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La décision du ministère de l’Éducation d’organiser les examens du Primary School Achievement Certificate (PSAC) et du National Certificate Examination (NCE) à partir du 30 mars n’est pas favorablement accueillie par tous les parents. Beaucoup se demandent s’il n’aurait pas été mieux d’attendre que la situation se stabilise afin que les enfants puissent passer ces épreuves dans les meilleures conditions. De plus, de nombreuses questions subsistent sur des aspects pratiques, notamment par rapport au transport et aux préparatoires pour “Art & Design”, qui n’ont pu être complétés à l’école.

Inquiétude. C’est le sentiment qui habite de nombreux parents dont les enfants doivent passer les examens du PSAC et du NCE dans quelques jours. Ces épreuves étant de dimension nationale, beaucoup se demandent s’il n’était pas plus avisé d’attendre que la situation se stabilise et de les reprogrammer. Une maman habitant la zone rouge témoigne ainsi : « Je pense que c’est un peu hâtif de maintenir le NCE pour le 30 mars, alors que nous sommes encore dans une situation de crise sanitaire. Même si le ministère a annoncé un certain nombre de mesures, les risques existent toujours. Comment peut-on empêcher des enfants de se parler ou de se toucher ? Moi-même je travaille dans un collège et je peux dire que ce n’est pas évident. »

Au-delà des risques pour les enfants, il faut aussi penser aux grand-parents à la maison, ajoute cette dernière. « Selon moi, rien ne presse car ces examens sont organisés à Maurice. Attendre que la situation s’améliore aurait aussi permis aux enfants de passer ces examens dans de meilleures conditions. Il y en a qui ne peuvent pas gérer le stress et pourraient être déstabilisés. De plus, on ne sait comment le système de transport sera organisé et certains pourraient être pénalisés. »

Etant elle-même responsable de grade 9 dans son collège, notre interlocutrice évoque également les difficultés par rapport à l’épreuve d’Art & Design. « Les élèves n’ont pu terminer leurs préparatoires qui devaient être faits à l’école sous la supervision de leur professeur. Car ils avaient encore des classes avant d’aller en congé de révision. » En effet, dans les instructions envoyées aux collèges pour la tenue de ces examens, le Mauritius Examination Syndicate (MES) précise : « Candidates should work under the guidance of their respective Art & Design Educator regarding the choice of question and appropriate choice of materials and processes at the start of the preparatory period. All preparatory work should be authenticated by the Art & Design Educator and should bear the seal of the school at the back of the sheets. »

Une autre question qui se pose, c’est la décision de permettre aux étudiants d’entrer et de sortir de la zone rouge. « Il n’y a pas de cohérence dans ce qu’on dit », déplore une autre maman, dont le fils devra se rendre en zone rouge pour passer ses examens. « D’une part, on délimite une zone rouge et on y restreint l’accès et d’autre part, on dit aux étudiants, venez passer vos examens dans la zone rouge. Il faut savoir ce qu’on veut. » Au-delà de l’organisation et de la tenue des examens, ajoutent ces parents, il faut penser au bien-être de l’enfant avant tout. Et dans de telles conditions, on peut se demander si c’est vraiment dans l’intérêt des enfants de maintenir ces examens dans de telles conditions.
Rappelons que le NCE se tiendra du 30 mars au 8 avril et le PSAC aura lieu les 6, 7 et 8 avril.