Le programme de « catch and kill » des chiens à Maurice inquiète le Royaume-Uni. En ce sens, une lettre a été envoyée par Lisa Cameron, membre du parlement du Royaume-Uni, au Premier ministre, Pravind Jugnauth, pour que ce programme soit remplacé par un autre qui soit soutenable et en ligne avec le Worldwide Veterinary Service.

En tant que présidente de l’All-Party Dog Advisory Welfare Group du Royaume-Uni, Lisa Cameron fait un suivi de la correspondance envoyée par l’International Animal Welfare and protection Coalition (IAWPC) en février dernier au sujet de la politique de « catch and kill » des chiens. Sa lettre était motivée par les nombreuses demandes des organisations mondiales, qui ont demandé que ce programme soit remplacé par un qui soit soutenable et qui soit en ligne avec le Worldwide Veterinary Service. Selon elle, le WVS a un bilan mondial dans le contrôle de la population canine. « J’aurais apprécié que cette offre soit prise en considération, tout comme les inquiétudes exprimées par des organisations de protection des animaux et les membres de l’All Party Dog Welfare Advisory Group au parlement du Royaume-Uni », dit-elle.

Une lettre avait d’ailleurs été envoyée au ministre de l’Agro-industrie, Maneesh Gobin par Les Ward, président de l’IAWPC, pour soutenir le gouvernement dans le contrôle des chiens. Des propositions ont été faites au ministre suite à sa rencontre avec l’Animal Welfare Coalition of Mauritius (AWCM) et l’Animal Lovers Mauritius (ALM).

La première proposition de l’IAWPC est de réformer la Mauritius Society for Animal Welfare. Selon cette coalition, les actions entreprises par la Mauritius Society for the Animal Welfare a porté un coup sur le gouvernement et la réputation de Maurice en tant que destination touristique. « Elle est devenue une organisation décrédibilisée et la seule façon de commencer à essayer de rétablir la confiance dans cette institution, si c’est réalisable, c’est de mener un examen de tous les aspects de la MSAW, conduisant si nécessaire à une réforme “en profondeur” », note cette association. L’IAWPC se dit prête à entreprendre ou à participer à « l’examen » initial, à l’issue duquel des recommandations seront soumises au gouvernement pour être étudiées.

Une révision de l’Animal Welfare Act 2013 est aussi recommandée par l’IAWPC. « L’Animal Welfare Act 2013, un autre élément clé du bien-être et de la protection des animaux à Maurice, doit également être révisée pour voir si elle correspond aux meilleures pratiques ou si elle doit être mise à jour », écrit Les Ward. Un Implementation of a National Comprehensive Humane Dog Management Programme est également suggéré par la coalition.

L’IAWPC espère que des discussions approfondies seront engagées avec le gouvernement mauricien. Et demande s’il est permis de visiter Maurice pour une enquête par un petit groupe de personnes. L’IAWPC avance que dans les pays où ces programmes ont été mis en place, le nombre de plaintes, de morsures ou d’accidents de la route a diminué. « Les coûts de contrôle des chiens sont également réduits, car le programme s’attaque à la situation/au problème à la source. Par conséquent, l’IAWPC reste prête à apporter ses connaissances et son expertise pour aider le gouvernement et la population mauricienne à résoudre le problème », dit la coalition. Les Ward avance qu’une équipe de WVS peut effectuer le déplacement à Maurice pour la mise en place du National Comprehensive Humane Dog Management Programme. Le WVS s’engage à stériliser, vacciner et intégrer des puces électroniques dans 80 000 chiens dans les 12 premiers mois.

Depuis que la lettre de la parlementaire britannique a été envoyée au Premier ministre, l’Animal Lovers Mauritius se réjouit que la cause des chiens soit prise en compte. Mais pour cette instance, un autre problème existe à Maurice, soit l’élevage illégal de chiens. « C’est le plus grand problème de la surpopulation des chiens, c’est l’élevage illégal, car certains propriétaires de chiens ne stérilisent pas leurs chiens. Pourtant, cela ne coûte rien et les lois ne sont pas appliquées », explique une source d’Animal Lovers Mauritius, qui regrette que « personne ne fasse rien pour arrêter ce type d’élevage ».