800 recrues annoncées aux primaire et secondaire d’État
Le Grant aux écoles préscolaires toujours pas versé
Après l’exercice d’admission mercredi, les classes ont repris pour tous les étudiants, hier. Si la joie et la bonne humeur étaient de rigueur, l’incertitude planait dans certains écoles et collèges en raison du manque d’enseignants. Les chefs d’établissement seront ainsi appelés à jongler avec le personnel disponible dans l’attente d’un recrutement. Au niveau du préscolaire, les responsables ont été pris de court car l’Early Childhood Care Education Authority (ECCEA) n’a pas versé l’Operational Grant avec l’introduction de la scolarité gratuite annoncée depuis le 1 er janvier 2023.
La reprise des classes pour tous a eu lieu, hier, sous un soleil de plomb. Ce qui augure sans doute une bonne année, car le premier trimestre de 2023 avait été charcuté en raison du mauvais temps avec de nombreux jours de congé forcé, principalement à cause des risques de fortes pluies. Finalement, la répercussion s’est traduite en une réduction de la période des vacances du premier et du deuxième trimestre.
Cependant, le beau temps d’hier n’était pas synonyme de calme dans tous les établissements. Le manque d’enseignants, au primaire comme au secondaire, a donné du fil à retordre aux responsables d’établissement quant à l’organisation des classes. Un responsable d’un collège d’État témoigne ainsi : « les autorités avaient annoncé le recrutement de 400 enseignants depuis juillet de l’année dernière. Or, à ce jour, l’exercice n’a pas été complété. D’après les informations disponibles, ce n’est qu’à la fin de janvier que le recrutement sera finalisé. Il reste maintenant à savoir quand et comment les nouveaux enseignants seront déployés. »
En attendant, ajoute-t-il, il faut composer avec les moyens du bord. Sans compter que les transferts, communiqués à la veille de la rentrée, sont venus y mettre leur grain de sel. « Il faudra bien faire avec. Tout ce que nous souhaitons, c’est que la situation se stabilise avec l’arrivée des recrues », devait-il concéder.
Au primaire, on attend l’arrivée des recrues pour une année scolaire plus sereine. Là également, la vice-Première ministre et ministre de l’Éducation, Leela Devi Dookun-Luchoomun, avait annoncé le recrutement de 400 enseignants. Mais ce qui préoccupe dans ce secteur, c’est l’exercice de promotion au rang de Head Master, qui est en cours et qui pourrait également chambouler l’organisation. Car depuis quelque temps, les enseignants avec 12 années de service peuvent aussi postuler pour ce poste. Auparavant, seuls les Deputy Head Masters (DHM) y étaient éligibles.
Dans les établissements préscolaires privés, la rentrée 2024 aurait dû être effectuée dans la bonne humeur vu que le gouvernement prend dorénavant tous les frais à sa charge. Cependant, deux jours après la rentrée, l’Operational Grant pour le mois de janvier n’a pas été versé. « Cet argent est supposé couvrir le coût des opérations, dont l’achat de matériel. Sans cela, nous ne pouvons aller de l’avant. D’autant que nous ne pouvons plus demander de l’argent aux parents », souligne une responsable.
Ce qui la préoccupe davantage, c’est qu’il ne s’agit pas du seul paiement qui est toujours dû par l’ECCEA. « Nous avions entendu dire que le Grant allait être versé le 10 janvier et cela n’a pas été le cas. Disons qu’il y a eu un petit décalage, car c’est la première fois qu’on va procéder à cet exercice. Mais le plus grave, c’est que l’argent de décembre n’a pas été versé non plus », ajoute-t-elle.
En effet, avant le projet de préscolaire gratuit, les écoles avaient droit à un Grant de Rs 400 par enfant, payable au début de chaque mois. La responsable fait ressortir : « nous avons déjà envoyé tous les papiers et il n’y a aucun changement, puisque c’est le même montant pendant toute l’année. Pour le mois de novembre, nous avons reçu l’argent vers la mi-décembre. Et pour décembre, nous attendons toujours. »
Du coup, poursuit cette directrice, il y a des doutes dans le secteur quant à la capacité de payer les salaires à la fin du mois de janvier : « je me demande si on va se retrouver avec des surprises encore une fois. Je peux bien comprendre que tout ceci est nouveau pour les officiers de l’ECCEA, mais si au moins l’argent de décembre avait été remis, on aurait pu se débrouiller. »
Des responsables des écoles préscolaires souhaitent ainsi qu’il ne s’agit que d’un mauvais départ et que tout rentre dans l’ordre très vite, afin d’assurer une année scolaire sereine.
Leela Devi Dookun-Luchoomun :« Inculquer la notion de l’effort aux jeunes »
La vice-Première ministre et ministre de l’Éducation a visité plusieurs établissements scolaires hier matin, à l’occasion de la reprise des classes. Dans son message adressé pour l’occasion, Leela Devi Dookun-Luchoomun s’est dit satisfaite que la rentrée se fasse dans de bonnes conditions.
« Je suis satisfaite de constater que les enfants sont retournés à l’école le cœur joyeux. Je vois qu’ils sont prêts à travailler et les enseignants aussi sont heureux de retrouver leurs élèves », dit-elle.
Elle a expliqué qu’il est important d’inculquer la notion de l’effort aux jeunes. « C’est une nouvelle année, il faut les aider à prendre les bonnes habitudes dès le départ », ajoute La VPM affirmant que dans le sillage de la réforme de l’éducation, un « gros travail » est abattu pour la remédiation. « Il y a un accompagnement spécial pour mettre ceux qui ont des difficultés d’être on the Right Track. Cela afin de leur éviter d’accumuler des déficits. Les Support Teachers sont en train de faire un très bon travail. Surtout en Grade 4, qui constitue le début de la préparation pour le PSAC. Nous voulons nous assurer que leur passage en Grade 5 et Grade 6 se fasse dans les meilleures conditions », souligne-t-elle.
La VPM et ministre de tutelle est revenue sur la nécessité d’être régulier dans le travail et ne pas attendre la veille des examens. Elle a salué l’engagement des parents dans l’éducation de leurs enfants et l’apport des personnes ressources.
Leela Devi Dookun-Luchoomun a émis le souhait qu’avec le système mis en place au primaire, les élèves aient moins de difficultés au secondaire.

