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Une étude effectuée à Maurice en 2016 estime que le coût des violences conjugales s’élève à Rs 2 milliards par an. Ce montant est qualifié de « considérable » par la ministre de l’Égalité des genres, Kalpana Koonjoo-Shah. « Lorsque nous pensons aux victimes de violence sexiste, cela est associé à des coûts élevés au niveau de la santé, les dépenses légales couplées à la baisse dans la productivité, avec des répercussions sur le budget national », avance-t-elle.

Des enquêtes ont démontré que des enfants vivant dans un environnement qui incite à la violence, deviennent des auteurs d’actes violents, a affirmé l’invitée d’honneur à un atelier sur le développement des capacités des Citizens Advice Bureau Organisers à l’élimination de violence sur le genre et organisé par le ministère des Infrastructures. Et la ministre Kalpana Koonjoo-Shah d’ajouter : « Les femmes sont des cibles partout et le nombre de femmes attaquées en ligne est en recrudescence. » Les femmes de toutes les couches socio-économiques sont victimes de violence et si ce problème fondé sur le genre n’est pas maîtrisé, les coûts seront énormes à l’avenir. La violence contre les filles et les femmes, fait-elle ressortir par ailleurs, constitue une menace à la vie, viole les droits humains élémentaires, et demeure un problème de santé et de sécurité. « Nos femmes ont le droit de vivre une vie exempte de toute forme d’abus », laisse entendre la ministre.

Qualifiant la violence sur le genre de « pandémie », Kalpana Koonjoo-Shah indique que de janvier à septembre de cette année, 1 861 cas ont été rapportés à son ministère : « Ce n’est que la partie émergée de l’iceberg, car nous savons qu’énormément de cas ne sont pas dénoncés et que les femmes souffrent toujours en silence. »

De nombreux cas de violences sexistes sont dénoncés dans les Citizens Advice Bureaux à travers le pays. Ceux-ci, parmi d’autres enregistrés ailleurs et perpétrés sur des personnes de différents genres, coûtent une forte somme à l’État chaque année. L’objectif : endiguer ce fléau de société qui touche toutes les communautés.

Par ailleurs, la ministre met en exergue que le non-respect des droits de la Femme, que ce soit en public, privé ou au travail est « fondamentalement la violation des droits humains ». Elle estime que la violence contre les femmes relève du déséquilibre de pouvoirs entre les hommes et les femmes. « La violence à l’égard des femmes à la maison ou au niveau de la communauté détruit la vie des milliers de femmes chaque année. Elle a des conséquences immédiates et à long terme au niveau physique, sexuel ou mental ». Ajoutant que certains actes violents à Maurice mènent à la mort, la ministre explique que des actes violents contre les femmes impactent leur bien-être et les empêchent de participer pleinement dans la société.

Lors de cet atelier, Kalpana Koonjoo-Shah a demandé aux Citizen Advice Bureau Organisers de privilégier une attitude « humaine » lorsque des victimes de violence viennent dénoncer des cas dans les CAB. Et de rappeler l’application mobile « Lespwar », qui permet de dénoncer les cas de violences sur le genre.

Qui plus est, selon le ministre des Infrastructures publiques, Bobby Hurreeram, les officiers des Citizens Advice Bureaux à travers le pays doivent répondre à différentes requêtes dont la violence domestique, la maltraitance des enfants et celle des personnes âgées. « Les CAB Organisers sont encouragés à adopter des normes de qualité lorsqu’ils sont appelés à travailler sur des cas sociaux pour que les clients aient un meilleur service », souligne-t-il.
Par l’entremise de cet atelier de travail, il est souhaité que les Citizen Advice Bureau Organisers soient plus à même à répondre aux questions liées à la violence envers le genre dans les bureaux du CAB.