A Brignoles, dans le Sud-Est de la France, quelque 20 tonnes de cheveux récoltées par l’association Coiffeurs Justes attendent d’être transportées à Maurice. Seul le feu vert des autorités est attendu pour cette opération. Une lettre a été déposée au bureau du Premier ministre hier, mardi 11 août, par l’ONG MRU 2025.

Les cheveux serviront à confectionner des « booms » pouvant contenir le fioul qui s’est déversé dans les lagons du Sud-Est après l’échouement du Wakashio, vraquier drossé sur les récifs de Pointe d’Esny depuis le 25 juillet.

En raison de la fermeture des frontières due à la pandémie de Covid-19, des complications se présentent pour l’importation de ses cheveux dans l’île. « Encore plus de cheveux peuvent être récoltés en France », nous fait comprendre Nirvana Varma, vice-présidente de MRU 2025.

Un appel est ainsi lancé aux compagnies de transport et de fret pouvant aider à acheminer les cheveux récoltés vers Maurice. MRU 2025 est également en contact avec l’International Tanker Owners Pollution Federation, basée à Londres, qui apporte son aide en cas de marée noire notamment.

Pour rappel, une mobilisation citoyenne s’est formée instantanément après la fuite d’huile provenant du Wakashio, le jeudi 6 août. Regrettant les actions jugées tardives du gouvernement, des volontaires se sont mis à confectionner eux-mêmes des bouées faites de pailles et de cheveux, pour empêcher que le fioul ne se répande davantage dans les lagons.

A ce mardi 11 août, le propriétaire du Wakashio annonçait qu’il restait toujours quelque 1 800 tonnes métriques d’huiles lourdes à bord du vraquier. Les autorités poursuivent les opérations d’extraction d’huile alors que l’état du vraquier se détériore. Il pourrait se scinder en plusieurs morceaux, avertissent des experts, qui craignent dès lors une catastrophe écologique sans précédent dans l’île.