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En marge de la fête Eid Ul Adha, le Sunniy Ulama & Aïmma Council (SUAC) déplore la décision du gouvernement d’augmenter le prix du kilo de bœuf, qui passe donc à Rs 151. « Se enn dominer anver consomater ki gouvernma ek inportater pe fer », décrie le président du SUAC, l’imam Shameem Khodadin. « Depuis plusieurs semaines, j’ai fait une demande spécifique auprès du gouvernement et autant auprès des élus et députés de foi islamique, pensant qu’ils ont à cœur les intérêts de la communauté et que leurs voix seront entendues. Je trouve navrant qu’aucun d’entre eux n’ait jugé utile de mener ce combat », dit-il.

Au cœur de cette polémique, estime l’Imam Khodadin, « c’est la politique imposée par des importateurs » de bétail. « Je trouve malheureux que le gouvernement ait préféré s’aligner sur les motivations intéressées de ces commerçants au lieu de penser au bien-être des consommateurs… Il est clair qu’avec cette crise sanitaire et les deux confinements successifs, l’an dernier et cette année, la perte des emplois et la situation économique désastreuse, nous pensions que le gouvernement aurait davantage penché en faveur du pouvoir d’achat des consommateurs. Hélas, nous sommes bien déçus. »

Le religieux fait remarquer que « tous les musulmans attendent avec impatience la Eid Ul Adha, qui est l’une des fêtes les plus importantes » du calendrier musulman. « Mais cette année, certainement, bon nombre de musulmans ne pourront s’acquitter de cette responsabilité en vertu du prix élevé du bétail. » L’imam Shameem Khodadin est d’avis que « le Premier ministre peut toujours intervenir, s’il en a la volonté et s’il a à cœur le bien-être » des Mauriciens. « Nu konpran ki lekonomi pei dan pins. Mais ce n’est pas en favorisant le jeu d’importateurs véreux qu’il gagnera la sympathie du peuple. »

Eid Ul Adha sera célébrée durant ce mois de juillet. Cette fête prend ses origines dans le sacrifice d’Abraham pour marquer sa loyauté envers le tout puissant Allah (SWT). A cette occasion, la grande majorité des familles musulmanes de Maurice achètent des parts de bœuf. « Elles sont divisées en trois parties et sont partagées avec la famille et les plus défavorisés », rappelle l’imam Khodadin. « Cette année néanmoins, il y a bon nombre de familles qui ne pourront se permettre de respecter cette tradition et plaire au Créateur. Chaque famille passe par beaucoup de difficultés financières et ils sont nombreux à ne plus avoir de travail, carrément. C’est une situation très triste. »

Le président du SUAC déplore dans la foulée l’augmentation des prix du cabri et du mouton. « C’est tout aussi exorbitant que le bœuf. J’espère que le Premier ministre écoutera la voix de la raison et prêtera une oreille attentive au SUAC. »