Banana chips, pickles, compost, exportation de fruits, objets artisanaux, snacks, agrotourisme… Foods Worth Ltd, basée à La Flora, veut sans cesse étendre ses activités. Elle exploite toutes les composantes du bananier et de la banane, car son principe est de ne rien jeter. Du fruit, en passant par le tronc du bananier jusqu’à la fleur, tout est utilisé. Commercialisés sous la marque Maubon, ses produits – dont les réputés banana chips – sont exportés un peu partout dans le monde.

L’entreprise a su se faire une place au soleil au fil des ans. Atmanand Ved Luchmun, le Managing Director, est satisfait : « Je suis content que mes produits soient appréciés dans le monde entier », dit-il. Ved Luchmun a eu l’occasion de parler de son business lors d’une conférence virtuelle organisée par l’AMCHAM (American Chamber of Commerce) pour valoriser les activités de ses membres. Foods Worth a décroché divers prix à Maurice et dans le monde, incluant l’Africa Best Brand Award en 2019. Car la notoriété des banana chips fabriquées localement n’a cessé de grandir. « J’ai créé le trademark Maubon en me basant sur le créole mauricien et je dois dire que nos employés sont un maillon clé dans le succès de notre entreprise et nous ont permis de décrocher de multiples récompenses. Sans eux, nous n’aurions pas pu progresser », explique Ved Luchmun.

Si Charles Telfair a introduit la dwarf banana à Maurice en 1826, Ved Luchmun prend la décision en 1993 de développer son propre business en donnant de la valeur ajoutée à la banane. Et aujourd’hui, sur les 507 hectares de bananiers à Maurice, Foods Worth en utilise 34%. « En 1993, j’ai voulu faire mon propre business mais sans faire du “copy & paste”. J’ai choisi la banane car personne n’exploitait ce produit pour le développer davantage. Même les “business tycoons” ne s’y intéressaient pas. Nous avons commencé dans un petit bâtiment, on a grandi petit à petit », raconte-t-il.

À l’époque, Ved Luchmun rencontre de grosses difficultés pour trouver du financement afin de faire l’acquisition d’un deep fryer pour frire ses banana chips d’autant que cet équipement coûte très cher. Loin de se décourager, l’entrepreneur construit lui-même un deep fryer que l’entreprise utilisera pendant deux ans ! Foods Worth a démarré avec trois employés comme une micro-entreprise ; aujourd’hui, elle en compte 28 et utilise des équipements modernes pour sa production. « Nous utilisons 20 tonnes de bananes par mois mais nous visons 40 tonnes. Outre les banana chips, nous avons développé les pickles de banane et nous exportons divers fruits et légumes. Avec un bon packaging, nous exportons vers l’Europe, notamment en Angleterre et en France, mais aussi dans les pays du Golfe », fait-il part. Les banana chips sont disponibles en plusieurs versions : orginal, spicy, onion, etc.

Pour répondre à la demande croissante, notamment à l’exportation, Foods Worth doit promouvoir la culture de bananes et de fruits en général. Pour ce faire, elle propose aux planteurs de leur prêter des équipements pour la plantation et en échange, elle rachète leur production.

Mais le principe de Ved Luchmun étant de ne « rien jeter », alors il développe plusieurs autres activités autour des banana chips. Une fois enlevée, la pelure de banane est utilisée pour fabriquer du compost, qui est ensuite utilisé dans les champs. Les feuilles des bananiers intéressent aussi les clients étrangers et l’entreprise en exporte également. Foods Worth vend aussi les fleurs de bananiers aux restaurants. Ils en font des salades car la fleur de bananier est réputée pour ses bienfaits sur la santé, permettant de réguler le cycle menstruel des femmes. Elle est bonne pour les diabétiques et le bon fonctionnement des reins. Elle aide aussi à lutter contre l’anémie et soulage la constipation. La fleur de bananier apaise les ulcères et l’hypertension et renforce l’utérus.

Outre la fleur, l’entreprise fabrique également du jus à partir du tronc du bananier. Ce jus est connu pour ses vertus concernant la perte de poids, les calculs rénaux et la constipation et il est également bon pour les diabétiques. Des produits artisanaux sont aussi fabriqués avec les fibres séchées des bananiers pour être vendus aux visiteurs. Par ailleurs, l’huile qui est utilisée pour la friture des chips de banane est recyclée en bio fuel. « Beaucoup d’entreprises ne savent pas que faire de leurs déchets mais nous recyclons cette huile de friture, nous la filtrons et elle est réutilisée », dit Ved Luchmun.

L’entreprise reçoit régulièrement la visite d’étudiants. Mais ses activités ne s’arrêtent pas là car elle s’est aussi lancée dans l’agrotourisme en ouvrant ses portes aux touristes. Ces étudiants paient un tarif d’entrée pour visiter l’usine, participer à la production s’ils le veulent et ils achètent les produits sur place.