« Le risque d’accident en mer causant une marée noire dans les eaux mauriciennes reste élevé ». C’est ce qu’a déclaré, hier, le vice-Premier ministre et ministre des Administrations régionales, Anwar Husnoo, à l’ouverture d’un séminaire de trois jours sur l’ Oil Pollution Preparedness, Response and Co-operation (OPRC) à l’hôtel Labourdonnais. Cette formation est une initiative du ministère de l’Economie bleue, des Ressources marines, de la Pêche et de la Navigation, en collaboration avec l’International Maritime Organisation (IMO)
Le VPM Husnoo a expliqué que quelque 40 000 navires croisent chaque année dans les eaux de la république, d’où le risque de marées noires. Aussi, rappelle-t-il, le gouvernement a sollicité l’assistance de plusieurs pays et organisations pour la formation de différents organismes locaux chargés de l’application de la loi en cas de déversements d’hydrocarbures.
De même, il est revenu sur l’épisode de l’échouage du MV Wakashio, qui avait provoqué « une catastrophe écologique sans précédent, impactant la flore et la faune, l’industrie du tourisme et les moyens de subsistance des pêcheurs ». Ce qui a permis, selon lui, d’ouvrir les yeux des autorités et de renforcer la gouvernance existante, ainsi que les mécanismes institutionnels et opérationnels, « pour mieux gérer et diriger les futures crises et urgences dans des environnements dynamiques et complexes ».
Rappelant l’étendue de la zone économique exclusive du pays, Anwar Husnoo a affirmé que le gouvernement fera tout son possible pour prendre des mesures en vue de renforcer la capacité de préparation, de prévention et de réponse aux déversements d’hydrocarbures dans nos eaux. Il a ensuite saisi l’occasion pour remercier l’IMO pour l’aide apportée dans le cadre du Programme intégré de coopération technique ainsi que pour son soutien continu.
Le ministre a ensuite mentionné les différents cours de niveau 1 et 2 de l’IMO, suivis par des responsables mauriciens, et concernant la pollution par les hydrocarbures, la préparation et la réponse.
Il a également souligné que le renforcement des capacités et la formation sont « essentiels pour sauvegarder la vie des citoyens », mais aussi « les fonctions vitales de l’économie et les moyens de subsistance des personnes ». Il est ainsi d’avis que cette formation contribuera à améliorer les connaissances des participants afin de mieux comprendre les complexités de la gestion et de la réponse aux déversements d’hydrocarbures, et ce, tout en tenant compte des pressions politiques et médiatiques, des implications juridiques et financières, de la réaction du public et de la sécurité du personnel.
La convention OPRC est entrée en vigueur à Maurice le 2 mars 2000. Ses principaux objectifs sont de faciliter la coopération internationale et l’assistance mutuelle dans la préparation et la réponse à un incident de pollution marine, et d’encourager les différentes parties à développer et à maintenir une capacité adéquate pour faire face aux hydrocarbures.
L’objectif de la formation de niveau 3 de trois jours est d’améliorer les compétences des principaux gestionnaires et administrateurs, des commandants sur place et d’autres parties prenantes sur la gestion sûre, efficace et efficiente de la pollution par les hydrocarbures. Les questions à discuter au cours de la formation comprennent le plan national d’urgence en cas de déversement d’hydrocarbures, la gestion de crise, les relations avec les médias, ainsi que les réclamations et indemnisations liées à la marée noire internationale, nationale et locale.
Le coup d’envoi du séminaire a été donné par le ministre des Administrations régionales en présence de son collègue de la Pêche, Sudheer Maudhoo.

