La Confédération des travailleurs des secteurs public et privé (CTSP) a adressé dix revendications au gouvernement dans le cadre de la célébration de la Journée internationale du travail décent. À cette occasion, le président de la confédération, Reaz Chuttoo, a tenu une conférence de presse.

Ce 7 octobre, le monde célébrait, pour la 14e fois, la Journée internationale du travail décent. À cette occasion, la CTSP a adressé au gouvernement une liste de revendications, soit dix au total. A savoir : 1) introduire une législation pour régulariser l’installation des caméras de surveillance sur les lieux du travail; 2) Éliminer le contrat mensuel pour les ouvriers dans le secteur de la construction; 3) réglementer les conditions de travail des éboueurs; 4) introduire des Foreign Workers Regulations; 5) régulariser la situation des travailleurs dans les maisons d’accueil; 6) faire de l’embauche des travailleurs mauriciens une priorité; 7) assurer le droit pour un salarié de travailler pour une compagnie concurrentielle après la fin de son contrat de travail; 8) instaurer un Special Leave pour les travailleurs du secteur privé testés positif au Covid-19; 9) empêcher les compagnies étrangères de recruter des travailleurs étrangers et; 10) publier le rapport sur la relativité sociale ensemble avec le prochain rapport du Pay Research Bureau (PRB).
S’adressant à la presse, le président de la CTSP, Reaz Chuttoo, a rappelé que la confédération s’était érigée en 2007 un moment à côté du bureau de poste de Rose-Hill pour démontrer le type de travail qui se pratique à Maurice. Depuis 2007, dit-il, de nouvelles lois pour la protection des travailleurs ont été introduites, « ce qui n’empêche pas la classe patronale de continuer de piétiner les travailleurs dans le secteur privé ».
Parlant des compagnies chinoises qui recrutent des travailleurs népalais à Maurice, il affirme que cette situation n’est pas tolérable. « Si bizin fer Sinwa galoupe depi Moris, nou pu fer li », a-t-il lancé. « Il faut que les compagnies chinoises emploient des travailleurs mauriciens ! »

Au chapitre de la publication du prochain rapport du PRB, il devait faire ressortir que celui-ci « doit être accompagné du rapport sur la relativité salariale pour corriger les anomalies » découlant de l’introduction du salaire minimal. Au cas contraire, « nous saisirons la Cour suprême pour rétablir les faits », a prévenu le syndicaliste.

En ce qui concerne l’objection émise par « certains patrons » pour qu’un travailleur ne puisse pas travailler pour une compagnie concurrente une fois son contrat de travail expiré, il devait se demander : « Kouma bann depite kapav sanz parti politik kouma karapat sanz lisien alor ki dimounn ordiner pa kapav sanz travay kouma li anvi ? »

La secrétaire de la CTSP, Jane Ragoo, a pour sa part lancé un appel au ministère de l’Égalité des genres pour qu’il régularise la situation d’une quinzaine de travailleurs donnant des formations dans les centres communautaires dédiés aux femmes. « Il n’y a pas de conditions de travail pour cette catégorie de travailleurs », a-t-elle insisté.