Photo archive : Agaléga
  • « Injuste et révoltant ! Si nou ti gagn enn bon servis lasante dan Agalega, nou pa ti pou vinn Moris pou gagn tretman medikal », répliquent ces Agaléens
  • À la demande de l’OIDC, l’hôpital avance les dates des rendez-vous médicaux de ces Agaléens

Après avoir été privés de salaire du mois de juin parce qu’ils « auraient refusé », selon l’Outer Islands Development Corporation (OIDC) – leur employeur – de retourner dans leur archipel lors du dernier déplacement du MV Trochetia le 22 juin, des Agaléens ont appris avec consternation au début de cette semaine qu’ils ne percevraient pas des salaires aussi longtemps qu’ils seront à Maurice. Ils sont retournés sur leur lieu de travail après le confinement, mais l’employeur leur a demandé de rester chez eux en attendant le prochain départ du MV Trochétia pour le compte de l’OIDC. Selon nos informations, ce voyage est programmé durant le mois de septembre.

« Nou isi akoz nou lasante », soulignent ces Agaléens, qui ne manquent pas de faire ressortir que c’est à la demande du médecin en poste à Agalega qu’ils ont fait le déplacement vers Maurice. Ils ajoutent que durant leur séjour à Maurice, ils travaillent au bureau de l’OIDC à Port Louis. « Nou al travay toulezour kan nou dan Moris. Me azordi OIDC dir nou ki nou pa pou gagn saler parksi nou pa finn aksepte mont lor bato ki ti pe al Agalega le 22 zwin. Sa desizion la vreman inzist », protestent ces employés. « Ouadir OIDC pe pini nou ! » ajoutent ces employés de l’OIDC.

Selon les renseignements qu’ils ont obtenus en début de semaine auprès des responsables de l’administration à Port-Louis, ils n’obtiendraient pas du salaire jusqu’à leur départ en septembre lors du voyage organisé par l’OIDC. Entre-temps, le MV Trochetia effectuera des voyages pour le compte d’Afcons Infrastructures, le contracteur indien qui entreprend des travaux de construction dans l’archipel.
Autre motif de mécontentement de ces Agaléens privés de leur salaire : l’employeur a demandé à certains d’entre eux cette semaine de se rendre à l’hôpital Jeetoo où ils suivent leur traitement afin de faire avancer leurs dates de rendez-vous médicaux.

Ceux qui s’y sont rendus déjà racontent que les responsables de cet établissement hospitalier ont été quelque peu surpris du but de leur présence. « Zot dir zot pa o kouran e devan nou mem zot vinn apel OIDC ki finn dir zot ki bizin sanz nou dat rande-vou lopital », témoigne l’un d’entre eux qui doit s’y rendre ce vendredi. « Eski anplwayer gagn drwa rant dan nou lavi prive e pou dir dokter se ki zot bizin fer ? » demandent sur un ton indigné ces travailleurs de l’OIDC.
Mais cette suppression des salaires inattendue à laquelle sont confrontés ces Agaléens venus à Maurice pour des raisons médicales soulève, par ailleurs, un problème de fond sur lequel ils attirent l’attention des autorités et des politiciens de tous bords depuis plusieurs années : le manque de facilités médicales dans l’archipel.

Cette fois, exaspérés par la manière de faire de l’OIDC, des habitants disent qu’ils comptent alerter certains organismes au sujet de ce qu’ils qualifient de « non-respect des droits des Agaléens à un bon service santé » alors qu’ils font partie, soulignent-ils, de la République de Maurice. « Ki fer pe tarde pou amelior sistem lasante dan Agalega ? Ziska kan nou pou atann ? Donn nou enn fwa enn bon ti lopital e lerla nou nepli bizin pou vinn dan Moris pou serten maladi kouma diabet ek tansion. Bann politisien fer gran-gran promes apre zot bliye nou !» constatent amèrement ces Agaléens. Devant la sourde oreille des autorités à leurs revendications, des habitants dans l’île envisagent de se tourner vers l’Equal Opportunity Commission et vers la Human Rights Commission pour « dénoncer », disent-ils, « un traitement injuste pour les Agaléens dans le domaine de la santé ».