Fabrice David, président de l’aile jeune du PTr : « De 1936 à 2026, le combat n’a jamais changé : libérer, puis construire »

Le PTr célèbre aujourd’hui son 90e anniversaire. À cette occasion, une cérémonie de dépôt de gerbes est prévue au cimetière Saint-Jean à 16h30, cet après-midi, en présence du leader du PTr Navin Ramgoolam. Dans un entretien accordé à Le Mauricien Fabrice David, président de l’aile jeune du PTr et Junior Minister à l’Agro-industrie, met en exergue que « de 1936 à 2026, le combat n’a jamais changé : libérer, puis construire ».

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Que représente pour vous le PTr après 90 ans d’existence ?
Le 23 février 1936, un dimanche, Dr Maurice Curé lance un appel. Sans réseaux sociaux, sans moyens modernes de mobilisation, 8 000 travailleurs répondent présents. Ce jour-là naît un mouvement de libération face à un système fondé sur l’exploitation, la discrimination et l’oppression. C’est ainsi que naît le Parti Travailliste : le parti des travailleurs, de la justice sociale et de la dignité humaine. Personne n’aurait pu imaginer qu’un mouvement né dans la rue deviendrait, 90 ans plus tard, le pilier d’une île Maurice libre, indépendante et souveraine, dirigée par le fils de Sir Seewoosagur Ramgoolam. Au bout de 90 ans et 17 élections générales, avec 12 victoires sous 6 leaders, le Parti Travailliste est aujourd’hui le plus grand et le plus ancien parti du pays, avec 35 députés dans les 20 circonscriptions. Ces 90 ans ne sont pas une célébration nostalgique : ils constituent un devoir de mémoire et une obligation d’avenir.

Quel est votre souvenir le plus marquant au sein du parti ?
J’ai 2 souvenirs marquants au sein du parti qui sont profondément personnels. Le premier, c’est le 15 décembre 2009, le jour des obsèques de mon père, feu James Burty David. Le cortège était constitué d’une jeep de la SMF, qui transportait le cercueil de mon père suivi d’une série de voitures. Sur le trajet entre l’église de Beau-Bassin et le jardin des Salines, le cortège s’est arrêté devant le siège du bureau du Parti, au square Guy Rozemont pour rendre un hommage à l’homme de parti qu’était mon père. Au moment de repartir, la jeep de la SMF est tombée en panne et quelqu’un a crié : « Li pa le kit so parti ». Cela résumait toute la vie de mon père : son engagement pour son parti et son pays. Le 2e souvenir, c’est le 8 novembre 2019, le jour de ma toute première élection comme député du Parti Travailliste pour la circonscription no.1, à l’annonce des résultats au centre de dépouillement des votes à La-Tour-Koenig. 10 ans séparent ces 2 moments, mais un seul fil conducteur les unit : la continuité de l’engagement.

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Selon vous, quelles sont les plus grandes victoires historiques du PTr ?
Les 2 plus grandes victoires historiques sont 2 victoires de libération nationale menées par le Parti Travailliste et ses alliés. La première, le 7 août 1967 quand le parti de l’Indépendance, composé du Parti Travailliste, du CAM et de l’IFB, remporte les élections générales avec 56% des votes, libérant le pays de l’occupation britannique et jetant les bases de l’indépendance. La deuxième victoire lors du scrutin du 10 novembre 2024 quand l’Alliance du Changement menée par le Parti Travailliste, le MMM, Rezistans ek Alternativ et les Nouveaux Démocrates, a libéré le pays de la domination d’un régime autoritaire qui avait mis les Mauriciens sous écoute illégale et confisqué les libertés institutionnelles et individuelles. Deux élections séparées de 57 ans, deux libérations, un seul parti en commun : le Parti Travailliste.
Quelles sont les réalisations les plus marquantes du PTr ?
Il y en a tellement mais je serais tenté d’en énumérer quelques-unes : le suffrage universel, le droit de vote à 18 ans, l’accession à l’indépendance du pays, l’éducation gratuite, la santé gratuite, la sécurité sociale, l’État providence, l’Université de Maurice, la modernisation de l’aéroport, la démocratisation de l’économie, le transport gratuit pour les étudiants et les personnes âgées. De façon plus spécifique, savez-vous que c’est le Parti Travailliste qui a créé le ministère des TIC en 1997, sauvé la Vallée de Ferney d’une autoroute en 2005, protégé le pays de la crise financière internationale de 2008 ou encore lancé le Road Map for the Ocean Economy en 2013.

Comment jugez-vous l’évolution du parti depuis ses débuts jusqu’à aujourd’hui. Est-il resté fidèle à son combat pour la justice sociale ?
De 1936 à 2026, le combat n’a jamais changé : libérer, puis construire.
Les contextes évoluent, les défis se transforment, mais la ligne demeure : placer la dignité humaine au cœur de l’action politique.
C’est cette constance idéologique qui fait la force, la crédibilité et la longévité du Parti Travailliste.

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Quel message souhaitez-vous transmettre aux jeunes concernant le PTr?
Être le président de l’Aile Jeune du plus vieux parti de l’océan Indien est à la fois une fierté et une responsabilité. Aux jeunes, je veux dire ceci : servir son pays est la plus noble des missions. La politique n’est pas la seule voie, mais elle est indispensable si l’on veut transformer durablement la société. Maurice a besoin de jeunes femmes et jeunes hommes de conviction, prêts à s’engager dans un parti qui n’a pas seulement écrit l’histoire, mais continue de la façonner.
90 ans nous regardent. Construisons ensemble les 10 prochaines années.
Quels défis le parti doit-il relever dans le contexte mauricien actuel ?
Les défis sont immenses. Après dix années de désordre économique et institutionnel, il faut restaurer la confiance, relancer la croissance, reconstruire la bonne gouvernance et réduire la dette nationale.
Dans le même temps, le pays doit réussir ses transitions écologique, énergétique et numérique, dans un monde marqué par l’instabilité géopolitique et climatique.
C’est un défi historique, mais le Parti Travailliste est structurellement préparé à gouverner dans la tempête.

Comment voyez-vous l’avenir du PTr dans les dix prochaines années ?
Dans 10 ans, le Parti Travailliste aura 100 ans. Quelle belle perspective ! Cette prochaine décennie sera celle du renouvellement, de la transmission et de nouveaux combats. De nouveaux cadres émergeront pour assurer la transition et la relève, avec la légitimité du peuple mauricien.
L’histoire nous a placés au rendez-vous de chaque grande étape nationale.
À nous d’être dignes, fidèles à nos valeurs et à la confiance qui nous a été accordée.
JMP

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