Le ministre Lesjongard : « Nous voulons être le champion en termes de neutralité carbone parmi les pays membres des SIDS »

Le ministre de l’Énergie, Joe Lesjongard, a déclaré que le dernier budget a signifié l’intention du gouvernement d’accroître à 60%  d’ici à  2030 la production d’énergies renouvelables. Aussi, à partir de cette même année, le charbon ne sera plus utilisé à Maurice pour générer de l’électricité. « Des panneaux solaires seront installés sur l’eau à Tamarin. Le projet sera étendu vers les centrales hydroélectriques pour produire de l’électricité », a-t-il annoncé hier à la CEB Substation de La Tour-Koenig.

« Ce sont des installations qui sont essentielles pour que nous puissions bouger vers une Low Carbon Economy.  Dans ce contexte, la station que je viens de visiter est au fait un système de stockage d’énergie. On dispose d’un petit réseau électrique faisant face à une fluctuation régulière. Puisque la consommation d’énergie est variable sur le réseau, il faut donc des moyens pour régler le problème. Le système de batteries que nous avons visité permettra de stabiliser la situation », a-t-il fait comprendre à la presse.

Le ministre a par ailleurs expliqué qu’une étude commanditée en 2016 avait conclu : « pour que nous puissions avancer rapidement vers les énergies renouvelables, il faudra installer un système de batteries, ainsi qu’un système de contrôle de fréquences pour atténuer la variation d’énergie, et mettre en place un Automatic Generation Control. Au final, il y aura dans le pays six New Battery Energy Storages de 2 mégawatts. Deux sont déjà opérationnels à Henrietta et Amaury. »

Le système qui est opéré actuellement à La Tour-Koenig, Jin Fei, Anahita et Wooton est de quatre mégawatts. « Il faut savoir que lors des débats budgétaires, des membres de l’opposition avaient critiqué le gouvernement en disant que nous sommes en train de cibler 38 mégawatts de Battery Storage, alors que le pays n’est pas encore arrivé à installer dix stations. Je peux dire que nous allons arriver à plus de 18 stations d’ici à novembre. À partir de là et d’ici à deux ans, nous disposerons de 38 mégawatts de Battery Storage », a ajouté Joe Lesjongard.

« Nous avons lancé des appels d’offres pour l’énergie solaire pour trois centrales de dix mégawatts. C’est-à-dire trois fermes solaires de dix mégawatts chacune. En même temps, le nombre de gens qui installent des panneaux solaires sur le toit de leurs maisons augmentera, car ces installations prennent peu d’espace, contrairement aux fermes solaires », a-t-il fait remarquer. Dans ce contexte, le gouvernement dispose d’un projet à Tamarin de deux mégawatts environ.

« Pour la première fois, nous allons faire installer des panneaux solaires sur l’eau pour produire de l’électricité. Ce sera une première à Maurice, et nous allons voir si ce projet sera étendu dans toutes les centrales hydroélectriques. Lorsque nous produisons de l’électricité à partir de l’eau, il faut en effet disposer d’un réservoir. Nous allons donc aussi étudier la possibilité de mettre des panneaux solaires sur les réservoirs pour produire de l’électricité », poursuit-il.

Le ministre a aussi annoncé que le gouvernement a lancé un appel d’offres pour une ferme éolienne. « Nous avons aussi effectué une Request For Information pour les centrales hybrides. Nous avons besoin d’une Base Load  de 8 000 heures par an. D’après mes informations,il y a un intérêt croissant. La vision du gouvernement est claire : d’ici 2030, il faut atteindre 60% d’énergies renouvelables dans le pays. Nous voulons être le champion en neutralité carbone au sein de la communauté des Small Island Developing State (SIDS). Nous allons bouger vers de l’énergie propre et renouvelable », a-t-il rajouté.

Pour réaliser le projet de La Tour-Koenig, le gouvernement a reçu un Grant du Green Climate Fund de l’United Nations Development Programme. « Pour le projet global, nous avions USD 28,3 millions. Nous avons dépensé environ USD 11 millions pour quatre projets », a-t-il dit.

La Road Map de la production d’énergie renouvelable est en voie de révision, « car nous avions d’abord dit que nous allions produire 40% d’énergie renouvelable à partir de 2030, mais nous allons finalement passer à 60% , dit-il en poursuivant : « nous sommes en train de nous donner les moyens en termes de technologies et d’installations pour produire une bonne quantité d’énergie renouvelable dans le pays, et respectivement les engagements pris sur le plan international. Plus important encore : nos mesures permettront de combattre le changement climatique dans le pays et dans le monde. »

Le secteur de l’énergie renouvelable est appelé à devenir un pilier de l’économie, soutient-il. « Elle aura sa contribution en termes de création d’emplois », a conclu le ministre.