C’est une nouvelle année scolaire qui commence pour les élèves fréquentant les écoles privées payantes. Et ce, en dépit du fait que la vice-Première ministre et ministre de l’Éducation, Leela Devi Dookun-Luchoomun, a parlé d’extension de l’année scolaire. Une situation qui s’explique du fait que les écoles privées ont assuré des cours en ligne pendant toute la période de fermeture des écoles, contrairement aux écoles publiques, et qu’elles ont complété leurs programmes. Cependant, leurs demandes pour acheter les manuels pour les différents grades sont démeurées sans réponse depuis la reprise en présentiel.
Les parents dont les enfants fréquentent les écoles primaire privées en voient de toutes les couleurs. Depuis la reprise des classes, le 2 février, leurs enfants n’ont pas de manuels pour travailler. Une mère de famille témoigne des difficultés rencontrées face à cette situation. « Ma fille est rentrée un après-midi en me disant que sa maîtresse avait demandé de télécharger le manuel de sa classe sur le site Web du MIE. Ce que j’ai fait, mais ce n’est pas évident de travailler ainsi. D’autant qu’il y a des devoirs qu’on doit faire dans les manuels directement », dit-elle.
Sollicitée à ce sujet des plus embarrasants, la directrice d’une école privée indique que son institution a pris la décision de faire monter les élèves de classe, car ils ont déjà complété leur année scolaire. « Comme vous le savez, l’année scolaire devait prendre fin en avril. Mais le ministère a décidé de l’étendre, car les enfants n’ont pas eu suffisamment de temps pour couvrir leur programme scolaire. Cela ne s’applique toutefois pas à nous. Car à chaque fois que les écoles étaient fermées, nous avons dispensés les cours en ligne pendant une journée. Nous avons complété notre programme, et même fait les évaluations. C’est pour cela que nous avons décidé d’appliquer la promotion », fait-elle comprendre.
Toutefois, elle concède qu’il y a effectivement un souci au niveau de la distribution des manuels. « Je dois d’abord faire ressortir que les élèves des écoles privées n’ont pas de manuels gratuits, comme c’est le cas pour les élèves des écoles publiques. Cela, en dépit du fait qu’ils sont aussi des citoyens mauriciens. Cependant, ces manuels ne sont pas disponibles en librairie. Il faut les commander auprès des autorités concernées. J’ai envoyé ma requête pour le nombre de livres qu’il nous faut mais je n’ai aucune réponse jusqu’ici. Et nous sommes déjà à un mois de la fin du premier trimestre… », poursuit-elle.
Cette dernière évoque les difficultés que représente une telle situation pour les enfants. Car même s’il y a toujours la possibilité de télécharger la version PDF, ce n’est pas pratique pour les enfants, surtout qu’ils ont des devoirs à faire dans le manuel directement. « Ce n’est pas évident de faire des copies pour tous ces enfants chaque jour », ajoute-elle.
Même si c’est le MIE qui élabore les manuels, l’impression et la distribution ne tombent pas sous sa responsabilité. Le responsable d’une maison d’édition, qui a obtenu le contrat pour l’impression des manuels par le passé, explique que le ministère en commande un certain nombre en fonction de la demande. « Je ne sais pas si le ministère a fait le nécessaire pour renouveler son stock, étant donné que nous ne sommes pas encore à la fin de l’année scolaire », confie-t-il.
Les responsables des écoles privées déplorent aussi le fait qu’ils doivent toujours attendre que la distribution des manuels pour les écoles publiques soit complétée avant de fournir les écoles privées. « Je me suis déjà dérangée personnellement pour aller acheter les manuels et on m’a fait comprendre que je devais attendre mon tour », regrette un responsable d’établissement.
Comme alternative, les écoles privées utilisent entre-temps des manuels réalisés par des maisons d’édition. « Toujours est-il que nos élèves doivent avoir leurs manuels du MIE, puisque nous sommes dans le système national. D’ailleurs, les examens seront basés dessus », laisse-t-on entendre.
PROMOTION EN GRADE 2 : Des parents dénoncent une discrimination
La décision du gouvernement de permettre aux élèves de Grade 1 nés entre janvier et mai 2015 de passer en Grade 2 au prochain trimestre provoque des mécontentements. Des parents, dont les enfants sont nés après mai 2015, estiment en effet que leurs enfants n’ont pas eu droit à un traitement égal. Ils l’ont fait savoir dans une lettre adressée au ministère de l’Éducation.
Ces parents sont ainsi d’avis qu’il n’y a aucune preuve scientifique venant soutenir qu’un enfant né en janvier et mai est plus intelligent qu’un autre né entre juin et décembre. D’autant, font-ils ressortir, qu’ils ont déjà fait trois mois supplémentaires en maternelle, avec le changement de calendrier scolaire.
Les contestataires sont d’avis que seule une évaluation peut déterminer si un enfant est apte à passer en grade supérieur, et non pas sa date de naissance. De plus, ajoutent-ils, leurs enfants n’auront pas la possibilité de passer l’examen du Primary School Assessment Certificate (PSAC) en Grade 5, comme c’est le cas pour leurs camarades nés entre janvier et mai. « Ils seront ainsi doublement pénalisés. »
Ils suggèrent ainsi que les enfants nés entre juin et décembre 2015 aient aussi la possibilité de suivre le programme de rattrapage et de passer l’évaluation pour déterminer leurs aptitudes à monter en Grade 2. Ce qui assurerait alors le même droit pour tous les enfants de Grade 1, indépendamment de leurs dates de naissance.
Une pétition, comprenant une cinquantaine de signatures, a été envoyée à la ministre de l’Éducation hier. Des parents d’élèves ont aussi contacté un avocat dans le cadre de cette démarche.

