Une masse visqueuse flotte sur l’eau alors que généralement en cette période, l’eau est rose et claire

Les mois d’octobre et de novembre marquent la période de reproduction des coraux. À Blue-Bay, où il y a un parc marin, ainsi que dans les régions avoisinantes, l’eau devient rose à cette époque. Toutefois, hier matin, des habitants de la localité ont noté un changement dans l’apparition de ce phénomène : l’eau était visqueuse et opaque, alors qu’elle est généralement claire. Ils se demandent ainsi s’il s’agit d’une conséquence de la pollution créée par le naufrage du Wakashio.

Lors de la reproduction des coraux, le reflet bleu de la mer cède la place à une couleur rose, voire fuchsia. C’est un spectacle que de nombreux Mauriciens vont voir chaque année à pareille période du côté de Blue-Bay. Or, cette année, la transition est loin d’être aussi spectaculaire. Elle serait même inquiétante, selon des habitants de la région. L’un d’eux témoigne : « Hier matin, nous étions avec des scientifiques d’une ONG dans la région de Pointe-Jérôme, et nous avons été surpris de voir que l’eau n’était pas rose, mais opaque et visqueuse. D’habitude, elle est rose et claire à cette période. »

Ce dernier se demande ainsi si c’est l’effet de la marée noire occasionnée par le Wakashio. Il ne cache pas non plus ses craintes par rapport à la qualité de l’eau. « Nous avons pris un bâton et nous avons essayé de soulever cette masse visqueuse qui flottait sur l’eau. Elle s’est enroulée autour du bâton. Cela ressemblait à de la peinture à l’huile qui commençait à sécher. C’était très bizarre. Cela fait des années que j’habite dans cette région et l’eau a toujours été rose et claire pendant la reproduction des coraux. »

Notre interlocuteur demande ainsi aux autorités de rendre publiques les analyses de la qualité de l’eau. « Ce phénomène nous pousse à nous poser des questions. Y a-t-il des résidus d’huile sur les coraux ou dans l’eau, qui fait qu’elle n’est pas claire comme elle aurait dû l’être ? Nous avons le droit de savoir. » Ce dernier estime d’autant plus important de jouer la carte de la transparence que lors d’une réunion, le 23 octobre dernier, les autorités avaient laissé entendre qu’elles envisageaient de rouvrir les plages de Blue-Bay et Pointe-d’Esny.

Sollicitée à ce sujet, Céline Miternique de Reef Conservation, dit avoir pris connaissance de cette situation. Toutefois, elle affirme que l’ONG n’est pas en mesure de fournir une explication à ce stade. « Reef Conservation n’a pas fait de prélèvement à Pointe Jérôme, donc nous ne pouvons dire pour le moment s’il s’agit d’huile ou si c’est dû au fait que les coraux ont été stressés. Il faudra que les autorités responsables fassent les analyses nécessaires. »

Il nous revient que des prélèvements ont été effectués par le Centre de recherche d’Albion pour des analyses.