Le Mauritius Institute of Education (MIE), en collaboration avec la Private Secondary Schools Rectors, Deputy Rectors and Senior Educators Union, a animé un séminaire sur la nécessité d’adapter l’éducation secondaire face aux nouveaux défis. Des propositions seront compilées et soumises au ministère de l’Éducation dans le cadre de la réforme annoncée.
Re-imagining Secondary Education. Tel était le thème de ce premier séminaire, animé par la School of Education du MIE, dans le cadre d’un dialogue avec la profession. Le but étant de proposer une plateforme où les éducateurs, les chefs d’établissements et les autorités concernées peuvent discuter, partager et explorer ensemble de nouvelles approches dans l’éducation.
C’est le secondaire privé subventionné qui a été le premier à engager le dialogue. 70 participants venant de collèges opérant sous la Private Secondary School Education Authority (PSEA), dont des recteurs, vice-recteurs et Senior Educators, ont débattu sur les nouvelles opportunités et les nouveaux défis dans l’éducation secondaire. L’objectif : améliorer la collaboration professionnelle et promouvoir l’excellence éducative.
Pour la Dr Aruna Ankiah-Gungadin, directrice adjointe du MIE, ce séminaire est pertinent étant donné les défis auxquels est confrontée l’éducation aujourd’hui. « Malheureusement, il y a beaucoup de problèmes sociaux qui sont transposés à l’école et qui affectent l’environnement scolaire. Nous connaissons tous les problèmes liés à l’indiscipline, le bullying, la drogue… Nous ne pouvons aborder ces problèmes chacun de son côté. Il nous faut un véritable partenariat entre les policymakers, le MIE et d’autres institutions ainsi que les écoles », fait-elle ressortir.
La directrice adjointe du MIE a relevé la nécessité de travailler ensemble en vue de parvenir à des solutions et de les mettre en pratique. « Il est facile de parler. On parle même beaucoup, mais souvent, ce qui est dit n’est pas toujours traduit dans la réalité, parce qu’il y a un lien qui manque. C’est pour cela que tous les Stakeholders doivent travailler ensemble, en apportant chacun sa contribution à son niveau pour que nous puissions avancer », devait-elle ajouter.
« Ce qui se passe à l’étranger nous concerne aussi. Nous sommes une petite île avec peu de ressources. D’où l’importance de travailler ensemble. Les chefs d’établissement peuvent connaître des réalités que nous ne connaissons pas, mais nous pouvons avoir des solutions pour eux. J’espère que cette collaboration va se poursuivre avec d’autres groupes », indique-t-elle.
Les programmes du MIE à l’intention des enseignants, a mis en avant Aruna Ankiah-Gungadin, sont adaptés régulièrement : « Dès la mise en œuvre d’un nouveau programme, si nous voyons qu’il y a des changements à faire, nous agissons. Outre la formation formelle, il y a aussi des séminaires et ateliers qui sont organisés régulièrement, allant du préscolaire au secondaire et même le tertiaire. »
Par ailleurs, elle avance que l’enseignement traditionnel doit définitivement être revu. « Cela s’applique aussi à nous, au MIE. Nous ne pouvons dire aux autres qu’il faut évoluer sans le faire nous-mêmes. Nous adoptons une approche constructiviste. Nous n’avons pas cette approche de l’enseignant qui sait tout, mais plutôt une collaboration », estime-t-elle.
La Dr Pritee Auckloo, responsable de la School of Education du MIE, a élaboré sur les thèmes abordés au cours du séminaire. « Nous avons quatre thèmes au programme de ce séminaire, soit, School Effectiveness and Learner Success, Home-School-Community Partnership and the Inclusive School, Educational Policies and Practices et Innovation and Future Ready Environment. Tous les participants vont interagir avec le personnel académique de la MIE pour proposer de nouvelles stratégies. Il y a eu des discussions en petits groupes. Ensuite, il y aura les propositions », affirme-t-elle.
La responsable de la School of Education du MIE a évoqué le partenariat entre les différents acteurs du secteur. « Nous parlons souvent de SDG 4 qui est Quality Education. Puis, il y a SDG 17 qui est Partnership for Goals. Souvent, nous oublions de relier les deux. À la MIE on est dans cette démarche de collaboration. Nous voulons mettre les professionnels en contexte et nous aussi, nous devons apprendre des autres. L’éducation doit se faire en partenariat, soit l’école, les parents, le personnel, les institutions, entre autres », poursuit-elle.
Ce séminaire est un premier du genre, a-t-elle ajouté, en espérant qu’à l’avenir, d’autres secteurs soient aussi engagés dans ce processus.
Pour sa part, Vishal Paupiah, président de la Private Secondary Schools Rectors, Deputy Rectors and Senior Educators Union, est revenu sur l’importance d’engager le Management des écoles dans les discussions, car ils connaissent les réalités. « Malheureusement, souvent, dans les réformes, ce sont des techniciens qui ne sont pas dans des écoles qui prennent des décisions. Ils ne connaissent pas la réalité. » De plus, les collèges ont une réalité différente des collèges d’État. « Nous avons voulu réunir nos membres et discuter en vue d’émettre des propositions pour les Policy Decisions à différents niveaux. Que ce soit pour l’enseignement ou le management, entre autres », a-t-il précisé.
Vishal Paupiah a incité le MIE à s’orienter vers d’autres parties prenantes. « Les parents, par exemple, ont un rôle important à jouer, en particulier pour le secondaire. Souvent, les parents accompagnent les enfants au primaire, puis les lâchent au secondaire. Certains ne viennent même pas récupérer les bulletins. Avec tous les problèmes qu’il y a aujourd’hui, nous avons besoin des parents. »
De son côté, le Dr Deenesh Pattur, président du conseil d’administration de la PSEA, a abordé la question de la préparation des élèves pour la vie, et non seulement pour les examens : « Revoir notre système éducatif ne veut pas dire abandonner ce que nous avons. Au contraire, il faut bâtir sur ce que nous avons. »
D’après lui, il y a trois questions fondamentales qui méritent d’être posées dans ce processus : comment créer un environnement d’apprentissage, où chaque apprenant peut réussir ? Comment équiper nos jeunes avec les connaissances, les compétences et les valeurs pour un avenir incertain, mais excitant ? Comment s’assurer que nos écoles demeurent des lieux d’excellence, d’équité et d’innovation ?
Imaginer de nouveau l’enseignement secondaire, a-t-il poursuivi, doit se baser sur la recherche. Il a souligné l’importance de la collaboration et des engagements communs pour le progrès continu. Et ce, avant de mentionner l’OCDE – qui a fait ressortir que les écoles doivent dépasser la transmission du savoir et former des apprenants avec l’esprit critique et créatif.


