Après des années à avoir évolué dans une firme privée, puis dix ans passés dans l’hôtellerie comme secrétaire de direction et responsable de réservation, avant d’être Housekeeper, Michela Foy a choisi de faire une belle révérence à l’hôtellerie pour devenir agent responsable de l’immigration vers le Canada. Un autre virage à 360° pour se retrouver cette fois à la tête de Secret Hope, son entreprise basée sur le recyclage du papier. Son leitmotiv : récupérer pour mieux créer. Elle a ainsi su démontrer que les matériaux de récupération peuvent aussi avoir leur place dans la décoration. Une idée qui porte ses fruits en attendant la reconnaissance de cet art, relégué au second plan.

Suite au décès de sa mère, Michela décide de se remettre en question en créant, en 2017, Secret Hope. Un démarrage qu’elle considère comme difficile avec, en prime, ce chagrin qui la rongeait avec la perte de sa mère. Ayant à cœur l’environnement, et ce souci de préserver coûte que coûte la nature, elle se lance au Canada, où elle a résidé, dans le tri des déchets. À l’heure actuelle, le surcyclage, voire la technique de l’upcycling, la passionne toujours.

Secret Hope, son entreprise et son nouveau métier depuis cinq ans, est spécialisée dans le surcyclage de papier issu de journaux et de magazines. Michela Foy est ainsi capable de créer des objets à la fois utilitaires et décoratifs, tout en mettant en exergue ses talents d’artiste dans la fabrication de bijoux dont les perles sont… en papier. Pourquoi le recyclage du papier ? À cela, Michela Foy répond que le papier est partout et qu’il est « aussi présent au même pourcentage que le plastique ». Très vite, elle trouve preneur de ces créations auprès des boutiques d’hôtels.

Sa débrouillardise et son sens inné pour le travail des matières malléables, comme le papier, qu’elle transforme en produits recyclés, suscitent l’admiration de tout un chacun. Artiste à sa manière, cette artiste orfèvre surprend par sa technique.

Elle raconte avoir dû quitter le Canada en apprenant que sa mère exigeait un accompagnement pour ses séances de dialyse. Durant ses rares moments libres, Michela en profite pour créer des bijoux naturels travaillés avec des graines de sipaye et de flamboyants. Des anecdotes, elle en a plein la tête. Elle raconte : « Un matin, lors d’un trajet en bus vers Port-Louis, j’ai roulé le ticket autour de mon doigt comme une bague. Il y est resté pendant tout le trajet. En rentrant à la maison, je me suis aperçue que le ticket était toujours là. Alors j’ai décidé de surfer sur le net pour voir comment on pouvait surcycler du papier, et grande a été ma surprise de voir tout ce que l’on pouvait en faire. »

Débute alors l’apprentissage, les différentes techniques de roulage, etc. « Créative dans l’âme et sans emploi, je me suis mise à fond dans cette démarche, soutenue par mon père. J’ai contacté les hôtels pour leur proposer de nouveaux produits écologiques, et ils ont accroché, en particulier le groupe Lux* et le groupe Attitude. Mon père  a été d’une aide précieuse au début, mais malheureusement, lui aussi s’est envolé vers un monde meilleur en septembre 2019. Comme il trouvait que le concept avait une place définie dans le futur, j’ai décidé de continuer malgré les difficultés du moment. »

Upcycling : une deuxième vie aux objets

Désormais orpheline de mère et de père, qui étaient tous deux dialysés, Michela s’accroche à son art, qui est devenu sa deuxième force. Les deux confinements de 2020 et 2021 suite au Covid auront cependant restreint ses activités. La question du changement climatique était d’actualité, tout comme la protection de l’environnement, Michela a alors eu l’idée de se tourner vers le concept de l’Upcycling. Cette méthode consiste à réutiliser des objets ou des matériaux mis au rebut de manière à créer un produit de qualité ou de valeur supérieure à l’original. Donnant ainsi aux objets une seconde vie.

Depuis, Michela conscientise tout un chacun à ne pas jeter de papier, car celui-ci, dit-elle, est réutilisable. Ainsi, une fois qu’elle tient des journaux en main, elle les coupe et les roulent en tiges pour travailler son produit. Une couche de vernis à base d’eau est alors appliquée afin de faire de ses créations des produits plus résistants et qui durent plus longtemps.

Pour positionner son entreprise et la faire décoller sur une base locale avec un branding “Made in Moris”, Secret Hope sensibilise avant tout le consommateur à acheter utile, et à se tourner vers des produits non néfastes à l’environnement. Elle utilise ensuite ses idées avec brio pour offrir une deuxième vie à ces objets qui, en temps normal, finiraient aux ordures.

Pour se positionner en plein Covid, Michela raconte qu’un des aspects positifs liés aux confinements est que tous les artisans se sont mobilisés sur les réseaux sociaux. Ce qui lui a permis d’avoir plus de visibilité au niveau de ses produits et, par la même occasion, de créer des nouveautés dans un concept d’approche original et unique.

Ses créations les plus prisées sont principalement décoratives, comme des paniers à linge, des pendules, des poubelles, des stands à vin, des sous-plats, des sous-verre, des décorations de Noël, des bijoux… « Les plus vendus sont les sous-plats, de modèles différents, la pendule, la boîte à pain et les bijoux en papier. Ma matière première est certes le papier, mais je travaille aussi avec des goupilles, des canettes de bières et des jeans. Des idées cadeaux écologiques pour les fêtes surtout. »

Des idées de recyclage, Michela Foy en a beaucoup dans son escarcelle, avec en tête l’idée de toujours créer pour chaque événement, notamment pour la Saint-Valentin, la fête des mères, la Noël. Secret Hope est située à Pointe-aux-Sables. Les produits de Michela sont présents également au Sofap Eco Hub à So’flo, au Coffee Créa, à Grand-Baie, et sur les réseaux sociaux, comme Facebook (secrethope) et Instagram (secrethope68). De même que sur la plateforme écologique ecomauritius.mu. Son entreprise est aussi présente tous les samedis au Super U (“ground floor”) de Coeur Cap Tamarin de 11h à 18h.

Michela anime aussi des ateliers. Toujours en quête de qualité, elle souhaite que son art accroche tout un chacun et qu’il permette de sensibiliser le public sur le respect de l’environnement.