Les deux boursières du Chagossian Welfare Fund, Anaelle Tosse et  Géraldine Baptiste, ont été honorées, hier,  lors d’une cérémonie organisée à Pointe-aux-Sables en présence de l’épouse du Premier ministre, Kobita Jugnauth, et du président du Groupe Réfugiés Chagos, Olivier Bancoult. Descendantes de Chagossiens, elles  font la fierté de leur communauté, ayant décroché respectivement un degré en Law and Management et une licence en Français de l’Université de Maurice.

Les deux lauréates étaient très émues. Leurs remerciements, elles les ont adressés non seulement à leurs proches qui les ont ardemment soutenues, mais également au Chagossian Welfare Fund, qui les a accompagnées durant leurs années d’étude. “J’ai connu la misère. Pa ti ena kouran et j’ai étudié à la lueur d’une bougie que tenait ma mère”, a relaté Anaelle Tosse, hier, lors d’une cérémonie organisée au centre communautaire chagossien. Avec le temps, la vie s’est améliorée pour l’adolescente, malgré le décès de son père. Elle explique que sa mère caressait déjà le rêve de la voir décrocher une bourse un jour. C’est à travers le Chagossian Welfare Fund que la jeune fille a pu terminer ses études. Pendant sept ans, l’étudiante a été soutenue par cette organisation. Géraldine Baptiste, les larmes aux yeux, a abondé dans le même sens. “J’ai dû faire avec les moyens du bord”, a-t-elle raconté. Bien que soutenue par son père et sa mère, Géraldine Baptiste dédie sa réussite à sa grand-mère. Le goût des études, elle l’a reçu par cette dernière, décédée,et qui n’a pas eu la chance d’assister à la graduation de sa petite-fille.  Pour l’ancienne élève du collège SSS de Port-Louis, elle a réussi aujourd’hui avec les moyens du bord. “Mais si ou pena volonté ou pa ale lwin”, dit-elle.

L’éducation: un droit et non un privilège

En présence de leurs amis et proches, les deux graduées de l’Université de Maurice ont été récompensées d’un prix de Rs 10 000 chacune. Prix qui leur a été remis par  Kobita Jugnauth.

Dans son allocution, Kobita Jugnauth a salué le “gros travail” abattu par le Chagossian Welfare Fund, qui donne la chance aux jeunes de progresser dans leurs études. “L’accès à l’éducation est un droit pour tous et non un privilège”, a rappelé Kobita Jugnauth, touchée par le récit des deux jeunes femmes concernant leurs études. “L’éducation des jeunes filles permet à la société d’accomplir un grand pas en avant”, devait-elle ajouter.

De son côté, Olivier Bancoult, président du Groupe Réfugiés Chagos, a fait l’historique de l’introduction de l’éducation aux Chagos dans les années 1960 sous la colonisation britannique. Il a exprimé la fierté de la communauté chagossienne d’accueillir deux graduées, qui font grandirle nombre de gradués épaulés par le Welfare Chagossian Fund à onze désormais. “Pa souzestim nou kapasite”, a-t-il lancé.