Âgée de 73 ans, Rolande Lisette obtient sa pension de vieillesse depuis seulement trois ans. Souffrant d’hépatite C depuis 1975, cette Mauricienne se bat pour être en vie à travers des traitements qu’elle reçoit en Inde et en France. Toutefois, sa plus grande bataille est loin d’être gagnée. Elle lutte pour récupérer ses dix années de pension, soutenant qu’elle est « légitime à en bénéficier ».

« Je me bats depuis 12 ans pour obtenir ma pension. Où est passée ma pension que je devais obtenir depuis mes 60 ans ? », se lamente cette septuagénaire qui souffre d’un handicap de catégorie 2, stipulant qu’elle est incapable de travailler. Sans pension de 2007 à 2017, Rolande Lisette estime avoir été mise à l’écart alors que chaque citoyen mauricien est en droit d’obtenir sa pension à partir de 60 ans.

Dans son combat inlassable, Rolande Lisette a obtenu une lettre du ministère de la Sécurité sociale en mai 2018 pour lui annoncer que le National Pensions Appeal Tribunal avait accepté que son cas soit entendu. Or, selon elle, jusqu’à présent aucune décision n’a été prise pour que ses dix années pension lui soient données. Depuis juillet 2018, elle avance n’avoir reçu aucun sou. « On me doit dix ans de pension. Ce n’est pas une petite affaire », dit-elle.

Selon les autorités concernées, une personne doit rester à Maurice pendant au moins six mois pour qu’elle soit éligible à une pension de vieillesse. Mais pour Rolande Lisette, si elle a régulièrement voyagé de 2007 à 2017, c’était pour se faire soigner à l’étranger. Et pour prouver qu’elle était réellement en traitement, elle dit avoir donné tous les documents nécessaires aux autorités pour expliquer que ses déplacements sont importants pour le bien de sa santé.

« On ne veut pas me donner ma pension, car je sors trop souvent du pays. Mes documents n’ont pas été pris en considération. J’ai rendu plus de 12 ans de ma vie pour que ma pension soit rétablie. C’est un acharnement sur ma personne. Qu’ai-je fait de mal pour ne pas obtenir ma pension ? », déplore-t-elle.

Mais pour elle, ces déplacements sont nécessaires étant donné que le traitement pour l’hépatite C ne se fait pas à Maurice. Elle regrette que les documents qu’elle dit avoir donnés aux autorités concernées pour le rétablissement de ses dix ans de pension n’aient « jamais » été mentionnés au National Pensions Appeal Tribunal.

Ces documents prouvaient qu’elle ne pouvait recevoir ces soins à Maurice durant ces années. D’ailleurs, au courant de cette semaine, Rolande Lisette s’est rendue à l’ambassade de France à Maurice pour qu’elle puisse trouver une place dans un avion afin de se rendre en France pour poursuivre ses traitements.

Ce n’est qu’en 2017, soit à l’âge de 70 ans, qu’elle a commencé à obtenir sa pension suite à une décision de la magistrate du National Pensions Appeal Tribunal. Avec ses documents qu’elle a présentés à cette instance, elle dit avoir pu prouver qu’elle est restée à Maurice pendant plus de six mois depuis ses 70 ans. Elle avance également avoir reçu les arrérages pour la période durant laquelle sa pension n’était pas versée.

Toutefois, elle note avec stupéfaction que les arrérages versés ont été déduits de son compte. Selon elle, ces arrérages « ne peuvent être déduits ».

En manque d’argent, Rolande Lisette doit dépendre de ses enfants pour payer ses frais de déplacement et ses traitements. Elle dit n’avoir jamais obtenu un soutien du gouvernement mauricien lorsqu’elle part pour se faire soigner. Toutefois, elle reste optimiste que ses droits seront respectés et qu’elle obtiendra ses dix années de pension.

Par ailleurs, Rolande Lisette a obtenu une pension du gouvernement français jusqu’à ses 60 ans, étant donné qu’elle est tombée malade en France. Elle soutient que la France lui a versé une pension d’invalidité pour vivre.