Trois heures d’audition pour tenter de démêler les éventuels liens entre Me Pazhany Thandrayen et le magnat des jeux, Jean-Michel Lee Shim. La Financial Crimes Commission (FCC) cherche à établir si le premier n’aurait été qu’un prête-nom du second au sein de SMS Pariaz Ltd, une compagnie qui a obtenu pas moins de 186 licences entre 2015 et 2024.
Pazhany Thandrayen a été entendu par les enquêteurs de la FCC, jeudi, au Réduit Triangle. Assisté de Me Tawheen Choomka, il a été interrogé de 10h à 13h avant d’être autorisé à rentrer chez lui. Son audition n’est toutefois pas terminée. Il devra retourner dans les locaux de la commission pour répondre à d’autres questions.
La commission veut des éclaircissements sur la transaction ayant conduit à la cession des actions de Jean-Michel Lee Shim à Pazhany Thandrayen au sein de SMS Pariaz. Les enquêteurs se sont particulièrement intéressés aux conditions de cette opération, conclue en mai 2014, ainsi qu’aux modalités de paiement.
Jean-Michel Lee Shim avait été actionnaire de la société d’avril 2009 à mai 2014. Mais son retrait officiel du capital ne semble pas avoir mis fin aux interrogations sur son influence au sein de l’entreprise.
C’est précisément cette éventuelle mainmise en coulisses que la FCC tente aujourd’hui de mettre au jour. Car, officiellement, c’est sous la direction de Pazhany Thandrayen que SMS Pariaz Ltd a obtenu 186 licences entre 2015 et 2024. Un chiffre considérable qui intrigue les enquêteurs, lesquels cherchent à comprendre comment cette compagnie a pu décrocher autant d’autorisations sous l’ancien régime.
L’enquête, ouverte l’année dernière, ne se limite pas aux dirigeants de la société. La FCC a déjà interrogé plusieurs anciens officiers de la Gambling Regulatory Authority (GRA) afin de faire la lumière sur les circonstances entourant l’octroi de ces licences. La commission s’est également tournée vers cet organisme pour obtenir les documents nécessaires à ses investigations.
SMS Pariaz Ltd était notamment active dans les paris en ligne sur les rencontres de football et les courses hippiques internationales. Sur le papier, Jean-Michel Lee Shim avait quitté l’entreprise en 2014 pour, plus tard, se consacrer pleinement à l’organisation des courses au Champ-de-Mars, à travers People’s Turf PLC. Mais les enquêteurs soupçonnent que ce départ n’aurait pas nécessairement signifié la fin de son influence au sein de SMS Pariaz.
D’où les interrogations autour du rôle réel de Pazhany Thandrayen. La FCC souhaite établir s’il était véritablement aux commandes de la compagnie ou s’il aurait agi pour le compte de Jean-Michel Lee Shim, qui aurait continué à tirer les ficelles dans l’ombre.
La FCC entend reconstituer toute la chaîne des responsabilités, depuis la cession des actions jusqu’à l’obtention des 186 licences. Jean-Michel Lee Shim devrait, lui, être entendu en dernier dans le cadre de cette enquête.

