Le ministère de l’Éducation a réuni hier, les chefs d’établissement pour aborder la mise en oeuvre du plan annoncé la semaine dernière pour la suite du deuxième trimestre. Le moins que l’on puisse dire, c’est que leur tâche s’annonce difficile avec le nombre de cas recensés chaque semaine et le nombre d’étudiants qui se retrouvent en auto-isolement. Entre-temps la campagne de vaccination se poursuit pour les 15-17 ans. Avec la présence du variant Delta à Maurice, il y a de fortes craintes que le plan de rattrapage soit complètement chamboulé.

Trois jours d’école pour les plus jeunes et quatre jours pour les plus grands. Telle est la stratégie dévoilée par la Vice-Première ministre et ministre de l’Éducation, Leela Devi Dookun-Luchoomun, pour maintenir une présence de 50% de la population estudiantine à la fois dans les établissements. Dans la pratique, les recteurs et les maîtres d’école ont du pain sur la planche pour appliquer le programme de travail et gérer les cas positifs parmi les étudiants.

À titre d’exemple, dans un collège des hautes Plaines-Wilhems, des étudiantes de grade 13 se retrouvent en auto-isolement pour la deuxième fois en un mois. À peine ont-elles repris l’école la semaine dernière, après quatorze jours passés à la maison, qu’elles ont dû repartir en auto-isolement car elles ont été identifiées comme Close Contacts d’un cas positif au sein de l’établissement. Ce qui fait grandir la crainte de ne pouvoir compléter le programme avant les examens, maintenus pour l’heure, pour avril/mai/juin 2021.

Ce qui surprend aussi, dans ce cas précis, c’est le cafouillage sur le nombre de jours où les étudiantes doivent rester en isolement. Dans une circulaire envoyée aux chefs d’établissement vendredi dernier, le ministère informe que pour les étudiants vaccinés, la période est de sept jours, alors que pour les non-vaccinés, c’est quatorze jours. Conformément à cette directive, le management de l’école a informé les parents que les étudiantes devront rester à la maison pendant sept jours.

Or, le lendemain, le ministère de la Santé a envoyé une circulaire, demandant de maintenir les étudiantes en isolement pendant quatorze jours, avec un test PCR négatif comme Exit, pour le retour en classe. Le centre de santé le plus proche de leurs résidences a été communiqué à chacune d’entre elles. Du coup, les parents ne savent plus s’ils doivent suivre la directive de l’école ou de la Santé. De plus, la lettre du ministère de la Santé recommande qu’un parent reste à la maison avec l’enfant en auto-isolement. Ce qui provoque des inconvénients pour ceux qui doivent aller travailler.
Dans certains établissements, les responsables se disent à bout, devant une telle situation. « On passe tout notre temps à gérer les cas de Covid-19. À chaque fois qu’on met un plan de travail en place, tout est remis en question avec de nouveaux cas », confie une rectrice d’un collège privé.

Toujours est-il que le ministère a mis en place un programme afin d’atteindre le nombre de classes nécessaires par semaine pour compléter le syllabus. Ainsi, les grades 7 et 8 auront 27 périodes par semaine, tandis que les grades 9 à 13 auront 36 périodes. Les Split Classes sont maintenues pour les grades 9 seulement. À moins qu’il y ait plus de 20 élèves dans une autre classe.

Le ministère de l’Éducation met également un service psychologique à la disposition des étudiants ayant des difficultés à faire face à cette situation compliquée. Les étudiants concernés ou les parents doivent en faire la demande auprès de la direction du collège.
Dans les écoles primaires, il y a beaucoup moins de pression sur les épaules des chefs d’établissement, car le ministère a décidé d’alléger le programme du Primary School Achievement Certificate (PSAC). Ce qui n’est pas le cas du secondaire, où les examens de School Certificate et du Higher School Certificate s’annoncent une nouvelle fois, dans des conditions très difficiles.