FoodWise, une entreprise sociale qui lutte contre le gaspillage alimentaire, a marqué une étape importante de son parcours la semaine dernière. Elle a redistribué plus d’un million de repas à des organisations non gouvernementales (Ong) en moins de deux ans. Dans ce contexte, cette organisation a réuni tous ses partenaires, à savoir les “food donors” et les Ong, à l’occasion d’un “get together” au Vivéa Business Park, à Moka, le vendredi 11 septembre. Les membres de FoodWise ont profité de cette occasion pour annoncer leurs projets futurs, à savoir la mise sur pied d’une plateforme web et leur nouveau concept “Rejuice by FoodWise”, visant à recycler des fruits et légumes pour produire du jus.

FoodWise, fondée en 2018, est une entreprise sociale qui lutte contre le gaspillage alimentaire en connectant les surplus et les invendus avec ceux qui en ont besoin. Cette organisation sociale agit comme intermédiaire entre des entreprises qui produisent des surplus alimentaires et des Ong qui œuvrent pour les personnes issues de milieux défavorisés.

Elle est aujourd’hui composée d’une équipe de huit personnes à plein-temps ainsi que de plusieurs stagiaires et d’une trentaine de bénévoles. Parmi les produits qui sont redistribués il y a des produits secs, des boissons, des produits laitiers, des fruits et légumes, des repas cuits, du poulet et du poisson.

« Un grand “milestone” ». C’est en termes que l’entreprise sociale FoodWise qualifie le record de plus d’un million de repas, plus précisément 1 281 960 repas, redistribués par elle et ses partenaires en moins de deux ans. Au total, 320 490 kilos de nourriture ont pu être sauvés grâce à FoodWise, depuis sa création en 2018. Pour marquer cet événement important, FoodWise a réuni tous ses partenaires, à savoir plus de 145 entreprises et 128 Ong pour une célébration qui s’est tenue au Vivéa Business Park, le 11 septembre. Parmi les 145 entreprises que FoodWise appelle ses “food donors”, il y a des distributeurs comme Innodis, Scott, IBL Sea Food, Panagora, Phoenix Bev ou QBL, des hôtels comme LUX*, Beachcomber, Attitude, Véranda ou Southern Cross, des supermarchés comme Winner’s, Super U ou Jumbo, des “caterers” comme La Potinière, la Clef des Champs ou Niky Foods, des restaurants comme KFC ou Mc Donalds, et finalement des producteurs comme ENL Agri, Le Fraisier de Curepipe ou les Vergers de Labourdonnais. Concernant les Ong, FoodWise collabore avec celles s’occupant des enfants défavorisés comme Future Hope, Association des Amis de Don Bosco ou Safire, des Ong s’occupant des familles en situation d’extrême pauvreté comme le Groupement Social de Souillac, ADRA ou Outgrowing, des écoles comme Mahébourg Espoir, Ti Rayons Soleil ou RCA Case Noyale, des “shelters” pour femmes battues ou alcooliques comme Chrysalide, SOS Femmes ou Passerelle, et la liste est longue.

La fête s’est déroulée dans une ambiance familiale et authentique. Selon les membres exécutifs de cette organisation, la création de cette chaîne d’acteurs mobilisés et engagés dans la lutte contre le gaspillage et l’insécurité alimentaire à Maurice a permis de sauver plus de 300 000 kg de produits invendus pour les redistribuer à des personnes n’ayant pas suffisamment à manger. La directrice de FoodWise, Rebecca Espitalier-Noël, devait indiquer que tout cela a été réalisé avec très peu de moyens. Elle explique que pour chaque roupie donnée à FoodWise, Rs 14 ont été reversées à la société, et seulement Rs 2 millions dépensées en coûts opérationnels et administratifs depuis sa création en 2018, environ Rs 28 millions en valeur de produits alimentaires qui ont pu être redistribués en retour. « Cet effet multiplicateur est dû à notre modèle. En agissant comme pont entre les entreprises qui ont des surplus alimentaires et les Ong œuvrant pour le bien-être des familles défavorisées, nous permettons que l’impact soit décuplé », fait-elle ressortir.
Les raisons pour lesquelles FoodWise redistribue ces aliments sont : aide humanitaire, un surplus de produits, la date d’expiration trop proche, la qualité qui risque de se détériorer, entre autres. « La suite pour FoodWise c’est trois choses. D’abord, être encore plus efficiente dans notre modèle, notamment en le digitalisant.

Deuxièmement, aller plus loin dans notre transparence sur l’utilisation et l’impact de vos dons qu’ils soient financiers ou en nature. Aujourd’hui, pour chaque roupie ou aliment que vous nous donnez, nous faisons tout pour que vous sachiez exactement où cela est parti grâce aux visites qu’on vous propose d’assister, aux reportings d’impact et photos qu’on vous envoie, aux “posts” sur les réseaux, et nous voulons aller encore plus loin dans cette dynamique. Troisièmement, continuer notre chemin pour devenir une entreprise sociale qui est autonome financièrement et peut utiliser ses profits pour grandir et avoir plus d’impact », ajoute Rebecca Espitalier-Noël.

« Si l’excuse était la célébration, le vrai but de l’événement était de partager, de se rencontrer et d’apprendre », ajoute pour sa part Aliya Chojoo, en charge de la communication et de l’organisation de cet événement chez FoodWise. Pour sensibiliser les acteurs sur la cause, le buffet était complètement composé de produits recyclés et retravaillés grâce à La Potinière. D’autres ateliers, animés par des volontaires et l’équipe de FoodWise, comme un jeu de fléchette ou un atelier de “tasting”, étaient au rendez-vous.
FoodWise a aussi profité de cette occasion pour annoncer ses projets futurs.

Cette organisation sociale est gérée par une équipe de jeunes qui veulent continuer d’innover et ne comptent certainement pas s’arrêter là. « Afin d’amener encore plus d’efficience et de transparence dans notre système, nous développons avec l’aide de la compagnie Accenture une plateforme web pour gérer les surplus alimentaires en temps réel. Ce projet devrait voir le jour d’ici la fin de l’année », explique Aurélia Desmarais, responsable des opérations chez FoodWise. Un nouveau concept est aussi à l’agenda. Le projet “Rejuice by FoodWise” est un bar à jus réalisé à partir de fruits et légumes qui ne peuvent être vendus pour des raisons esthétiques. Ce bar sera ouvert bientôt à Bagatelle.