced Marriage (CEFM), en cours d’examen à la 48e session du Conseil des droits de l’homme. Mettant en exergue l’engagement de Maurice à éliminer le mariage des enfants, le mariage précoce et le mariage forcé d’ici 2030, il regrette que le gouvernement n’ait pas fait le point sur les progrès accomplis en vue de la réalisation de cet objectif lors de sa Voluntary National Review au forum politique de haut niveau de 2019.

« Cette résolution est la quatrième sur le CEFM à être examinée par le Conseil des droits de l’homme. Elle reconnaît la pratique comme un problème de droits de l’homme et de développement, et souligne que l’inégalité des sexes en est la cause première. Un nouveau libellé a été ajouté, reconnaissant les implications significatives de la pandémie de Covid-19 sur les filles qui risquent de se marier et celles qui le sont déjà. Le soutien à cette résolution démontre l’engagement de Maurice à s’attaquer à la question du CEFM et à reconnaître l’impact néfaste du CEFM sur les filles, la communauté et la nation dans son ensemble », dit-il.

L’élimination du mariage des enfants, précoce et forcé est un objectif spécifique des Objectifs de développement durable (ODD). Mais Mahen Busgopaul est d’avis que la moitié des ODD ne seront pas atteints sans des progrès significatifs en matière de CEFM, notamment ceux liés à la pauvreté, la santé, l’éducation, la nutrition, la sécurité alimentaire, la croissance économique et la réduction des inégalités, ainsi que les inégalités entre les sexes. « Si nous voulons que le mariage d’enfants, le mariage précoce et le mariage forcé appartiennent au passé, les progrès doivent s’accélérer », écrit-il.

Le secrétaire général avance que Maurice a adhéré à la Convention sur les droits de l’enfant en 1990, qui prévoit que l’âge minimum du mariage est de 18 ans. Maurice a aussi adhéré à la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes (CEDAW) en 1984, qui impose aux États de garantir le libre et total consentement au mariage.

Il fait aussi ressortir que suite aux recommandations faites au gouvernement, en vue de l’Universal Periodic Review sur la situation des droits de l’homme à Maurice auprès du Conseil des droits de l’homme de l’Onu en 2018, le Halley Movement avait demandé, entre autres, l’adoption urgente du Children’s Bill étoffé et l’amendement de la Child Protection Act, qui définit un enfant comme une personne non mariée de moins de 18 ans. Il poursuit en soutenant que, dans l’Universal Periodic Review, Maurice avait accepté de revoir les recommandations visant à consolider les efforts dans le combat contre les abus sur les enfants sous toutes ses formes, en adoptant et en mettant en place le Children’s Bill avec un accent spécifique sur la lutte contre le mariage des enfants, précoce et forcé.

Le CEFM constitue une violation des droits des filles à la santé, à l’éducation et aux opportunités. Il les expose à la violence tout au long de leur vie et les enferme souvent dans un cycle de pauvreté, tout en compromettant les efforts déployés pour promouvoir la santé, l’éducation et la lutte contre la pauvreté. Le CEFM est un problème mondial touchant tous les pays, toutes les cultures, toutes les religions et toutes les ethnies.

Pas moins de 12 millions de filles de moins de 18 ans sont mariées chaque année. En outre, l’UNICEF estime que les conséquences de la pandémie de Covid-19 entraîneront le mariage de 10 à 13 millions de filles mineures supplémentaires d’ici 2030.