ÉCONOMIE BLEUE : Le syndicat des pêcheurs manifeste son mécontentement au ministère

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Mobilisation des pêcheurs devant le ministère de tutelle, à Port-Louis, hier. Ils sont venus exprimer leurs mécontentements par rapport à la situation dans ce secteur. Le recrutement de la main-d’œuvre étrangère au détriment des Mauriciens, l’absence de formation pour le poste de capitaine et la non-reconnaissance des pêcheurs engagés sur les bateaux semi-industriels figurent parmi les griefs.

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Après deux ans d’attente pour un changement dans le secteur de la pêche, le Syndicat des Pêcheurs a donné de la voix devant le LIC Building, qui abrite le ministère de la Pêche, hier. Son président, Judex Rampaul, trouve qu’« Il y a eu les Assises de la Pêche, et nous avons attendu des actions, malheureusement, la situation est en train d’empirer. »

La première préoccupation du syndicat consiste en la difficulté à trouver de la main-d’œuvre qualifiée pour travailler sur les bateaux semi-industriels. « À ce jour, 90% des travailleurs de ce secteur sont des étrangers. Il n’y a que 10% de Mauriciens qui vont sur les bancs. La raison est que les pêcheurs dans le secteur semi-industriel ne sont pas reconnus. Contrairement aux pêcheurs artisanaux, ils n’ont pas de carte de pêcheurs », indique Judex Rampaul.

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Il indique que par le passé, il y avait des pêcheurs de bancs, engagés sur des bateaux pour entreprendre de longues campagnes de pêche jusqu’à 60 jours. « Aujourd’hui, il y a les bateaux semi-industriels qui ne font que 12 à 15 jours de pêche sur les bancs. La raison étant qu’ils doivent rapporter du poisson chill qui, contrairement au poisson frigorifié, ne peut rester longtemps en mer. Avec une dizaine de jours de pêche – en retirant le voyage et le mauvais temps –, ils se retrouvent avec un mince salaire de Rs 15 000 à Rs 20 000 », poursuit-il, ajoutant que « s’ils avaient au moins une carte de pêcheurs et qu’ils pouvaient bénéficier des avantages comme les pêcheurs côtiers, peut-être qu’ils seraient intéressés. »

Mais le problème ne s’arrête pas là, ajoute Judex Rampaul. S’il y a des pêcheurs artisanaux qui s’engagent pour des campagnes sur des bateaux semi-industriels, leur Bad Weather Allowance est supprimée. Il évoque également une « pénurie » de capitaines et d’équipages formés, tout en déplorant que l’école de formation ne soit pas utilisée pour former des jeunes afin d’assurer la relève. « Aujourd’hui, nous apprenons qu’il y a des nominés politiques qui font venir des bateaux avec leurs équipages du Sri Lanka pour pêcher dans nos eaux. Est-ce cela le modèle d’économie bleue qu’on veut pour Maurice ? Où est la place des Mauriciens dans ce secteur ? » se demande-t-il.

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Judex Rampaul ajoute que le Syndicat des Pêcheurs a déposé un dossier au National Remuneration Board en vue de la préparation d’un Remuneration Order pour ce secteur. « Le gouvernement a donné des Grants aux sociétés coopératives pour acheter des bateaux semi-industriels, mais il n’y a pas d’équipages pour travailler. Et on vient parler de la nécessité d’augmenter la productivité. Comment le faire dans ces conditions ? »

À la suite de la mobilisation des pêcheurs, le ministère a convoqué une réunion aujourd’hui, pour discuter de la situation avec le syndicat. Judex Rampaul affirme également attendre le retour au pays du ministre Arvin Boolell en vue de reprendre toute la question avec lui. « Nous ne sommes pas en guerre contre le ministre, ni le ministre délégué, mais contre le système. Cela fait 40 ans que ça dure, il est temps que les choses changent », dit-il.

 

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