« En matière d’éducation, il ne faut pas tergiverser et lésiner sur les moyens. Il faut toujours investir.» Cette phrase de Jacques Malié, recteur à l’Orchard Secondary School of Excellence, pourrait résumer la situation dans laquelle se trouve actuellement la centaine d’écoles du préprimaire, primaire et collèges avec l’arrêt des cours en présentiel depuis mercredi. Dans ce sillage, la direction de l’Orchard Kids Pre-primary and Primary School of Excellence a organisé, hier, une conférence de presse pour présenter leur nouveau modèle d’enseignement entièrement hybride.
Avec un investissement de près de Rs 2 millions dans des ordinateurs portables pour les enseignants, le manager d’Orchard Kids, Rajcoomar Baichoo, souhaite montrer que « quand on veut, on peut », surtout quand il s’agit de l’avenir des enfants.
« Nous étions déjà préparés et quand on a annoncé que les cours allaient être uniquement en ligne, cela ne nous a pas inquiétés», a affirmé Rajcoomar Baichoo. En effet, depuis le premier confinement l’an dernier, la direction ainsi que le personnel enseignant ont pris les dispositions nécessaires pour faciliter la dispensation des cours et l’apprentissage des élèves. « L’éducation et l’instruction ont été fortement mises à l’épreuve durant la pandémie. Lors du premier état d’urgence sanitaire et du confinement général, l’école a été fermée, mais pour nous à Orchard Kids, la fermeture des établissements n’a pas été synonyme d’arrêts de cours», a-t-il souligné.
Dès la deuxième semaine de mars, selon Rajcoomar Baichoo, tout a été mis en place à l’école pour les cours à distance, à travers le projet “L’école à la maison ”. « Certains enseignants inexpérimentés en technologie ont été appelés à enseigner en ligne dès les premiers WAP. Ils ont commencé à enseigner de l’école, assistés d’un jeune qui savait manier l’outil informatique», a expliqué, pour sa part, Samad Nuther Saïb, directeur d’Orchard Kids Pre-primary and Primary School of Excellence.
Selon ce dernier, avec ce nouveau système hybride qui existe depuis le premier confinement, les élèves qui ne venaient pas à l’école, pour des raisons de santé notamment, pouvaient assister aux classes en direct et au même moment que leurs camarades présents en classe. Un système qui a porté ses fruits, car l’école note un taux de réussite de 100% pour les élèves en Grade 6. « Toutes les classes sont dotées d’un ordinateur portable et d’une connexion internet fiable. Cela nous a valu un investissement de près de Rs 2 millions, mais cela n’est pas important, car nous le faisons pour nos enfants », a précisé Rajcoomar Baichoo. Et depuis, jeudi, tous les cours sont assurés en ligne, que ce soit pour les tout-petits de trois ans ou les plus grands de 15 ans.
Pour Jacques Malié, recteur de la section secondaire d’Orchard Kids, tout n’est qu’une question d’organisation et d’investissement. « Tout est une question d’organisation, de planning. D’où la nécessité d’avoir deux calendriers, l’un normal en présentiel et un autre calendrier de cours en ligne, et de pouvoir basculer immédiatement d’un emploi du temps à l’autre. Il faut un plan A et un plan B », a-t-il dit. Grâce à ce système, a-t-il poursuivi, l’école n’a accusé aucun retard dans le programme et les cours en ligne se passent bien, hormis, quelques soucis habituels d’absence ou d’indiscipline des élèves. « Pour cela, nous sollicitons l’aide des parents.»
Par ailleurs, concernant les élèves les plus nécessiteux, Rajcoomar Baichoo lance un appel aux parents d’élèves pour leur dire de donner un coup de main à la direction afin de leur acheter un ordinateur portable. « Nous avons quelques élèves dans notre école à Triolet qui n’ont pas les moyens pour suivre ce nouveau système, mais nous allons tout faire pour les aider », a-t-il dit. « D’ailleurs, c’est un peu triste, car les perdants dans tout cela, ce sont les enfants les plus nécessiteux. Mais je pense que quand on veut, on peut, et qu’il suffirait que les directeurs d’école puissent communiquer avec les autorités pour faire le nécessaire, car eux ont une liste des personnes à aider», a-t-il conclu.

