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La violence contre les filles et les femmes est l’un des plus graves problèmes de la société. Elles sont des milliers à subir différents types de violence chaque jour. D’ailleurs, les chiffres dévoilés par Statistics Mauritius en juillet démontrent l’ampleur de la situation. En 2019, 2 222 cas de violence domestique avaient été enregistrés par le ministère de l’Égalité des genres et 85,9% de ces cas étaient contre les femmes. Une telle situation, qui ne diffère pas des autres pays, pousse l’Université de Maurice à lancer un “call for papers” ayant pour titre “Innovative Best Practices to Prevent Violence Against Girls and Women in Africa and Africa Diasporas”.

Cette initiative du professeur John Stanfield, SSR Chair of African Studies et directeur de l’Institute for Advanced Study of African Renaissance Policies Ideas, devra déboucher sur un modèle pour lutter contre la violence sur les filles et les femmes en Afrique. « La violence est un problème terrible et nous devons la combattre. Ce n’est plus le temps des cosmétiques. On ne peut pas, en tout temps, se réunir et se plaindre de ce qui se passe. Nous devons trouver un modèle pour résoudre ce problème », explique le professeur assis à son bureau à Ébène. Son objectif à Maurice est de créer un centre mondial Afrique/Asie pour la justice et la paix, qui mettra l’accent sur la prévention de la violence sur les jeunes filles ainsi que sur les femmes.

Ainsi, ce “call for papers” débouchera sur un processus de six mois qui consiste à rencontrer les gens de toutes les communautés, les Ong, les politiciens et les hommes d’affaires. « Nous allons enrichir nos discussions et d’ici six mois nous aurons notre propre modèle », a indiqué le Pr John Stanfield. Les résumés des articles doivent être soumis le 21 août et les papiers finaux, le 15 janvier 2021. Il est d’avis que le modèle de l’ouest « ne pourra pas marcher à Maurice », d’où l’importance d’avoir son propre modèle, qui pourra ainsi devenir un exemple dans le monde dans la lutte contre la violence basée sur le genre.
Pour lutter contre ce grave fléau de la société, le professeur valorise aussi la contribution des hommes. Si les filles et les femmes sont malheureusement celles qui subissent le plus de violence dans la société, il estime que ces dernières ne doivent pas être les seules à trouver des solutions à ce problème qui perdure depuis des années. « Nous devons aussi inclure les hommes dans cette lutte et pas uniquement les femmes et les filles, car c’est un problème de société. Nous avons vu que ce sont plutôt les femmes qui sont concernées par ce problème mais nous mettons souvent de côté l’homme alors que ce dernier a aussi son rôle dans le combat contre la violence. Nous ne pouvons parler des droits humains si on ne réunit pas tout le monde. Que ce soit les nations qui sont dominées par les hommes, chaque personne doit être impliquée », dit-il.

Le professeur, dont la spécialité est la sociologie, se demande comment les enfants peuvent jouer ensemble lorsqu’ils sont petits mais lorsqu’ils deviennent adultes, ils développent une personnalité très différente. Pour lui, « il faut éduquer et changer cette mentalité de dominer l’autre ».

Autre fait ressorti par John Stanfield est la violence basée sur le genre. Les problèmes liés au genre, dit-il, l’ont toujours concerné. Pour lui, il est « inacceptable » qu’il y ait encore de la violence qui se fait sur l’être humain. Cette observation, il l’a faite à travers ses différentes visites dans le monde. À travers, ce “call for papers”, il espère que le modèle qui sera trouvé permettra d’endiguer la violence basée sur le genre.
En tant que Capacity Building Sociologist en Afrique, John Stanfield a travaillé sur plusieurs sujets sociaux. Passant la plupart de son temps en Afrique du Sud et un détour en Éthiopie, au Rwanda et au Botswana, il constate que la violence contre les filles et les femmes est un problème dans tous ces pays, outre Maurice. Il s’étonne également que certaines femmes professionnelles soient victimes de violence lorsqu’elles sont chez elles mais ont peur d’en parler. Pour lui, il est « important de créer un environnement de confiance pour que ces femmes puissent en parler sans qu’il y ait des répercussions ».
Le professeur John Stanfield est à l’université de Maurice depuis l’année dernière en tant que SSR Chair of African Studies. Son but est de rendre l’UoM une “thoughtful place” sur des sujets de société qui affectent les Africains comme les Asiatiques.