Le silence pesant de la PSEA suscite des interrogations au sein de l’UIPSE

Les relations entre le management du Mauritius College et son personnel sont arrivées à un point de non-retour. Pour le bien des étudiants fréquentant cet établissement curepipien ainsi que ses membres, l’Union of Private Secondary Education Employees (UPSEE) avait réclamé l’intervention du ministère de l’Education. Un Fact Finding Committee avait par la suite été mis sur pied par la Private Secondary Education Authority (PSEA). Depuis, aucune action n’a été prise. Le Mauritius College prépare déjà la rentrée 2021-22 comme si de rien n’était…

Qui cherche-t-on à protéger ? C’est la question qui est sur toutes les lèvres depuis que la PSEA est entrée dans un mutisme complet concernant le cas du Mauritius College. Ce qu’on sait, c’est que le Fact Finding Committee a déjà soumis son rapport à l’autorité concernée. Le syndicat n’en a toutefois pas obtenu une copie, même s’il était à la base de cette demande.

Bhojeparsad Jugdambi, président de l’UPSEE, explique : « Nous avons en plusieurs occasions demandé une rencontre avec le directeur de la PSEA pour discuter de ce sujet, surtout que la rentrée scolaire est dans moins d’un mois. Notre demande a été ignorée. »

Après plusieurs rappels de l’UPSEE, Shiv Luchoomun, directeur de la PSEA, qui est aussi l’époux de la vice-Première ministre et ministre de l’Éducation, Leela Devi Dookun-Luchoomun, a finalement répondu par écrit. « Il nous a dit qu’il ne pouvait nous recevoir en raison des restrictions sanitaires. Ce qui est farfelu quand on constate que les autobus transportent plus de 60 personnes sans distanciation physique. Il aurait pu au moins recevoir le président et le secrétaire du syndicat. De plus, il nous a fait savoir que nous ne pouvons avoir une copie du rapport du Fact Finding Committee, étant donné que celui-ci n’a pas été rendu public. Alors, qu’attend-t-on pour le rendre public ? N’a-t-on pas utilisé l’argent des contribuables pour cela ? »

Bhojeparsad Jugdambi se demande ainsi si ce rapport recommande la fermeture du Mauritius College. Selon lui, tous les éléments concordent avec celui du collège Stratford, de Quatre-Bornes, contraint à la fermeture par les autorités après les dénonciations de l’UPSEE. « De par mon expérience, je ne serai pas étonné si le comité avait recommandé la fermeture du collège. Ce cas ressemble à celui du collège Stratford, que les autorités ont fait fermer suite aux relations conflictuelles avec le personnel. Pourquoi donc refuse-t-on d’agir dans le cas du Mauritius College ? Cherche-t-on à protéger des personnes ? » dit-il.

Soulignons que dans sa lettre, le directeur de la PSEA indique que les dispositions nécessaires seront prises par rapport au Mauritius College à la lumière des recommandations du Fact Finding Committee. L’UPSEE insiste pour sa part d’avoir une copie du rapport, car étant une partie prenante dans cette affaire. « Cette situation porte préjudice à la centaine de nos membres ayant déposé devant le comité concernant les abus et les malversations dans ce collège depuis une dizaine d’années. » Avec la rentrée prévue dans trois semaines, le syndicat se demande si les menaces, le harcèlement et les révocations se poursuivront en toute impunité.

L’UPSEE veut aussi savoir s’il y aura des sanctions contre le Mauritius College après la tentative de faire transférer environ 200 élèves vers le Lycée Mauricien, sans autorisation. « Cela a-t-il été fait afin de permettre à ce collège d’avoir le nombre d’étudiants requis afin de pouvoir nommer un Deputy Rector et ainsi assurer les arrières de certains en cas de fermeture du Mauritius College ? » se demande-t-il.

Ce dernier invite de fait la PSEA à assumer son rôle et à agir, pour en finir avec cette situation malsaine. Alors que l’autorité se montre silencieuse, dit-il, la direction du Mauritius College prépare la rentrée 2021-22 sans inquiétudes. Il reste aussi à voir, avec les résultats du PSAC annoncés pour la semaine prochaine, si le Mauritius Examinations Syndicate placera des élèves dans cet établissement.