Construire un meilleur avenir pour nos enfants. Telle est la principale motivation de Nicolas Bourgault, pilote de profession chez Air Mauritius, qui s’est reconverti depuis peu en écoentrepreneur. Directeur de sa start-up New Ways Solutions, spécialisée dans les systèmes de récupération d’eau pluviale et d’eaux grises, il sillonne l’île pour tenter de sensibiliser les gens autour de lui sur l’importance de ne pas gaspiller l’eau et l’énergie, et de diminuer de facto notre impact sur la planète. Rencontre.

Pour ses 13 ans de carrière en tant que pilote d’avion, Nicolas Bourgault garde bien les pieds sur terre. Persuadé que ce sont les petits gestes qui peuvent aider à faire bouger les choses, il a décidé de fonder son entreprise écoresponsable et surtout d’ouvrir le débat sur l’énergie à Maurice, dans nos foyers. C’est après avoir été placé en congé sans solde pour cinq ans, avec 18 autres pilotes d’Air Mauritius, que l’aventure de New Ways Solutions a commencé. «Je sentais déjà venir cette nouvelle, car j’étais parmi les derniers pilotes à avoir rejoint l’équipe et j’ai commencé à réfléchir sur ce que je pouvais faire», nous raconte-t-il.

Système de plomberie plus intelligent

En effet, Nicolas Bourgault rejoint l’équipe d’Air Mauritius en 2016 après avoir travaillé pendant de longues années en Zambie et plus récemment en Chine. «Ma famille et moi avions bougé pour la Chine lorsque j’ai commencé à travailler pour Air Macau, mais cela ne nous convenait pas, l’environnement était totalement différent et ce qui nous avait surtout marqués là-bas, c’était le taux élevé de pollution. Je me souviens un jour, nous avions dû faire face à un nuage rouge à Pékin et c’est fou de polluer autant au point de ne pas pouvoir respirer», se souvient-il.

C’est à ce moment-là que survint le déclic. «Je me suis rendu compte que notre façon de vivre n’était pas correcte.» Et c’est aussi à ce moment-là, en 2016, qu’il devient papa. «C’est quand je suis devenu papa pour la première fois que j’ai commencé à participer activement à changer nos moyens de vivre pour nos enfants.» De retour au pays, «pour servir son pays après toutes ces années à l’étranger», il connaît de plein fouet la pandémie. «Bien avant le Covid, j’avais envie de faire quelque chose pour améliorer notre système actuel, mais ce n’était pas concret.» C’est donc en novembre 2020 qu’il décide de créer sa propre entreprise, spécialisée dans le système de récupération d’eau pluviale et d’eaux grises, soit les eaux usées domestiques faiblement polluées, par exemple eau d’évacuation d’une douche ou d’un lavabo. «Je n’avais aucune expérience, mais j’ai décidé de me lancer.»

Grand bricoleur, c’est chez lui que Nicolas Bourgault commence à mettre en place le prototype de ce système de récupération d’eau de pluie et d’eau grise, soit de l’eau des douches. «J’ai toujours beaucoup bricolé avec mon papa quand j’étais petit et quand je suis rentré au pays, et à l’achat de ma nouvelle maison, j’ai beaucoup expérimenté et testé. J’ai donc testé cette plomberie un peu plus intelligente», dit-il. «Il existe plusieurs moyens pour aider la planète, mais j’ai identifié moi à mon niveau quelques aspects dans nos modes de vie que l’on pouvait changer pour soulager notre île, notre planète.»

Nicolas Bourgault, saluant au passage le travail des employés de la CWA et du CEB, se rend vite compte de la quantité d’eau qui est gaspillée par jour… rien que dans les toilettes. «J’ai donc bricolé un système de récupération d’eau grise, qui sert à réutiliser l’eau de douche du soir, à la filtrer et à la renvoyer dans les toilettes.»

« Prendre soin de la nature, c’est prendre soin de nous »

«Je fais une économie de 30 000 litres d’eau par an», dit-il. «Cela représente une piscine par personne et je me suis rendu compte qu’au final on gaspillait beaucoup plus d’eau en tirant la chasse d’eau qu’en se douchant.» «L’on ne se rend pas compte, à Maurice, que nos ressources s’épuisent et que nous importons une bonne partie de notre énergie. C’est quand j’étais en Afrique que je me suis rendu compte de l’importance d’économiser l’eau et l’électricité», se souvient Nicolas Bourgault. «Lorsque j’étais en Zambie, je me souviens de la grande pénurie d’eau et où pendant deux ans la saison des pluies était très mince. Et cela avait affecté le barrage hydroélectrique de Kariba. On manquait d’électricité, et l’on ne pouvait plus rien faire : ouvrir le portail électrique et garder la nourriture au réfrigérateur. Il fallait absolument changer nos modes de vie. Et pour continuer nos activités, j’avais fait une installation solaire.»

Nicolas Bourgault espère ainsi que les Mauriciens commencent à prendre conscience de leur rôle à jouer dans la préservation de cette planète commune. «Aujourd’hui encore, le développement de l’humanité est basé sur une croissance infinie. Notre population double tous les 30 ans et nous consommons, chaque année, bien plus de ressources que la nature puisse nous offrir. Il est temps de prendre conscience, sans culpabiliser, que nous pouvons changer nosways chacun à notre échelle et soulager l’impact de notre civilisation sur notre belle planète. Prendre soin de la nature, c’est prendre soin de nous… et ça fait du bien. J’aimerais aussi ajouter que parmi les initiatives du moment qui visent, cette fois à plus grande échelle, à rendre Maurice plus autonome et durable, il y a une compagnie en particulier qui a retenu mon attention. Il s’agit d’une start-up qui s’appelle True Tesla Technologie, qui a eu l’idée de harnest l’énergie des rivières qui descendent des hauts plateaux vers la mer en utilisant de petites turbines hydroélectriques. Leur projet phare est en phase finale d’approbation et aura lieu sur Rivière Tamarin. En tant qu’enthousiaste de l’environnement et de l’énergie, je trouve cette solution super smart et espère la voir prospérer», conclut-il.