– Seulement 50% des quatre tonnes de mazout pompées à hier après-midi

– Le mauvais temps complique le renflouage du bateau de pêche

Presque une semaine après s’être échoué sur les récifs de l’île Albatross à Saint-Brandon, le FV Sea Master, appartenant à la compagnie Hassen Taher Seafoods, n’a pu être renfloué. C’est ce qu’indiquent les autorités concernées. L’anti-cyclone qui influence le temps dans la région a rendu les opérations difficiles. Par ailleurs, l’absence d’une supervision sur place a donné lieu à des informations contradictoires.

Alors qu’on annonçait lundi soir que le FV Sea Master avait été renfloué, tel n’était pas le cas. Il y a eu quelques soucis de communication entre la National Coast Guard, la compagnie Hassen Taher Seafoods et le ministère de l’Économie océanique, de la Pêche et du Transport maritime. Il faut savoir que c’est le propriétaire du bateau de pêche lui-même qui a la responsabilité de pomper les quatre tonnes de mazout dans le réservoir du FV Sea Master.

Des sources officielles indiquent : « Lundi, la National Coast Guard avait laissé entendre que le bateau de pêche avait été renfloué. Mais le lendemain, la compagnie Hassen Taher Seafoods en disait le contraire. On laissait même entendre qu’il y avait de l’eau dans la salle des machines et le locker room. On nous a aussi dit que la mer était démontée et que les opérations étaient difficiles. »

Toutefois, rassure-t-on, il n’y a aucune fuite d’huile pour l’heure. C’est ce qu’indique également le ministère de l’Environnement qui gère ce volet du dossier. À ce niveau, on avance que 1 400 litres de mazout ont été pompées. « On suit la situation de près pour s’assurer qu’il n’y a pas de fuite », affirme-t-on. Entre-temps, l’équipage du Sea Master qui avait été secouru par les bateaux de pêche dans la région de Saint-Brandon est rentré à Maurice à bord du Sea Grace.

Selon les témoignages des pêcheurs opérant dans la région, le Sea Master a été allégé de ses poids. 50% du mazout a été enlevé, de même que la nourriture et le glaçon à bord. « Généralement, pour une campagne de pêche, on transporte entre 200 à 250 sacs de glaçons de 35 à 40 kg. Le fait d’avoir allégé le bateau est une procédure normale pour tenter de le renflouer.

Le seul problème est qu’il n’y a pas de pompage du fioul en tant que tel car la mer est très houleuse dans cette région. On est en train de l’enlever à l’aide de galons découpés et de le transporter dans des jerricans. Cela prend beaucoup de temps. »
L’opération n’est pas gagnée d’avance car l’anti-cyclone qui influence la région risque de pousser le bateau à l’intérieur du récif. À ce moment-là, ce sera quasi-impossible de procéder au renflouage. « Il y a eu plusieurs bateaux pris sur les récifs de Saint Brandon qui se sont retrouvés dans cette situation. Le Good Hope, par exemple, s’était échoué sur les récifs de l’île La Perle, en face de l’île Raphaël. Le bateau s’est brisé et les débris sont encore sur place. C’est ce qui s’est passé également avec le MV Wakashio. À mon avis, il faudra enlever le maximum de mazout au plus vite, car avec le mauvais temps, le bateau peut se briser. »

Rappelons que le Sea Master s’est retrouvé en difficulté au large de Saint-Brandon jeudi soir. Alerté, la National Coast Guard a sollicité l’aide des bateaux de pêche dans la région. Les huit membres d’équipage ont été secourus et transférés sur le Sea Grace, qui faisait route vers Maurice. Toutefois, le bateau est resté coincé sur les récifs de l’île d’Albatross. La mer est réputée dangereuse dans cette partie de Saint-Brandon, particulièrement en hiver.