Poste de police de Brisée verdière

Le poste de police de Brisée-Verdière temporairement fermé ; 37 membres du personnel en quarantaine

Le sergent Roshan Seedam, du poste de police de Brisée-Verdière, dit craindre pour la sécurité du public dans les régions où il a travaillé. « Nou gagn kontak avek boukou manb piblik. Divan supermarse, labank, lor kontrol routie, nou al Bail and Remand Court tou », a-t-il déclaré au Mauricien par téléphone. Lui et 36 membres du personnel de ce poste de police se trouvent actuellement dans des centres de quarantaine à Grand-Gaube et Belle-Mare. En outre, le bâtiment abritant le poste de police était hier toujours temporairement fermé, le temps d’un exercice de désinfection.

Le policier nous a fait le récit des événements de la semaine dernière. « Une Woman Police Constable (WPC), travaillant à la Prosecution Unit, a été postée à Brisée-Verdière afin de renforcer les effectifs. Elle a travaillé devant les supermarchés et a eu des contacts directs avec au moins 12 policiers. » Comme elle ne se sentait pas bien, elle s’est rendue dans un centre de santé, où elle a été informée qu’elle était positive à la Covid-19. Elle a ensuite été placée sous traitement à l’hôpital ENT et a donné les noms des personnes avec qui elle avait été en contact.

« Samedi, un préposé du ministère de la Santé a appelé un à un les 12 policiers pour les informer qu’ils seront mis en quarantaine. Le lendemain, 25 autres policiers de Brisée-Verdière ont suivi », explique le sergent Roshan Seedam. Ce dernier a fustigé la cellule de communication de la police, qui a déclaré durant le week-end que ces policiers avaient été testés négatifs au test PCR. « C’est totalement faux ! C’est ce matin (lundi, Ndlr) que les 12 policiers du centre de Grand-Gaube ont reçu les résultats des tests. J’ai appris que mes collègues du centre de Belle-Mare n’avaient pas encore été soumis à ces tests à la mi-journée », explique-t-il.

Le policier juge « graves » de telles déclarations. « Ou imazine pe dir oken polisie Brise-Verdier pa pozitif, bann dimounn dan landrwa riske pa pran bann prekosion ki bizin kan tann sa nouvel-la, zot sorti al supermarse, eksetera. » Ce dernier rappelle que les symptômes peuvent apparaître 14 jours après la contamination et qu’ils doivent se soumettre à trois tests PCR. « Nous ignorons pour le moment où la WPC a attrapé ce virus, si c’est à Port-Louis ou à Brisée-Verdière. Il faut faire très attention aux déclarations de la presse. »

Ce dernier, qui compte une vingtaine d’années dans la force policière, dit vivre dans le stress. « Mon équipe est affectée. Nou kit madam, zanfan pou vinn dan sant. Li pa fasil. Nou pa kone si nou ena infekte. Nou gagn kontak ek nou lafami kan nou fini travay. Zot osi zot angwase. Zot dan enn sispans. » Le policier avance qu’il se trouve en isolement dans une chambre sans aucun contact avec l’extérieur. « Bann ofisie lasante met zot gown e zot pa apros ek nou. Mem kan nou pran nou manze, nou sorti enn par enn e nou pran take-away nou rerant dan lasam. Nou mem nou netoy nou lasam, nou met prop. »

Il se dit bien entendu conscient des risques du métier en cette période, et accepte les conséquences. Mais un récent épisode lui est cependant resté au travers de la gorge. Il explique ainsi qu’il s’est rendu au centre de vaccination du Lycée polytechnique de Flacq la semaine dernière avec quelques collègues pour se faire vacciner. « J’avais appris à travers les médias que les frontliners pouvaient se faire vacciner. Sur place, le lundi 15  mars, j’ai vu des éboueurs qui attendaient dans la salle. Le personnel de la Santé m’a alors dit qu’il y avait assez de vaccins pour des policiers, mais que je devais obtenir l’aval d’un supérieur pour cet exercice. »

Le sergent Roshan Seedam a alors discuté avec un inspecteur sur place, qui l’a informé n’avoir reçu aucune liste de policiers. « Pourtant, mes collègues et moi avions envoyé nos noms au Police Headquarter. Finalement, nous avons dû repartir sans nous faire vacciner. » Malgré cela, le policier dit s’être rendu à son travail les jours suivants. « Nou kone nou bann frontliners. Nou travay malgre tou risk ki ena. »

Ce dernier dit néanmoins ne pas comprendre pour quelles raisons « bann ograde dan biro inn fini fer vaksin, alor ki polisie lor terin pe bizin atann ». Il poursuit : « Se bann polisie stasion ki ti bizin gagne priorite akoz se nou ki gagn kontak ar piblik. » Et d’ajouter : « Zot refiz fer nou vaksin. Si enn ant nou al teste pozitif, kisanla pou pran sa blam-la ? ».

Pour rappel, le poste de police de Brisée-Verdière est temporairement fermé. Une équipe de la Divisional Support Unit (DSU) a été placée dans la cour du poste pour répondre à l’appel du public. Les personnes qui souhaitent loger une déposition devront se rendre au poste de police de Lallmatie. Selon les derniers renseignements disponibles, le poste de police devrait être à nouveau opérationnel cet après-midi ou au courant de la soirée.